Père Daniel Sysoev :
J’ai une question pour Monsieur Viatcheslav. Je n’ai toujours pas compris quels arguments il avance en faveur du fait que le Coran est une révélation de Dieu. Il a dit que le Coran prétend l’être. Et nous ne contestons pas cela. Il a dit que c’est une loi venant de Dieu. Nous savons qu’il se présente ainsi. Mais quelles sont les preuves de cela ? Je le répète, je pense que Monsieur Viatcheslav ne reconnaît pas l’inspiration divine de Vissarion ou de Monsieur Grabovoï, bien qu’ils prétendent apporter une nouvelle révélation du Créateur.
Viatcheslav Polossine :
Eh bien, tout d’abord, la preuve, comme vous le savez sans doute, tant en ce qui concerne la Bible que le Coran, ne peut être logique, car le Très-Haut nous donne cela par notre foi.
(Commentaire de la vidéo : Comme nous le voyons, M. Polossine ne peut pas prouver que le Coran est la parole de Dieu, et il affirme avec insistance que nous ne pouvons pas non plus fournir de critères démontrant que la Bible est la Révélation du Dieu Éternel Créateur. En est-il réellement ainsi ?)
Père Daniel Sysoev :
Nous pouvons présenter les signes suivants que l’Église avance habituellement pour défendre que la Bible est la véritable parole de Dieu.
Ces principes s’appliquent généralement à tout texte religieux prétendant être la Parole de Dieu.
Le premier signe, comme le dit notre catéchisme, est la hauteur de la doctrine. C’est-à-dire le principe de non-trivialité. Autrement dit, ce que l’homme ne peut inventer par lui-même, ce qui ne peut être déduit des données de l’expérience humaine. Nous savons qu’en tant qu’êtres humains, nous pouvons créer certaines choses, mais dans des limites précises.
Nous ne pouvons pas créer une quatrième couleur primaire, nous sommes incapables de nous représenter une réalité extra-spatiale. Il existe de nombreuses limitations de ce genre. Nous affirmons que c’est précisément la Bible qui possède cette non-trivialité. Parce qu’elle contient un certain nombre de doctrines, que l’on peut discuter ou non, mais qui ne peuvent être déduites des données de l’expérience. Par exemple, le dogme de la Trinité, le dogme de la création ex nihilo, la doctrine de l’Incarnation, de la rédemption par le Sang du Christ, la doctrine de la transfiguration dans la puissance de l’univers.
Toutes ces doctrines ne peuvent être déduites des données de l’expérience. D’où tirerions-nous, par exemple, des données sur un changement universel, une transformation universelle ? Et en même temps, ces données ne sont pas déductibles d’une autre vie religieuse de l’humanité, quelles que soient les tentatives pour le prouver. Par exemple, on dit que le trimurti est lié à la doctrine de la Trinité chez les chrétiens, mais c’est une affirmation quelque peu douteuse, ne serait-ce parce que les juifs ne connaissaient pas l’hindouisme. C’est une chose artificielle.
On peut considérer les dogmes bibliques comme une doctrine erronée ou comme une doctrine juste, mais ils sont non-triviaux. Cela indique que l’auteur de la Bible est une source NON-humaine. Nous ne précisons pas encore laquelle, mais NON-humaine. Et à partir de ce signe, nous ne pouvons en aucun cas déduire qu’il s’agit de la Divinité. Nous pouvons seulement dire qu’il s’agit d’un NON-humain, d’un être autre que l’homme, qui a donné la Bible.
Le deuxième signe est la pureté de la doctrine, c’est-à-dire le plus haut niveau moral qui doit appartenir au texte donné par Dieu.
Dieu est bon, et naturellement, Il ne peut pas donner des lois qui ne sont pas bonnes. Dieu est juste, Il ne peut pas donner des lois injustes. Dieu est miséricordieux, Il ne peut pas donner des lois cruelles. C’est pourquoi nous devons exiger que la révélation de Dieu se distingue par le niveau et la mesure morale les plus élevés.
Autrement, ce ne serait pas la Parole de Dieu. Et l’une des principales propriétés de Dieu, reconnue par le christianisme et l’islam, est l’impartialité. Dieu doit avoir la même mesure pour tous. La Bible, en ce sens, répond pleinement à ce signe. Les normes morales des Saintes Écritures, tant de l’Ancien que du Nouveau Testament, se sont progressivement élevées, ont augmenté, au fur et à mesure du développement de l’homme, et atteignent le sommet de l’Évangile, au-dessus duquel personne n’est encore monté.
