Que voulons‑nous dire par « enterrement chrétien » ?
Par « enterrement chrétien », nous entendons un acte sacramentel particulier et gracieux par lequel les chrétiens orthodoxes accompagnent leurs défunts en Christ de l’Église terrestre vers le monde au‑delà de la mort, et confient pieusement leurs corps morts à la terre.
Qui accomplit l’acte sacramentel de l’enterrement orthodoxe ?
Il est nécessairement accompli par un prêtre, avec la participation des laïcs.
Quel est le contenu et le sens de l’acte sacramentel de l’enterrement ?
Les chrétiens, en accompagnant leur confrère (frère ou sœur en Christ) vers le monde au‑delà de la mort, prient le Seigneur que les péchés du défunt soient pardonnés, et qu’il soit jugé digne d’une vie bénie, avec tous les chrétiens qui ont plu à Dieu.
Quel sens a la prière d’absolution que le père spirituel lit sur le défunt ?
Par cette prière, le confesseur atteste devant Dieu, les saints anges et toute l’Église qu’il absolut le défunt de tous les péchés qu’il lui a confessés et dont il s’est repenti.
Est‑ce que cette prière absolut de tous les péchés du défunt, y compris ceux dont il n’a pas voulu se repentir ?
Non, elle ne les absolut pas. Si c’était le cas, l’Église ne prierait pas le Seigneur pour que tous les péchés du chrétien décédé soient pardonnés. Or, si l’Église prie ainsi, c’est qu’elle reconnaît que le défunt porte encore des péchés dont il ne s’est pas assez repenti et pour lesquels il n’a pas reçu le pardon de son confesseur.
Pourquoi affirmons‑nous et prouvons‑nous que la prière d’absolution funéraire du confesseur ne peut pardonner les péchés que le défunt n’a pas confessés de son vivant ?
Nous le disons parce que les hérétiques latins (catholiques romains) prétendent follement que le pape de Rome peut absolver, par des lettres spéciales (indulgences), les péchés des morts dont ils ne se sont pas repentis et n’ont même pas voulu se repentir. Les latins commercent de ces indulgences et exploitent ainsi de nombreux fidèles crédules. Si le pape pouvait absolver tous les péchés des défunts, même sans leur repentance de leur vivant, alors tous les hérétiques latins seraient au paradis, et il n’y aurait plus besoin de prier pour les morts. Mais les latins n’abandonnent pas les prières pour les morts, et d’ailleurs peu d’entre eux croient vraiment aux indulgences pontificales.
Les sectaires reconnaissent‑ils l’enterrement chrétien ?
Non, ils ne le reconnaissent pas, ils s’en moquent et disent que le Sauveur n’a pas permis à l’un de ses disciples de s’occuper d’un enterrement. L’un des disciples Lui dit : « Seigneur ! Permets‑moi d’abord d’aller enterrer mon père. » Mais Jésus lui répondit : « Suis‑moi, et laisse les morts enterrer leurs morts » (Mt. 8:21, 8:22).
Le Seigneur a‑t‑il réellement rejeté l’enterrement ?
Non, il ne l’a pas rejeté. Le Sauveur a même approuvé et loué les préparatifs d’enterrement. Quand une femme l’a oint de précieux parfum avant ses souffrances, le Seigneur dit : « Elle a fait une bonne œuvre envers Moi… En répandant ce parfum sur Mon corps, elle M’a préparé à l’enterrement ; en vérité, Je vous le dis : partout où l’Évangile sera proclamé dans le monde entier, on racontera aussi en mémoire d’elle ce qu’elle a fait » (Mt. 26:10, 26:12, 26:13).
Pourquoi le Sauveur n’a‑t‑il pas permis à Son disciple d’aller enterrer son père ?
Sans aucun doute, c’est parce que la famille de ce disciple était composée de gens spirituellement morts, étrangers à la grâce, et le Seigneur, doutant de la fermeté de la volonté du disciple, craignait que sa famille ne l’éloigne de la suite du Sauveur. C’est ainsi que saint Jean Chrysostome explique le récit de saint Matthieu.
Que dit la Sainte Écriture sur l’importance de l’enterrement ?
Le juste Tobie a reçu la miséricorde de Dieu pour avoir enterré les morts abandonnés (Tob. 12:12–14). Le sage Salomon dit du non‑enterré : « S’il n’avait pas d’enterrement, je dirais tout aussi bien que l’avorton est plus heureux que lui » (Eccl. 6:3). Et tous les justes de l’Ancien Testament se souciaient par‑dessus tout de recevoir un bon enterrement.
Le christianisme a‑t‑il rejeté l’importance de l’enterrement ?
Non, il ne l’a pas rejeté. Dès les premiers jours de l’existence de l’Église du Christ, les chrétiens ont eu un acte sacramentel d’enterrement. « On enterra Étienne, lit‑on dans l’Écriture, des hommes pieux, et ils firent un grand deuil pour lui » (Ac. 8:2).
Un temple souterrain, aménagé à l’endroit de l’enterrement des martyrs. Sur le mur où était placé le cercueil d’un chrétien sont représentés des images sacrées — le Bon Pasteur et d’autres. Le plafond et les murs sont peints de représentations des saisons et d’autres tableaux. Ce lieu sacré a été orné environ cent ans après l’Ascension du Seigneur. Il se trouve dans les catacombes de Prétextat.
Quel enterrement pratiquent les sectaires ?
Les sectaires pratiquent un enterrement tel que le prophète Jérémie l’avait prédit pour les impies : « Il sera enterré comme un âne » (Jér. 22:19). Ils enterrent leurs morts sans aucune prière pour eux, comme s’il s’agissait d’une charogne.