Existe-t-il un lien quelconque entre les chrétiens vivant encore sur terre et ceux déjà décédés ?
Nous, chrétiens vivant encore sur terre, avons le lien le plus étroit avec nos frères qui sont passés au Seigneur : Dieu a bien voulu « réunir toutes choses dans le Christ, celles qui sont dans les cieux et celles qui sont sur la terre » (Ep 1, 10). Ainsi, nous formons une seule famille avec les défunts, et le Chef de notre famille est le Christ.
N’y a-t-il pas une grande différence entre les chrétiens vivants et les chrétiens défunts ?
L’Apôtre Paul répond ainsi à cette question : « Nul de nous ne vit pour soi-même, et nul ne meurt pour soi-même. Car si nous vivons, nous vivons pour le Seigneur ; et si nous mourons, nous mourons pour le Seigneur. Soit donc que nous vivions, soit que nous mourions, nous sommes au Seigneur. Car le Christ est mort et il a vécu pour être le Seigneur et des morts et des vivants » (Rm 14, 7-9). Ainsi donc, dans le Christ, il n’y a pas de différence entre les morts et les vivants : tous les chrétiens constituent le corps du Christ, tous sont frères, tenus de s’aimer les uns les autres et de prendre soin les uns des autres.
En quoi doit s’exprimer l’amour des chrétiens les uns pour les autres ?
Principalement dans la prière. « Priez les uns pour les autres », dit l’Apôtre Jacques (Jc 5, 16). Et l’Apôtre Paul exhorte : « Priez par toute sorte de prières et de supplications en tout temps… pour tous les saints » (Ep 6, 18), c’est-à-dire pour tous les chrétiens.
Mais peut-être s’agit-il ici de la prière à Dieu seulement pour les chrétiens qui vivent encore sur terre ?
Pour le Seigneur, il n’y a pas une telle division, car Dieu « n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants ; car tous vivent pour lui » (Lc 20, 38).
Les chrétiens défunts ont-ils besoin que l’Église du Christ élève pour eux des prières à Dieu ?
Assurément, ils en ont besoin.
Par quoi ce besoin est-il suscité ?
Il est suscité par le fait que ce sont des hommes, et que, en tant qu’hommes, ils ne sont pas exempts de défauts (Jb 4, 17-19) et qu’aucun d’eux, en mourant, n’a pu dire : « J’ai purifié mon cœur, je suis pur de mon péché » (Pr 20, 9) ; (cf. Lc 17, 10 ; Jc 3, 2).
Quel fondement peut-il y avoir pour l’expiation des péchés des défunts ?
L’Apôtre Jean explique que le Christ « est la victime de propitiation pour nos péchés, et non seulement pour les nôtres, mais aussi pour ceux du monde entier » (1 Jn 2, 2). C’est à ce Propitiateur, au Juge qui vient, que les chrétiens s’adressent par des prières pour le pardon des péchés de leurs frères dans la foi.
Peut-on penser que ces prières chrétiennes seront exaucées ?
Oui, car le Sauveur lui-même a dit que les chrétiens « doivent toujours prier et ne point se relâcher » (Lc 18, 1). Le Sauveur dit aussi aux vrais croyants : « Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez ce que vous voudrez, et cela vous sera accordé » (Jn 15, 7).
Mais peut-être que le Christ n’a pas le pouvoir d’adoucir le sort des chrétiens très pécheurs (Jc 3, 2) qui ont passé dans l’au-delà ?
Le Seigneur a toute possibilité et tout pouvoir de le faire, car il a dit de lui-même : « Tout pouvoir m’a été donné dans le ciel et sur la terre » (Mt 28, 18). S’il en est ainsi, le Sauveur a le pouvoir d’adoucir le sort de ceux qui ont péché de péchés non mortels.
Les sectaires raisonnent-ils correctement lorsqu’ils soutiennent qu’on ne peut pas changer le sort de l’homme dans l’au-delà et qu’ils citent à cet effet les paroles du Seigneur dans la parabole du riche et de Lazare ?
Non, ce n’est pas correct. Dans la parabole citée du riche et de Lazare, il est effectivement dit qu’il n’y a pas de passage de l’enfer au paradis, mais cela est dit non pas des hommes du Nouveau Testament, mais de ceux de l’Ancien Testament, d’un état qui a existé autrefois et qui est maintenant aboli.
De quelle époque parle la parabole du riche et de Lazare ?
De l’époque de l’Ancien Testament, c’est-à-dire de l’époque précédant l’accomplissement de la rédemption par le Christ Sauveur.
D’où cela se voit-il ?
