Qui constitue la véritable Église du Christ ?
Tous ceux qui croient véritablement, confessent et glorifient droitement le Christ Sauveur : tant ceux qui vivent sur terre que ceux qui demeurent dans les cieux.
Est-il dit dans la Parole de Dieu que les confesseurs terrestres et célestes du Christ sont unis en une seule communauté, en une seule Église ?
Oui, il est dit : « Dieu et Père du Seigneur… a voulu faire connaître le mystère de sa volonté, selon le bienveillant dessein qu’il avait formé en lui-même, pour le réaliser lorsque les temps seraient accomplis : réunir toutes choses dans le Christ, celles qui sont dans les cieux et celles qui sont sur la terre » (Ep 1, 9-10).
Qui constitue l’Église céleste et triomphante ?
Les anges de Dieu et les âmes des justes. L’Apôtre Paul parle ainsi de ces chrétiens : « Mais vous vous êtes approchés de la montagne de Sion, de la cité du Dieu vivant, la Jérusalem céleste, de la multitude innombrable des anges, de l’assemblée des premiers-nés inscrits dans les cieux, du juge qui est le Dieu de tous, des esprits des justes parvenus à leur perfection, de Jésus, médiateur de la nouvelle alliance, et du sang de l’aspersion qui parle plus haut que celui d’Abel » (He 12, 22-24).
Quelle relation avons-nous, chrétiens vivant sur terre, avec l’Église céleste ?
Nous sommes, comme l’explique l’Apôtre, « concitoyens des saints, membres de la famille de Dieu » (Ep 2, 19). Tout le Royaume de Dieu est représenté comme une cité. Le Chef de la cité est le Christ Dieu-Homme, et les saints anges, les justes, les saints de Dieu, et tous les chrétiens orthodoxes en sont les citoyens.
Comment s’exprime notre relation, à nous chrétiens vivant sur terre, avec l’Église céleste ?
Nous : a) commémorons les anges et les justes, b) apprenons de leur vie, c) les imitons, d) les louons, e) les vénérons, f) demandons leurs prières et leur intercession devant Dieu.
a) Où, dans la Sainte Écriture, y a-t-il un commandement de commémorer les saints de Dieu ?
L’Apôtre Paul dit : « Souvenez-vous de vos conducteurs qui vous ont annoncé la parole de Dieu ; considérez l’issue de leur vie, et imitez leur foi » (He 13, 7). L’Apôtre lui-même commémore tous les justes de l’Ancien Testament (He 11) ; de même, le sage Jésus, fils de Sira, rappelle en détail leur vie et leurs hautes vertus (Si 44–49).
b) et c) Est-il dit dans la Parole de Dieu que nous devons imiter les justes et apprendre d’eux la vraie vie ?
L’Apôtre Paul dit : « Souvenez-vous de vos conducteurs qui vous ont annoncé la parole de Dieu ; considérez l’issue de leur vie, et imitez leur foi » (He 13, 7). L’Apôtre Jacques dit : « Prenez, mes frères, pour modèle de souffrance et de patience les prophètes qui ont parlé au nom du Seigneur » (Jc 5, 10).
d) Y a-t-il une indication dans la Sainte Écriture que nous devons glorifier les saints de Dieu ?
Oui. Dans l’Ancien Testament, le Seigneur dit : « Ceux qui m’honorent, je les honorerai » (1 S 2, 30). Le psalmiste s’écrie : « Que les saints se réjouissent dans la gloire, qu’ils chantent avec allégresse sur leurs couches » (Ps 149, 5). Et le sage Jésus, fils de Sira, dans son livre, des chapitres 44 à 49, magnifie les hommes glorieux : « Faisons l’éloge des hommes illustres » (Si 44, 1). Cette glorification des hommes qui ont plu à Dieu est-elle permise dans le Nouveau Testament ? Le Christ Sauveur lui-même, dans sa prière à Dieu le Père, dit des Apôtres : « La gloire que tu m’as donnée, je la leur ai donnée » (Jn 17, 22). Par conséquent, rendre gloire aux saints de Dieu n’est nullement contraire à la volonté de Dieu. Ailleurs, le Seigneur dit : « Si quelqu’un me sert, mon Père l’honorera » (Jn 12, 26). Si le Père céleste honore les saints, comment ne pas les honorer nous-mêmes !
