Qu’est-ce que la chrismation ?
La chrismation est un sacrement de l’Église par lequel la personne baptisée reçoit des dons particuliers du Saint-Esprit pour l’affermir et la faire progresser dans la vie chrétienne.
Quel est le lien entre le sacrement du baptême et le sacrement de la chrismation ?
Dans le sacrement du baptême, celui qui a cru au Christ reçoit le pardon de tous ses péchés, il revêt le Christ (Ga 3, 27) et est uni au Corps du Christ – l’Église (1 Co 12, 13). Dans le sacrement de la chrismation, le baptisé reçoit la grâce du Saint-Esprit, qui l’aide à vivre chrétiennement, vertueusement.
D’où vient le sacrement de la chrismation ?
Il n’y a jamais eu de temps où ce sacrement n’existait pas dans l’Église du Christ. En appelant les hommes à l’Église par sa première prédication, l’Apôtre Pierre disait : « Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ pour le pardon de ses péchés ; et vous recevrez le don du Saint-Esprit » (Ac 2, 38). Le sacrement par lequel on reçoit les dons du Saint-Esprit suivait immédiatement le sacrement du baptême, comme c’est encore le cas aujourd’hui.
Comment le sacrement de la réception des dons du Saint-Esprit était-il célébré à l’origine ?
Il était célébré d’abord par l’imposition des mains des Apôtres ou des évêques. Voici ce qu’en rapporte la Sainte Écriture : « Les Apôtres, qui étaient à Jérusalem, ayant appris que la Samarie avait reçu la parole de Dieu, leur envoyèrent Pierre et Jean. Ceux-ci, étant descendus, prièrent pour eux, afin qu’ils reçussent l’Esprit Saint. Car il n’était encore descendu sur aucun d’eux ; ils avaient seulement été baptisés au nom du Seigneur Jésus. Alors les Apôtres leur imposèrent les mains, et ils reçurent l’Esprit Saint » (Ac 8, 14-17).
Tous les chrétiens pouvaient-ils célébrer le sacrement de la réception des dons du Saint-Esprit sur les croyants ?
Non, pas tous, mais seulement les Apôtres ou les évêques. Ayant appris cet ordre, Simon le Magicien, qui avait cru et avait été baptisé (Ac 8, 9.13), voulut obtenir le droit de donner l’Esprit Saint. « Simon, voyant que l’Esprit était donné par l’imposition des mains des Apôtres, leur offrit de l’argent, disant : Donnez-moi aussi ce pouvoir, afin que celui à qui j’imposerai les mains reçoive l’Esprit Saint » (Ac 8, 18-19).
D’où voit-on encore plus clairement que la réception de l’Esprit Saint ne se faisait que par les Apôtres ou les évêques ?
On le voit par le fait que, pour accomplir cette action en Samarie, il fallut la venue des Apôtres Pierre et Jean (Ac 8, 14).
Ce sacrement de la réception de l’Esprit Saint existe-t-il encore chez nous ?
Oui, il existe. Il est célébré sur ceux qui sont unis à l’Église immédiatement après le baptême, comme dans l’Antiquité (Ac 19, 5-6). Il est appelé aujourd’hui chrismation (onction sainte), parce qu’il est célébré non par l’imposition des mains des évêques, mais par les prêtres par l’onction avec le saint chrême (myron), qui a été consacré par les évêques.
Quand et pourquoi ce changement dans la célébration du sacrement de la réception de l’Esprit Saint a-t-il eu lieu ?
Ce changement a eu lieu dans l’Antiquité la plus reculée. Le christianisme s’étant répandu en divers lieux, et les Églises particulières « se fortifiaient chaque jour en nombre » (Ac 16, 5), les Apôtres et leurs successeurs les évêques ne pouvaient être partout pour imposer les mains. Les Apôtres décidèrent donc de consacrer le saint chrême (myron) et de le distribuer aux prêtres, afin que ceux-ci puissent, même sans les Apôtres, célébrer le sacrement de la réception de l’Esprit Saint.
Y a-t-il dans la Sainte Écriture une indication de ce changement ?
