Qu’est-ce que le baptême ?
Le baptême est le sacrement de l’Église par lequel, lors d’une triple immersion dans l’eau au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, celui qui s’est repenti de sa vie de péché et a cru au Christ reçoit la grâce du pardon des péchés, naît à une vie de grâce et agréable à Dieu, et est ainsi uni à l’Église orthodoxe du Christ.
D’où vient dans l’Église du Christ ce sacrement mystérieux du saint Baptême ?
Le Sauveur a promis de l’accorder aux croyants et a souligné l’importance de ce sacrement. Nicodème, un pharisien instruit, disciple secret du Christ, comme le montre l’Évangile de Jean, ne parvenait pas à comprendre comment un homme pouvait renaître pour ne plus rechercher que le Royaume de Dieu et la vertu. C’est à l’interrogation de Nicodème que le Sauveur répond en promettant d’accorder le sacrement du baptême, par lequel tout homme qui croit au Christ peut renaître ; mais sans ce sacrement mystérieux, nul ne peut atteindre le salut.
« Si quelqu’un, dit le Sauveur, ne naît d’eau et d’Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu » (Jn 3, 5).
Quand le Sauveur a-t-Il institué ce sacrement qu’Il avait promis ?
Le Seigneur l’a institué juste avant son ascension au ciel, en disant aux Apôtres et à leurs successeurs : « Allez donc, de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit » (Mt 28, 19).
Quand les Apôtres ont-ils commencé à célébrer ce sacrement ?
À partir de l’heure où le Saint-Esprit promis descendit sur les croyants au Christ et où l’Église du Christ commença sur terre. L’Apôtre Pierre prononça le premier sermon dans lequel tous les auditeurs étaient invités à se repentir de leurs péchés, à se faire baptiser pour le pardon des péchés et à se joindre à la communauté des croyants, c’est-à-dire à l’Église (Ac 2, 38-41).
Que faut-il pour célébrer le sacrement du baptême ?
Premièrement, ce qui est nécessaire pour le sacrement du baptême, c’est la repentance, ou le regret qu’un homme a de sa vie indigne ; c’est pourquoi l’Apôtre s’écriait : « Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé » (Ac 2, 38) ; et ailleurs, le même Apôtre dit : « Repentez-vous donc et convertissez-vous, afin que vos péchés soient effacés » (Ac 3, 19).
Deuxièmement, pour le saint baptême, il faut la foi au Sauveur, la foi dans le salut et dans son Église.
« Celui qui croira, dit le Seigneur, et sera baptisé, sera sauvé » (Mc 16, 16). C’est pourquoi l’Apôtre Philippe dit aussi à l’eunuque : « Si tu crois de tout ton cœur, cela est possible » (de te baptiser) (Ac 8, 37).
De même, l’Apôtre Paul et Silas dirent au geôlier : « Crois au Seigneur Jésus, et tu seras sauvé, toi et ta famille » (Ac 16, 31), puis ils le baptisèrent (Ac 16, 33).
Troisièmement, pour le baptême, il faut « l’engagement d’une bonne conscience », la promesse de mener le combat de la vertu. C’est pourquoi l’Apôtre Pierre dit que « le baptême n’est pas l’enlèvement d’une souillure corporelle, mais l’engagement envers Dieu d’une bonne conscience » (1 P 3, 21). Et l’Apôtre Paul écrit : « Nous avons donc été ensevelis avec lui (le Christ) par le baptême en sa mort, afin que, comme le Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, nous aussi nous marchions en nouveauté de vie » (Rm 6, 4).
Quatrièmement, pour le baptême, il faut immerger le croyant dans l’eau du baptême. Lorsque l’Apôtre Philippe baptisa l’eunuque, « ils descendirent tous deux dans l’eau, Philippe et l’eunuque, et il le baptisa » (Ac 8, 38).
Cinquièmement, celui qui célèbre le sacrement doit baptiser « au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit » (Mt 28, 19).
Que se passe-t-il dans le sacrement du baptême ?
Premièrement, dans le saint baptême est accordé le pardon des péchés, comme le disait l’Apôtre Pierre : « Que chacun de vous soit baptisé pour le pardon de ses péchés » (Ac 2, 38). Les péchés de celui qui se fait baptiser sont lavés dans l’eau du baptême. C’est pourquoi l’Apôtre Ananie disait à Paul, qui avait été appelé par le Sauveur lui-même : « Lève-toi, reçois le baptême et lave tes péchés, en invoquant le nom du Seigneur Jésus » (Ac 22, 16). « Vous, écrit l’Apôtre Paul aux chrétiens de Corinthe, vous avez été lavés, sanctifiés, justifiés » (1 Co 6, 9-11).
