Qu’est-ce que le sacrement du mariage ?
Le sacrement du mariage est un sacrement célébré dans l’Église par lequel est demandé à Dieu pour les époux la grâce qui affermit leur amour conjugal et les aide ensuite à vivre leur vie à la manière chrétienne.
Qui a institué le mariage ?
Le mariage a été béni par Dieu dès la création des premiers hommes. La Bible rapporte que « Dieu créa l’homme… il les créa mâle et femelle. Dieu les bénit, et Dieu leur dit : Soyez féconds, multipliez, remplissez la terre et soumettez-la » (Gn 1, 27-28).
Quelle a été l’attitude du Sauveur envers le mariage ?
Le Christ non seulement n’a pas rejeté le mariage, mais il y a reconnu l’union la plus intime et indissoluble de l’homme et de la femme. Lorsqu’une fois les pharisiens, pour justifier le divorce des maris d’avec leurs femmes, invoquèrent la loi de Moïse, le Sauveur leur dit au sujet de Moïse : « C’est à cause de la dureté de votre cœur qu’il vous a prescrit cette loi. Mais au commencement de la création, Dieu les fit mâle et femelle. C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère, et s’attachera à sa femme, et les deux deviendront une seule chair. Ainsi ils ne sont plus deux, mais ils sont une seule chair. Que l’homme donc ne sépare pas ce que Dieu a uni » (Mc 10, 5-9).
Quel est l’enseignement de l’Écriture sur le mariage ?
L’Apôtre Paul compare le lien entre le mari et la femme au lien du Christ avec l’Église. « Le mari, écrit l’Apôtre, est la tête de la femme, comme le Christ est la tête de l’Église, lui qui est le sauveur du corps. Or, de même que l’Église est soumise au Christ, les femmes aussi doivent être soumises en tout à leurs maris. Maris, aimez vos femmes, comme le Christ a aimé l’Église » (Ep 5, 23-25).
Comment se conclut le mariage chrétien ?
Nécessairement par un sacrement particulier, avec lecture de la parole de Dieu et prières. C’est pourquoi l’Apôtre, en reprochant aux hérétiques qui rejettent certains aliments et le mariage, dit que le mariage n’est pas condamnable, « pourvu qu’il soit reçu avec action de grâces, parce qu’il est sanctifié par la parole de Dieu et par la prière » (1 Tm 4, 1-5).
Pourquoi pose-t-on des couronnes sur la tête des époux lors du sacrement du mariage ?
Parce que cette coutume chez les hommes vient de l’Antiquité. Le prophète Isaïe s’écrie : « Je me réjouirai vivement dans le Seigneur, mon âme exultera en mon Dieu, car il m’a revêtu des vêtements du salut, il m’a couvert du manteau de la justice, comme un jeune époux qui met sa couronne, comme une jeune épouse qui se pare de ses joyaux » (Is 61, 10). Ainsi donc, dès l’Antiquité, on posait des couronnes sur les époux ; cette bonne coutume s’est conservée jusqu’à nos jours.
Est-il contraire à la foi chrétienne d’organiser une célébration raisonnable (non déréglée) du mariage ?
Le Sauveur lui-même, avec sa mère, se trouva à des noces à Cana de Galilée et, se réjouissant de la joie humaine, fit son premier miracle en changeant l’eau en vin (cf. Jn 2).
L’Église permet-elle la dissolution facile du mariage, comme dans l’Ancien Testament ?
Non, elle ne le permet pas. Selon la loi, on ne peut séparer la femme du mari. « La femme mariée, écrit l’Apôtre Paul, est liée par la loi au mari tant qu’il est vivant ; mais si le mari meurt, elle est dégagée de la loi du mariage. Si donc, du vivant de son mari, elle s’unit à un autre homme, elle sera appelée adultère ; mais si son mari meurt, elle est affranchie de cette loi, de sorte qu’elle n’est pas adultère en s’unissant à un autre homme » (Rm 7, 2-3).