Oui. Dans l’Écriture, la réception des dons du Saint-Esprit est souvent appelée onction. L’Apôtre Paul dit : « Celui qui nous affermit avec vous dans le Christ et qui nous a oints, c’est Dieu, qui nous a aussi marqués de son sceau et a mis dans nos cœurs l’Esprit comme arrhe » (2 Co 1, 21-22). C’est pourquoi les prêtres, en oignant les baptisés du saint chrême, disent : « Sceau du don du Saint-Esprit. »
L’Apôtre Jean indique aussi clairement l’octroi de l’Esprit Saint par la sainte chrismation : « Vous, écrit-il, vous avez reçu l’onction de la part du Saint » (1 Jn 2, 20).
Pourquoi la réception des dons du Saint-Esprit se fait-elle aujourd’hui précisément par la chrismation ?
Parce que l’octroi d’un don extraordinaire de Dieu a toujours été exprimé par l’onction. Dans l’Antiquité, par l’onction d’huile, on instituait les grands-prêtres (Ex 30, 30) et les rois (1 S 10, 1 ; 16, 1-3). Dans le Nouveau Testament, tous les chrétiens reçoivent des dons extraordinaires (1 Co 12, 11-13). C’est pourquoi l’onction avec le saint chrême parfumé est célébrée sur eux.
Pourquoi consacre-t-on chez nous un chrême parfumé ?
Parce que, déjà dans l’Ancien Testament, il était composé d’une manière particulière (Ex 30, 22-25.31-32).
Les sectaires reconnaissent-ils la nécessité du sacrement de la réception des dons du Saint-Esprit ?
Les baptistes le reconnaissent, et c’est pourquoi ils accomplissent quelque chose de semblable à ce sacrement ; mais ils agissent de manière tout à fait illégale. Simon le Magicien lui-même comprenait que tout le monde n’avait pas le droit de célébrer ce sacrement, mais seulement les Apôtres et ceux à qui ils l’avaient transmis. C’est pourquoi il voulut s’acheter ce droit avec de l’argent. Les baptistes, eux, sont pires que Simon le Magicien : ils ont en quelque sorte volé ce droit aux personnes qui exercent l’autorité sacrée dans l’Église, et ils pensent que par ce vol ils forceront l’Esprit Saint à descendre sur ceux sur qui leurs usurpateurs imposeront les mains. Il est clair que, par leur usurpation, ils font descendre sur ceux qui, par aveuglement, leur obéissent, non pas l’Esprit Saint, mais un esprit impur, car l’Esprit Saint ne demeure que dans l’Église du Christ et est donné par les mains sacramentelles des pasteurs de l’Église. [Il est possible que leurs actions ne soient que de la mise en scène – et c’est encore le meilleur des cas.]
De nos jours, de nombreuses sectes pentecôtistes et néo-pentecôtistes sont apparues ; lors de leurs assemblées, il arrive parfois des frénésies manifestes qu’ils appellent « descente du Saint-Esprit »[^5].
Les pachkoviens reconnaissent-ils la nécessité du sacrement de la réception de l’Esprit Saint ?
Non, ils ne le reconnaissent pas, et ils disent que l’Esprit Saint descend sur eux comme sur Corneille le centurion et sa famille (Ac 10).
Ce raisonnement des pachkoviens est-il fondé ?
Non, il n’est pas fondé, parce que le cas de la descente de l’Esprit Saint sur Corneille et sa famille était exceptionnel. Par lui, le Seigneur montra qu’il fallait recevoir dans l’Église aussi les païens, ce qui ne se faisait pas auparavant. Dans tous les autres cas, la réception de l’Esprit Saint se faisait par un sacrement particulier (Ac 8, 14-17 ; 19, 6) ; Simon le Magicien lui-même le comprit, en manifestant le désir d’acheter le droit de faire descendre l’Esprit Saint. Les pachkoviens, eux, n’acceptent pas le sacrement de la réception des dons de l’Esprit Saint, et se montrent ainsi moins raisonnables que Simon le Magicien.
Notes
[^5] Pour plus de détails sur ce phénomène, lire S. Rose, Orthodoxie et religion de l’avenir, chapitre « Le réveil charismatique comme signe des temps » – Note de l’éditeur.
Source : Dobroe Ispovedanie (La Bonne Confession), Catéchisme orthodoxe anti-sectaire, N. Varjanski, réédition de l’édition de 1910, Moscou, Blagovest, 1998, 350 p.