Deuxièmement, le baptisé est uni à la communauté des vrais confesseurs du Christ, c’est-à-dire à l’Église orthodoxe.
C’est ainsi que la Sainte Écriture parle des conséquences de la prédication de l’Apôtre Pierre : « Ceux qui acceptèrent sa parole furent baptisés, et il y eut en ce jour environ trois mille âmes qui se joignirent… Et le Seigneur ajoutait chaque jour à l’Église ceux qui étaient sauvés » (Ac 2, 41-47). C’est pourquoi l’Apôtre Paul explique que « nous avons tous été baptisés en un seul Esprit pour former un seul corps », lequel corps est l’Église (Col 1, 24). « Juifs ou Grecs, esclaves ou libres, nous avons tous été abreuvés d’un seul Esprit » (1 Co 12, 13). De même qu’un arbre sauvage greffé sur un bon arbre se nourrit de la bonne sève de ce dernier, de même ceux qui sont baptisés sont greffés sur le bon olivier (l’Église), dont la racine et le tronc sont le Christ ; ils reçoivent la possibilité de se nourrir de la sève du Christ et de porter de bons fruits (cf. Jn 15, 1.4-7 ; Rm 11, 24). Au baptisé est accordé tout « ce qui contribue à la vie et à la piété » (2 P 1, 3).
Dans quel ordre se déroule le sacrement du baptême ?
D’abord a lieu le catéchuménat (l’instruction) du baptisé ; on prie pour lui, afin que le Seigneur dispose son âme au christianisme ; par la prière, on interdit à la force diabolique de le détourner du salut ; le catéchumène, ou ceux qui le présentent (les parrains/marraines), renonce à satan et à ses œuvres, et confesse la foi de la sainte Église en récitant le Symbole de la foi (le Credo). Ensuite a lieu le baptême lui-même. On prie pour la sanctification de l’eau du baptême ; on bénit l’huile par une prière ; on oint avec elle certaines parties du corps, et on baptise dans l’eau sanctifiée, en y plongeant trois fois le baptisé tout en prononçant les paroles : « Le serviteur (ou la servante) de Dieu (nom) est baptisé au nom du Père, Amen ; et du Fils, Amen ; et du Saint-Esprit, Amen. » Après la lecture du psaume 31 (31 selon la numérotation de la Septante, 32 dans la Bible hébraïque), on revêt le baptisé d’un vêtement blanc, en signe d’intégrité, de pureté, et comme gage que le Seigneur l’a blanchi par sa grâce. Après le sacrement du baptême a lieu le sacrement de la chrismation (onction).
Pourquoi sanctifie-t-on l’huile et oint-on le baptisé de façon cruciforme lors du baptême ?
Le baptême lui-même a été préfiguré autrefois par le déluge : de même que seul Noé avec sa famille fut sauvé du déluge universel dans l’arche, de même aujourd’hui, seule l’eau du baptême peut libérer de la perdition sous la puissance du diable, par laquelle l’homme passe des ténèbres à la lumière merveilleuse, de la puissance de satan à Dieu, dans son Église. Et de même qu’autrefois, le rameau d’olivier que la colombe apporta en sortant de l’arche fut le signe avant-coureur de la fin du déluge et du commencement du salut pour Noé (Gn 8, 11), de même, pour le baptisé, l’onction avec l’huile sanctifiée est le signe avant-coureur du salut de la puissance du diable. C’est pourquoi cette huile est appelée « huile de joie », c’est-à-dire messagère d’une bonne joie salutaire.
Tous les sectaires reconnaissent-ils le sacrement du baptême ?
Les baptistes et les adventistes reconnaissent le baptême, mais ils ne le comprennent pas de manière orthodoxe, ni chrétienne ; les pachkoviens considèrent le baptême comme non obligatoire ; les tolstoïens et les molokanes le rejettent complètement ; quant aux skoptzy, ils le remplacent par la castration.
Comment les baptistes et les adventistes comprennent-ils le baptême ?