Les chrétiens ont-ils vraiment honoré les saints de Dieu ?
Dans l’Église du Christ, les saints de Dieu ont été honorés dès le temps des Apôtres. L’Apôtre Jacques dit : « Voici, nous disons bienheureux ceux qui ont souffert patiemment » (Jc 5, 11). Les saints Apôtres, de leur vivant même sur terre, étaient honorés et glorifiés par les chrétiens : « Beaucoup de miracles et de prodiges se faisaient par le ministère des Apôtres parmi le peuple… Cependant, aucun des autres n’osait se joindre à eux ; mais le peuple les estimait hautement » (Ac 5, 12-13). Et l’Apôtre Paul lui-même témoigne aux Galates comment ils le traitaient : « Vous savez que ce fut à cause d’une infirmité de la chair que je vous ai annoncé l’Évangile la première fois ; et vous ne m’avez ni méprisé ni rebuté à cause de l’épreuve que j’avais dans ma chair, mais vous m’avez reçu comme un ange de Dieu, comme le Christ Jésus » (Ga 4, 13-14). Et l’Apôtre ne blâme pas les Galates pour une telle glorification, mais il les loue en disant : « Où donc est l’expression de votre bonheur ? Car je vous rends ce témoignage que, si cela avait été possible, vous vous seriez arraché les yeux pour me les donner » (Ga 4, 15). Si les saints Apôtres étaient ainsi honorés de leur vivant, devraient-ils l’être moins après avoir souffert la mort de martyrs pour le Christ ?
Quelles preuves historiques avons-nous que les saints ont toujours été honorés ?
Cela est évident par le fait que, dans les catacombes romaines, des images des saints Apôtres et des justes ont été conservées. S’ils n’étaient pas honorés, les chrétiens ne les auraient pas représentés dans leurs temples et leurs lieux de prière.
d) Comment la vénération des saints anges, des justes et des saints de Dieu s’exprime-t-elle visiblement ?
Elle s’exprime par l’adoration (prosternation) qui leur est rendue.
Y a-t-il dans la Sainte Écriture des exemples d’adoration des saints anges ?
Oui. Lorsque « le chef de l’armée du Seigneur apparut à Josué, Josué tomba le visage contre terre et se prosterna » (Jos 5, 14). Et de Balaam, il est dit que « voyant l’ange du Seigneur qui se tenait sur le chemin, l’épée nue à la main, il inclina la tête et tomba sur sa face » (Nb 22, 31).
Y a-t-il eu des adorations de justes ?
Les fils des prophètes adorèrent le prophète Élisée. « Quand les fils des prophètes qui étaient à Jéricho le virent, ils dirent : L’esprit d’Élie repose sur Élisée. Et ils vinrent à sa rencontre et se prosternèrent contre terre devant lui » (2 R 2, 15). Et le geôlier, voyant que le Seigneur avait miraculeusement délivré les Apôtres de la prison, « tout tremblant, se jeta aux pieds de Paul et de Silas » (Ac 16, 29). Le Sauveur a dit au Père céleste : « la gloire que tu m’as donnée, je la leur ai donnée » (Jn 17, 22), c’est-à-dire aux Apôtres et aux saints de Dieu. Nous adorons Dieu ; nous devons donc aussi adorer ceux à qui le Sauveur a donné sa gloire (c’est-à-dire la gloire de Dieu).
Les hommes ont-ils adoré des justes qui étaient déjà passés à Dieu ?
Oui. Lorsque le prophète Samuel apparut à Saül, « Saül reconnut que c’était Samuel, et il s’inclina le visage contre terre et se prosterna » (1 S 28, 14).
e) En quoi d’autre s’exprime notre relation avec l’Église céleste ?
En ce que nous demandons aux saints de Dieu de prier pour nous.
Pourquoi nous adressons-nous à eux avec une telle demande ?
Parce qu’il est impossible d’imaginer des chrétiens sans leur prière mutuelle les uns pour les autres. « Frères, priez pour nous » (1 Th 5, 25), écrit l’Apôtre Paul ; ailleurs, il dit aux chrétiens : « nous ne cessons de prier pour vous » (Col 1, 9) ; voir aussi sur la prière mutuelle des chrétiens : (Ac 12, 5 ; Ep 6, 18-19 ; 1, 16 ; Phm 4 ; Col 4, 3 ; 1 Th 5, 17 ; 1 Tm 2, 1 ; 1 Jn 5, 16).