Et ailleurs, l’Apôtre écrit : « À ceux qui sont mariés, je prescris, non pas moi, mais le Seigneur : que la femme ne se sépare pas de son mari ; – si elle est séparée, qu’elle demeure sans se marier ou qu’elle se réconcilie avec son mari – et que le mari ne répudie pas sa femme » (1 Co 7, 10-11).
Comment se fait-il que le divorce soit admis chez nous ?
Le divorce n’est admis qu’en cas d’adultère, sur la base des paroles suivantes du Sauveur : « Je vous le dis : celui qui répudie sa femme, sauf pour infidélité, et en épouse une autre, commet un adultère ; et celui qui épouse une femme répudiée commet un adultère » (Mt 19, 9).
Comment l’Église considère-t-elle la naissance d’enfants dans le mariage ?
La procréation n’est pas coupable, mais salutaire : « la femme, dit l’Apôtre Paul, sera sauvée par l’enfantement, si elle persévère avec modestie dans la foi, la charité et la sainteté » (1 Tm 2, 15).
Comment l’Écriture considère-t-elle la vie commune sans bénédiction de prière ?
La vie commune non avec sa propre femme mais avec celle d’autrui était considérée dans l’Ancien Testament comme un adultère et punie de mort (Lv 20, 10) ; et le simple désir de la femme d’autrui était interdit (Ex 20, 17). Dans le Nouveau Testament, le Seigneur condamne même le regard chargé de convoitise sur une femme (Mt 5, 28). Et l’Apôtre Paul dit clairement : « Sachez-le bien : aucun impudique… n’a d’héritage dans le royaume du Christ et de Dieu » (Ep 5, 5).
Les sectaires reconnaissent-ils le mariage chrétien ?
Les skoptzy rejettent complètement le mariage, tandis que les khlystes et les « frères » (bésedniks) ne le reconnaissent qu’en apparence, ne permettant pas la cohabitation des époux.
L’Écriture permet-elle d’interdire la cohabitation des époux ?
Elle ne le permet pas et dit : « La femme n’a pas autorité sur son propre corps, mais c’est le mari ; de même, le mari n’a pas autorité sur son propre corps, mais c’est la femme. Ne vous privez pas l’un de l’autre, si ce n’est d’un commun accord pour un temps, afin de vaquer à la prière et au jeûne ; puis retournez ensemble, de peur que satan ne vous tente à cause de votre incontinence » (1 Co 7, 4-5).
Par quoi les skoptzy justifient-ils leur rejet du mariage ?
Ils disent que le mariage a été interdit dès le paradis, lorsqu’il fut interdit de manger les fruits « de l’arbre de la connaissance du bien et du mal ». Manger ces fruits signifierait donc se trouver dans la cohabitation conjugale.
Que faut-il répondre aux skoptzy ?
Il faut leur dire que le commandement de ne pas manger de l’arbre de la connaissance du bien et du mal a été donné avant même la création de la femme (Gn 1, 27-28 ; 2, 16-17).
Que faut-il dire aux khlystes et aux « frères » (bésedniks) lorsqu’ils rejettent le mariage au motif que le Sauveur l’aurait condamné, et que le déluge aurait été envoyé à cause du mariage (Mt 24, 38-39) ?
Il faut montrer aux khlystes que le mariage n’est pas interdit, puisque le Seigneur ordonna à Noé et à ses fils d’entrer dans l’arche avec leurs « femmes » (Gn 6, 18).
En général, si quelqu’un parmi les sectaires dit quelque chose contre le mariage, il faut lui répondre que les hérétiques qui lui ressemblent ont été maudits par le Seigneur Dieu pour leur impie rejet du mariage (1 Tm 2 et 1 Tm 4, 1-5)[^7].
Notes
[^7] De nos jours, la plupart des sectes protestantes ont une attitude positive envers le mariage (par exemple les baptistes…). Mais elles n’ont pas le sacrement du mariage, pas plus que les autres sacrements – Note de l’éditeur.
Source : Dobroe Ispovedanie (La Bonne Confession), Catéchisme orthodoxe anti-sectaire, N. Varjanski, réédition de l’édition de 1910, Moscou, Blagovest, 1998, 350 p.