Ils considèrent le baptême comme un simple rite sans grâce, un symbole, et donc une action vide, une représentation imagée de la renaissance spirituelle. Ils disent : le baptême montre seulement que celui qui se propose d’être baptisé a déjà été lavé de ses péchés par le sang du Christ ; il est donc clair que, selon eux, le baptême n’est célébré que pour l’apparence.
Cette compréhension des baptistes et des adventistes est-elle correcte ?
Non, elle n’est pas correcte. Le baptême n’est pas un simple rite, une action sans grâce, comme le pensent les sectaires. Le Seigneur n’a institué aucune action semblable à du comédien : tout ce que le Sauveur a ordonné à l’Église est célébré pour que les croyants reçoivent la force pleine de grâce de Dieu. Il en va ainsi du sacrement du baptême. L’Apôtre Paul ne parle pas du sacrement du baptême à la manière des baptistes ; il ne l’appelle pas un symbole, mais le considère directement comme un sacrement qui régénère (cf. Jn 3, 5) : « Que chacun de vous, dit-il, soit baptisé au nom de Jésus-Christ pour le pardon des péchés » (Ac 2, 38). Les baptistes disent que le baptême signifie seulement que Dieu a déjà pardonné les péchés, tandis que l’Apôtre Pierre dit que le baptême est nécessaire « pour le pardon des péchés ». Ce n’est pas en vain que le Sauveur appelle le baptême une renaissance « d’eau et d’Esprit » (Jn 3, 5). Ainsi donc, le baptême n’est pas une représentation imagée, une comédie, mais une renaissance « d’eau et d’Esprit ». C’est pourquoi l’Apôtre Ananie disait à l’Apôtre Paul : « Lève-toi, reçois le baptême et lave tes péchés » (Ac 22, 16). Si Ananie avait été baptiste, il aurait dit comme tous les Fetler : « Lève-toi, et fais-toi baptiser en signe que tes péchés te sont déjà pardonnés, qu’ils sont déjà lavés. » Mais l’Apôtre Ananie ne parlait pas à la manière des baptistes, mais par l’Esprit Saint, à la manière orthodoxe : « Lève-toi, reçois le baptême et lave tes péchés » (Ac 22, 16). Les baptistes et les adventistes veulent donc apparemment corriger et enseigner le Christ et les Apôtres !
Est-il correct d’affirmer, comme le font les pachkoviens, que le baptême n’est pas obligatoire, qu’on peut le recevoir ou ne pas le recevoir ?
Non, le raisonnement des pachkoviens est incorrect. Le Sauveur a dit que sans le saint baptême, on ne peut entrer dans le Royaume de Dieu : « Si quelqu’un ne naît d’eau et d’Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu » (Jn 3, 5).
Que disent les pachkoviens pour se justifier lorsqu’on leur annonce l’enseignement du Sauveur sur le baptême ?
Les pachkoviens disent alors qu’on peut recevoir le Saint-Esprit et être sauvé sans baptême, comme Corneille le centurion et sa famille l’ont reçu (Ac 10) ; ils citent aussi le larron sur la croix, sauvé sans baptême (Lc 23, 43).
La référence des pachkoviens à Corneille le centurion est-elle correcte ?
Non, elle n’est pas correcte, parce que Corneille et sa famille reçurent le Saint-Esprit d’une manière miraculeuse. Par là, le Seigneur enseigna aux Apôtres que l’on peut aussi recevoir dans l’Église les païens, ce qu’on ne faisait pas jusqu’alors. Cependant, Corneille et sa famille, bien qu’ils aient miraculeusement reçu le Saint-Esprit, ne se passèrent pas pour autant du baptême (Ac 10, 48), par lequel leurs péchés furent pardonnés et grâce auquel ils furent unis au Corps du Christ – l’Église.
La référence des pachkoviens au larron prudent est-elle correcte ?
Non, elle n’est pas correcte, parce que le larron fut sauvé avant l’institution du saint baptême. Le sacrement du baptême a été institué par le Sauveur juste avant son ascension au ciel, et les Apôtres commencèrent à célébrer le baptême après la descente du Saint-Esprit, tandis que le larron fut sauvé avant même la Résurrection du Christ.
Sur quel fondement les tolstoïens et les molokanes rejettent-ils le baptême ?
Ils disent que, dans la Sainte Écriture, le baptême désigne l’enseignement.
Cette opinion est-elle correcte ?