Mais pourquoi demandons-nous précisément aux saints de Dieu de prier pour nous ?
Parce que la prière du juste est plus efficace que la prière du grand pécheur. L’Apôtre Jacques dit : « La prière fervente du juste a une grande efficacité. Élie était un homme de la même nature que nous ; il pria instamment pour qu’il ne plût pas, et il ne tomba aucune pluie sur la terre pendant trois ans et six mois. Puis il pria de nouveau, et le ciel donna la pluie, et la terre produisit son fruit » (Jc 5, 16-18). Telle est l’efficacité de la prière du juste ! Ainsi aussi l’Apôtre Pierre dit en accord avec le psalmiste David : « Car les yeux du Seigneur sont sur les justes, et ses oreilles sont attentives à leurs prières » (1 P 3, 12 ; cf. Ps 33, 16). Le Seigneur lui-même a reconnu à plusieurs reprises la puissance de la prière des justes. Lorsque le Seigneur fut irrité contre Abimélec à cause de Sara, femme d’Abraham, il dit à Abimélec : « Maintenant donc, rends la femme de cet homme ; car il est prophète, il priera pour toi, et tu vivras… Abraham pria Dieu, et Dieu guérit Abimélec » (Gn 20, 7.17). De même, lorsque les amis du patient Job offensèrent le Seigneur par leurs discours, Dieu leur dit : « Prenez sept taureaux et sept béliers, allez vers mon serviteur Job, et offrez pour vous un holocauste ; et mon serviteur Job priera pour vous. Car je l’accepterai, afin de ne pas vous traiter selon votre folie, parce que vous n’avez pas parlé de moi avec droiture comme mon serviteur Job » (Jb 42, 8). Il est clair que le Seigneur exauce les justes ; nous devons donc demander leurs prières.
Les justes peuvent-ils, après leur mort, intercéder pour les hommes pécheurs vivant sur terre ?
Ils le peuvent, car pour Dieu il n’y a pas de morts : « Or, il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants ; car tous vivent pour lui » (Lc 20, 38). Et l’amour des hommes qui priaient pour leur prochain ne peut cesser, car il est dit dans la Sainte Écriture : « l’amour ne périt jamais » (1 Co 13, 8).
Peut-on montrer par la Sainte Écriture que, véritablement, les saints de Dieu intercèdent pour nous devant Dieu dans les cieux ?
Oui. Le Seigneur, par le prophète Isaïe, dit au peuple juif : « Ton premier père a péché, et tes interprètes se sont rebellés contre moi » (Is 43, 27). Il peut donc y avoir des intercesseurs devant Dieu, et le Seigneur lui-même explique quand l’intercession devant lui est déjà impuissante. Lorsque le Seigneur fut irrité contre le peuple d’Israël sous le roi Manassé (vers 690 av. J.-C.), il dit au prophète Jérémie : « Quand Moïse et Samuel se tiendraient devant moi, mon cœur ne se tournerait pas vers ce peuple. Chasse-les de devant ma face, qu’ils s’en aillent ! » (Jr 15, 1). Voici une autre preuve que l’intercession des justes est possible ! Et dans le livre des Maccabées, il est décrit que Judas Maccabée vit une vision : « Il vit Onias, qui avait été grand-prêtre, homme noble et bon, modeste dans sa démarche et doux de manières, parlant avec convenance et instruit dès l’enfance dans tout ce qui appartient à l’excellence. Il priait, les mains étendues, pour toute la communauté des Juifs. Puis apparut de même un homme remarquable par ses cheveux blancs et sa dignité, d’une majesté et d’une autorité merveilleuses. Onias prit la parole et dit : Celui-ci aime les frères et prie beaucoup pour le peuple et la ville sainte : c’est Jérémie, le prophète de Dieu » (2 M 15, 12-14). Et les âmes de ceux qui furent tués pour la parole de Dieu, selon l’enseignement de l’Apocalypse, demandent au Seigneur vengeance (Ap 6, 9). Dans la même Apocalypse, nous lisons : « Quand il eut pris le livre, les quatre êtres vivants et les vingt-quatre vieillards se prosternèrent devant l’Agneau, tenant chacun une harpe et des coupes d’or remplies de parfums, qui sont les prières des saints » (Ap 5, 8). Et encore : « Un autre ange vint se tenir près de l’autel, ayant un encensoir d’or. On lui donna beaucoup d’encens, afin qu’il l’offrît avec les prières de tous les saints sur l’autel d’or qui est devant le trône. Et la fumée de l’encens, avec les prières des saints, monta devant Dieu de la main de l’ange » (Ap 8, 3-4).