Cela indique que l’auteur de la Bible est un certain esprit, bien sûr, nous ne précisons pas non plus lequel, mais un esprit bon et absolument juste.
La Bible n’est commode pour personne. Elle n’est commode ni pour les rois qui pensent pouvoir couvrir leurs méfaits par Dieu. Même David, qui a péché, Dieu l’a accusé de son iniquité, bien qu’il fût prophète. La Bible n’est commode ni pour les pauvres, car Dieu dit : « Tu ne favoriseras pas le pauvre dans son procès » (Exode 23, 3) (Note : Jean Chrysostome interprète ces paroles ainsi : « Il est dit : "Tu ne favoriseras pas le pauvre dans son procès." Qu’est-ce que cela signifie ? Cela signifie : sois ferme et inflexible, même si c’est un pauvre qui a péché. Si l’on ne doit pas favoriser le pauvre, à plus forte raison le riche. Je ne dis pas cela seulement aux juges, mais à tous les hommes, afin qu’ils ne violent jamais la justice, mais qu’ils l’observent saintement en tout lieu. »). La Bible n’est commode ni pour les riches, ni pour les prêtres, ni pour les prophètes. Elle n’est commode que pour ceux qui agissent selon la volonté de Dieu. Cette incommodité montre que la Bible a des sources entièrement non-humaines. Imaginez-vous, si un homme écrit un texte qu’il doit lui-même appliquer – et les prophètes écrivaient précisément de tels textes –, il est peu probable qu’il se rende la vie difficile. En ce sens, le Coran ne soutient aucune comparaison avec l’Écriture Sainte. Par exemple, pour nous, chrétiens orthodoxes, l’exigence du Coran selon laquelle une femme qui a quitté son mari et souhaite y retourner doit d’abord se marier avec un autre est révoltante.
Pour nous, cette affirmation est une insulte envers la femme. Pour nous, le nombre immense d’appels à la violence contenus dans le Coran est étonnant. Nous nous demandons comment cela peut être. Et surtout, ce qui nous étonne, c’est le favoritisme du Coran. Pourquoi le prophète a-t-il des privilèges, sur le plan moral, que les autres n’ont pas ? Dans le christianisme, les exigences envers le transmetteur de la révélation sont, au contraire, les plus élevées : l’homme qui communie avec Dieu doit être le plus pur possible, car seul un esprit de sagesse peut entrer dans une âme très pure. Comme il est dit dans le Livre de la Sagesse de Salomon : « La sagesse n’entre pas dans une âme malfaisante, elle n’habite pas dans un corps asservi au péché. Car l’Esprit saint, la sagesse, fuit la fourberie, il se détourne des pensées insensées, et il est confondu par l’iniquité qui survient. » (Sagesse de Salomon 1, 4-5)
C’est précisément pour cela que nous ne pouvons accepter le Coran comme une révélation de Dieu pour des raisons morales.
La norme morale du Coran est bien inférieure aux normes bibliques qui l’ont précédée et que l’auteur du Coran connaissait. Mahomet a côtoyé des chrétiens, il a côtoyé des juifs, mais il a abaissé le niveau en dessous de ce qu’il était auparavant. Pour nous, pour le peuple de l’Alliance de Dieu, pour ceux qui vivent en union avec Dieu depuis 7 500 ans, pour nous, la position de cet esprit qui se fait passer pour le Créateur tout en abaissant le niveau moral est incompréhensible.
La propriété suivante, qui est pour nous un signe de la révélation de Dieu, est la présence de prophéties. C’est-à-dire que l’auteur de la Bible se situe au-dessus du temps, il prédit ce qui arrivera plus tard, dans le futur. Et Dieu propose de se tester lui-même. C’est pourquoi, par exemple, il est dit : « Je suis le premier et je suis le dernier, et hors moi il n’y a point de Dieu » (Ésaïe 44, 6) – dit Dieu par le prophète Ésaïe.