Non, elle n’est pas correcte et elle est complètement contraire à la Sainte Écriture. Dans la Sainte Écriture, l’enseignement est partout distingué du baptême : l’enseignement est une chose, le baptême en est une autre. Le Sauveur a dit : « Allez, de toutes les nations faites des disciples, les baptisant » (Mt 28, 19).
L’Apôtre Paul distingue le baptême de l’annonce de la bonne nouvelle (l’enseignement) : « Je rends grâces à Dieu, écrit-il, de n’avoir baptisé aucun de vous… Car le Christ ne m’a pas envoyé baptiser, mais annoncer l’Évangile » (1 Co 1, 14-17). Si le baptême est l’enseignement, Paul n’aurait-il donc enseigné personne ? Le Seigneur n’aurait-Il pas envoyé l’Apôtre pour enseigner ?
Quelle autre confirmation de leur erreur les tolstoïens et les molokanes apportent-ils ?
Ils disent que, dans la Sainte Écriture, l’eau désigne partout l’enseignement, par exemple dans l’entretien avec la Samaritaine (Jn 4) ; il faudrait donc comprendre le baptême comme l’enseignement.
Cette justification est-elle correcte ?
Non, elle n’est pas correcte. D’abord, parce que dans l’entretien avec la Samaritaine, le Sauveur ne désigne pas par « eau » l’enseignement, mais plutôt la grâce de Dieu, comme on le voit par des paroles semblables du Christ sur l’eau vive ailleurs : « Le dernier jour de la fête, le grand jour, Jésus se tenait debout et s’écria : Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi et qu’il boive. Celui qui croit en moi, comme dit l’Écriture, des fleuves d’eau vive couleront de son sein. Il dit cela de l’Esprit que devaient recevoir ceux qui croiraient en lui ; car l’Esprit n’était pas encore, parce que Jésus n’avait pas encore été glorifié » (Jn 7, 37-39). Ensuite, les tolstoïens ne peuvent pas, pour rejeter le baptême, se référer à l’entretien avec la Samaritaine, car le Seigneur ne parlait pas à la Samaritaine du sacrement du baptême, mais du salut en général dans son Église. Troisièmement, les tolstoïens et les molokanes considèrent à tort le baptême comme l’enseignement, parce que le baptême ordonné par le Seigneur (Mt 28, 19), les Apôtres le célébraient par immersion, comme l’eunuque fut immergé par l’Apôtre Philippe. Au chapitre 8 des Actes, il est très clairement indiqué que le saint baptême se fait par immersion dans l’eau (Ac 8).
Par quoi d’autre les tolstoïens et les molokanes justifient-ils leur absence de baptême d’eau ?
Ils disent que le baptême, dans l’Écriture, signifie le supplice, la souffrance. Celui qui souffre pour le Christ est baptisé chrétien. Le Seigneur demanda aux Apôtres : « Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire, et recevoir le baptême que je vais recevoir ? Ils lui répondirent : Nous le pouvons. Jésus leur dit : Vous boirez la coupe que je vais boire, et vous recevrez le baptême que je vais recevoir » (Mc 10, 38-39). Il est clair, disent les sectaires, que par baptême, il faut entendre ici la souffrance pour le Christ.
Comment faut-il répondre aux sectaires ?
Ici (dans Mc 10, 38-39), la souffrance est effectivement appelée baptême, mais il ne s’agit pas du sacrement du baptême que le Seigneur a institué avant son ascension. Souffrir pour le Christ est une chose, être baptisé dans le Christ en est une autre. Et que, par le sacrement du baptême ordonné par le Seigneur (Mt 28, 19), le Sauveur entende non pas la souffrance, mais le baptême dans l’eau, cela ressort clairement des paroles mêmes du Christ : « Allez, de toutes les nations faites des disciples, les baptisant ». Le Seigneur aurait-Il ordonné aux Apôtres d’enseigner et de torturer les gens ? Bien sûr que non !
Le raisonnement des skoptzy est-il correct lorsqu’ils disent que par baptême il faut entendre la castration ?
Non, il n’est pas correct, car d’après Ac 8, il est clair que l’Apôtre Philippe baptisa l’eunuque dans l’eau et ne le castra pas ; de plus, l’eunuque était déjà castré, il n’y avait donc pas besoin de le castrer, tandis qu’il avait besoin du baptême.
Source : Dobroe Ispovedanie (La Bonne Confession), Catéchisme orthodoxe anti-sectaire, N. Varjanski, réédition de l’édition de 1910, Moscou, Blagovest, 1998, 350 p.