Peut-on prouver par la Sainte Écriture que les hommes se sont adressés aux anges par la prière ?
Oui. Le patriarche Jacob, bénissant Joseph et ses fils, pria ainsi : « L’ange qui m’a délivré de tout mal, bénisse ces enfants » (Gn 48, 16).
Les anges entendent-ils nos prières et peuvent-ils voir nos besoins ?
Les anges ne peuvent pas ne pas connaître nos besoins, car le Sauveur a dit de ceux qui croient en lui : « leurs anges dans les cieux voient continuellement la face de mon Père qui est dans les cieux » (Mt 18, 10).
Les anges aident-ils les hommes ?
« L’ange du Seigneur campe autour de ceux qui le craignent, et il les délivre » (Ps 33, 8). L’ange dit au juste Tobie : « Lorsque tu priais, toi et ta belle-fille Sarah, j’ai présenté le souvenir de votre prière devant le Dieu saint ; et quand tu ensevelissais les morts, j’étais également avec toi » (Tb 12, 12). Et dans le livre du prophète Zacharie, nous lisons cette prière d’un ange : « Seigneur de l’univers, jusqu’à quand n’auras-tu pas compassion de Jérusalem et des villes de Juda, contre lesquelles tu es irrité depuis soixante-dix ans ? » Et le Seigneur répondit à l’ange qui me parlait par des paroles bonnes et consolantes » (Za 1, 12-13). Telle est l’intercession des anges de Dieu pour nous. C’est pourquoi l’Apôtre Paul dit d’eux : « Ne sont-ils pas tous des esprits au service de Dieu, envoyés en mission pour le bien de ceux qui doivent hériter le salut ? » (He 1, 14).
Le Seigneur peut-il accorder sa miséricorde à un homme à cause d’un autre ou par l’intercession d’un autre ?
Il le peut. Et dans la Sainte Écriture, il est souvent rapporté que des hommes, dans leurs prières, demandaient au Seigneur la miséricorde à cause d’autres personnes. Moïse pria ainsi Dieu pour le peuple juif : « Détourne l’ardeur de ta colère, et renonce au mal que tu voulais faire à ton peuple. Souviens-toi d’Abraham, d’Isaac et d’Israël, tes serviteurs… Et le Seigneur renonça au mal qu’il avait voulu faire à son peuple » (Ex 32, 12-14). À Salomon aussi, le Seigneur dit qu’il ne le punirait pas « à cause de ton père David » (1 R 11, 12-13). Enfin, comme il est rapporté dans le livre du prophète Daniel, par la prière et l’intercession d’un ange qui intercédait pour les Juifs, la miséricorde du Seigneur leur fut accordée (Dn 10, 8-14).
Les justes peuvent-ils connaître nos besoins ?
Certainement, ils le peuvent et ils le savent. Pendant leur vie sur terre, les justes, par la grâce de Dieu, connaissent beaucoup de choses cachées inaccessibles aux hommes pécheurs. Lorsque Guéhazi, serviteur du prophète Élisée, pécha en rattrapant Naaman le Syrien, guéri de la lèpre, et en lui demandant deux talents d’argent et deux vêtements de rechange, Élisée connut aussitôt le péché de son serviteur et, à son retour, dit : « Mon cœur n’était-il pas présent quand cet homme a quitté son char pour venir à ta rencontre ? … Que la lèpre de Naaman s’attache donc à toi et à ta postérité pour toujours ! » (2 R 5, 26-27). Du même prophète Élisée, il est dit que pendant la guerre du roi de Syrie contre les Israélites, il révéla aux Israélites les plans secrets de l’ennemi. « Le roi de Syrie en eut le cœur tout troublé ; il appela ses serviteurs et leur dit : Ne voulez-vous pas me révéler lequel d’entre nous trahit notre cause avec le roi d’Israël ? L’un de ses serviteurs répondit : Personne, mon seigneur le roi ; mais Élisée, le prophète qui est en Israël, révèle au roi d’Israël les paroles que tu prononces dans ta chambre à coucher » (2 R 6, 11-12). Le Seigneur révéla aussi au prophète aveugle Achias que la femme du roi Jéroboam venait à lui (1 R 14, 4-6). Et l’Apôtre Pierre sut qu’Ananie et Saphire avaient péché contre le Saint-Esprit en retenant une partie du prix de leur bien (Ac 5, 3-4).