«Qui est comme moi? Qu’il le déclare, qu’il le prouve, qu’il le mette en ordre devant moi, depuis que j’ai fondé le peuple ancien ; qu’il annonce ce qui arrive, ce qui arrivera ! N’ayez pas peur, ne craignez pas : ne te l’ai-je pas fait entendre depuis longtemps, et déclaré ? Vous êtes mes témoins. Y a-t-il un Dieu autre que moi ? Il n’y a point d’autre rocher, je n’en connais point. » (Ésaïe 44, 7-8)
C’est pourquoi le fait qu’il y ait de nombreuses prophéties accomplies dans la Bible, depuis les 333 prophéties qui se sont réalisées en Christ, jusqu’aux prophéties qui concernent même les XXe et XXIe siècles actuels (liées au retour, au retour forcé d’Israël en Terre Sainte, et aux massacres incessants qui s’y produisent, comme Moïse l’a prédit dans les chapitres XXVIII, XXIX, XXX du Deutéronome. Ces gloires divines s’accomplissent sous nos yeux). Cela montre que l’Auteur de la Bible est le Maître de l’histoire, situé au-dessus du temps. Il est un être éternel.
Or, dans le Coran, il n’y a pas de prophéties accomplies. La seule prophétie qui se trouve dans le Coran dit que les Romains ont été vaincus, mais que dans quelques années ils vaincront.
Cette prophétie, comme le disait l’empereur Manuel, est comparable au fait que je dirai qu’après la tempête, le calme reviendra. L’histoire de cette époque a connu de nombreux siècles de lutte entre les Perses et les Romains, où il y avait alternativement une défaite puis une victoire tous les quelques années. Ce n’est pas une prédiction. Pour nous, c’est bien sûr un signe qu’il ne s’agit pas d’un texte divin.
L’argument suivant en faveur de la défense (le test) du fait que la Bible est ou non la véritable Parole de Dieu est pour nous, bien entendu, l’action de la Parole de Dieu sur l’homme.
Si c’est la Parole de Dieu, elle agira, elle transformera la vie humaine. Nous savons que la Parole de Dieu, la véritable Parole de Dieu, a réellement transformé et changé la vie de nombreuses personnes. L’exemple historique le plus connu est la diffusion massive du christianisme pendant les persécutions et la survie du christianisme aujourd’hui. La Bible continue aujourd’hui encore d’avoir une puissance divine. Nous connaissons de nombreux cas où, par la simple imposition du texte de l’Écriture Sainte, des personnes ont été guéries et sont revenues à la santé. Et par là, nous voyons qu’une certaine puissance divine est présente dans le texte biblique.
Enfin, pour nous, le fait que les auteurs de la Bible aient accompli des miracles est très important. Ils avaient le témoignage que la vie divine agissait en eux. Moïse a accompli des signes, le Seigneur Jésus-Christ a accompli des signes, les Apôtres ont accompli des signes. Tous ont accompli de nombreux miracles, montrant que la puissance de Dieu agissait en eux. Nous savons que l’auteur du Coran n’a fait qu’un seul miracle, décrit dans le Coran – la fente de la lune – que n’ont pas vu ceux qui n’étaient pas ses adeptes. Nous savons que même ses adversaires lui ont toujours demandé un miracle, et il a refusé d’en donner. Or, le Seigneur a dit dans l’Évangile :
«Si je ne fais pas les œuvres de mon Père, ne me croyez pas. Mais si je les fais, quand même vous ne me croyez pas, croyez à ces œuvres, afin que vous sachiez et reconnaissiez que le Père est en moi et que je suis dans le Père. » (Jean 10, 37-38)
«En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi fera, lui aussi, les œuvres que je fais, et il en fera de plus grandes, parce que je m’en vais vers le Père. » (Jean 14, 12)
C’est pourquoi je suis convaincu qu’un regard très attentif et impartial montre que c’est bien la Bible qui est la Parole de Dieu intacte, qui a été préservée, car c’est Dieu Lui-même, le Tout-Puissant, qui la préserve. Et l’idée même que la Bible aurait pu être altérée est contraire à la conception de la toute-puissance de Dieu. D’un autre côté, nous considérons que Mahomet est un faux prophète et que son Écriture est fausse. Parce qu’un homme qui parle au nom de Dieu mais ne correspond pas aux normes bibliques de ce qui a été confié ne peut pas être un véritable prophète de Dieu. Voilà ce que je voulais dire.