Les saints de Dieu peuvent-ils, après leur mort, connaître la vie terrestre des hommes ?
La vie des hommes est mieux connue des saints de Dieu, qui sont passés dans les cieux, que lorsqu’ils vivaient sur terre. Le Sauveur dit d’Abraham : « Abraham, votre père, a tressailli de joie de voir mon jour ; il l’a vu, et il s’est réjoui » (Jn 8, 56). De même, le prophète Samuel décédé connaissait tout ce qui se passait dans le royaume d’Israël après sa mort, et prédit à Saül ce qui arriverait le lendemain (1 S 28, 14-19).
Quelles preuves historiques avons-nous que nous devons demander aux saints leurs prières ?
Sur les tombes des premiers martyrs chrétiens, enterrés à Rome dans les catacombes aux premiers siècles, on a fait des inscriptions qui se sont conservées jusqu’à ce jour. Sur les monuments, de tels appels aux défunts sont adressés : « Prie pour nous, afin que nous soyons sauvés ; prie pour l’enfant unique que tu as laissé ; Atticus, que ton âme soit dans la bienheureuse félicité, prie pour tes proches ; dans tes prières, prie pour nous, car nous savons que tu es dans le Christ ! » Il est clair que les premiers chrétiens, comme ceux d’aujourd’hui, croyaient fermement que les prières des saints défunts sont puissantes et efficaces, et ils les leur demandaient, contrairement à nos sectaires, qui sont aussi orgueilleux que des démons !
Comment devrions-nous interroger les sectaires sur la vénération des saints ?
Quels chrétiens êtes-vous, sectaires, pour avoir renoncé aux saints anges, aux saints de Dieu et à toute l’Église céleste ? Où avez-vous trouvé dans la Sainte Écriture une interdiction d’honorer les anges, les saints de Dieu, et de vous adresser à eux par la prière ?
Que disent les sectaires pour se justifier ?
Ils citent deux exemples tirés de la Sainte Écriture : Ac 10, 26, où il est dit que l’Apôtre Pierre ne permit pas à Corneille de l’adorer ; et (Ap 19, 10 ; 22, 8-9), où l’ange ne permit pas à l’Apôtre Jean de l’adorer.
Que faut-il dire à propos de l’exemple de l’Apôtre Pierre ?
Corneille était païen, et lorsque l’Apôtre Pierre vint à lui, il le reçut comme un dieu et l’adora, le prenant pour Dieu ; c’est pourquoi Pierre déclara à Corneille : « Je ne suis aussi qu’un homme » (Ac 10, 26), et non Dieu, comme Corneille l’avait visiblement pensé. Dans le paganisme, certaines personnes étaient prises pour des dieux. Les Lycaoniens, par exemple, s’écrièrent : « Les dieux sont descendus vers nous sous une forme humaine ! Et ils appelaient Barnabas Zeus, et Paul Hermès, parce que c’était lui qui portait la parole », et voulurent leur offrir des sacrifices de taureaux et des couronnes (c’est-à-dire à Paul et Barnabas). Mais les Apôtres déclarèrent : « Hommes, pourquoi faites-vous cela ? Nous aussi, nous sommes des hommes de même nature que vous » et ne se laissèrent pas diviniser (Ac 14, 11-15). Mais lorsque les Apôtres recevaient un honneur non pas comme à des dieux, mais un honneur qui leur était dû, ils ne s’y opposaient pas (voir Ac 16 et Ga 4, 14-15).
Source : Dobroe Ispovedanie (La Bonne Confession), Catéchisme orthodoxe anti-sectaire, N. Varjanski, réédition de l’édition de 1910, Moscou, Blagovest, 1998, 350 p.