On le voit aux paroles du Seigneur : à cette époque, la loi de Moïse et les prophètes étaient en vigueur. « Ils ont, dit le Sauveur, Moïse et les prophètes ; qu’ils les écoutent » (Lc 16, 29). Le Sauveur lui-même a expliqué dans le même chapitre 16 de l’évangile de Luc que « la loi et les prophètes ont subsisté jusqu’à Jean (le Baptiste) ; depuis lors, le royaume de Dieu est annoncé, et chacun use de violence pour y entrer » (Lc 16, 16). Ce n’est plus la loi de Moïse qui règne maintenant, comme il est dit aussi dans l’évangile de Jean : « la loi a été donnée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus-Christ » (Jn 1, 17). La loi de Moïse a été « un pédagogue pour nous conduire au Christ » (Ga 3, 24), et « la fin de la loi, c’est le Christ » (Rm 10, 4).
Comment expliquer les paroles du Seigneur selon lesquelles un grand abîme est établi entre l’enfer et le paradis, de sorte que ceux qui veulent passer « de l’enfer au paradis » ne le peuvent pas (Lc 16, 26) ?
Ces paroles du Seigneur sont tout à fait justes : il n’y avait pas de passage de l’enfer au paradis jusqu’au moment où le Sauveur lui-même a franchi cet abîme. Le Seigneur dit de lui-même dans l’Apocalypse : « j’ai les clés de la mort et du séjour des morts » (Ap 1, 18). Par sa mort sur la croix, il a brisé les verrous éternels qui retenaient les prisonniers, c’est-à-dire qu’il a ouvert les portes de l’enfer. « Le Christ, raconte l’Apôtre Pierre, a souffert une fois pour les péchés, lui juste pour des injustes, afin de nous amener à Dieu ; mis à mort selon la chair, mais rendu vivant selon l’Esprit, par lequel aussi il est allé prêcher aux esprits en prison, qui avaient été autrefois incrédules, lorsque la patience de Dieu se prolongeait aux jours de Noé, pendant la construction de l’arche, dans laquelle un petit nombre de personnes, c’est-à-dire huit âmes, furent sauvées à travers l’eau » (1 P 3, 18-20).
Quels sont ces esprits incrédules auxquels le Christ a prêché ?
Ce sont les contemporains du patriarche Noé. Avant le déluge, les hommes s’étaient tellement corrompus que « toutes les pensées de leur cœur se portaient chaque jour uniquement au mal » (Gn 6, 5). Le Seigneur ordonna au juste Noé, pendant cent vingt ans, de les appeler à la repentance (Gn 6, 3) et de construire lui-même l’arche. Comme les hommes ne se repentirent pas de leur corruption, le Seigneur ordonna à Noé d’entrer avec sa famille dans l’arche qu’il avait construite, et il fit venir le déluge sur tous. Aucun de ces hommes incrédules ne resta vivant sur terre ; tous périrent dans l’eau. Mais lorsque l’eau les submergeait, ils se souvinrent de la prédication de Noé et se repentirent ; cependant, il n’était déjà plus possible d’éviter le châtiment, et ils ne purent produire de fruits de repentance. Ils étaient dans la prison de l’enfer et attendaient la miséricorde de Dieu. C’est à eux que le Sauveur vint « par son Esprit » au moment où sa chair, mise à mort sur la croix, reposait dans le tombeau.
Le Sauveur a-t-Il effectivement fait sortir de l’enfer vers la vie bienheureuse de Dieu les esprits qui étaient dans la prison et qui l’attendaient avec foi ?
Oui, il les a fait sortir. « Car, dit l’Apôtre Pierre, l’Évangile a été annoncé aussi aux morts, afin qu’ils soient jugés selon les hommes dans la chair, mais qu’ils vivent selon Dieu dans l’esprit » (1 P 4, 6). C’est pourquoi l’Apôtre Paul dit des hommes de l’Ancien Testament qu’« ils n’ont pas obtenu la perfection sans nous » (He 11, 40). Ainsi donc, le passage de la vie de l’enfer à la vie du paradis (selon Dieu) est possible. Et si les sectaires le rejettent, c’est seulement parce qu’« ils ne connaissent ni les Écritures, ni la puissance de Dieu » (Mt 22, 29).
Peut-on prouver que le Seigneur est véritablement descendu vers ceux qui se trouvaient dans la vie de l’enfer ?
L’Apôtre Paul le prouve de manière convaincante lorsqu’il dit que le Christ, « étant monté en haut, a emmené des captifs et a fait des dons aux hommes ». Et « il est monté », qu’est-ce à dire, sinon qu’il est aussi d’abord descendu dans les régions inférieures de la terre ? (Ep 4, 8-9).
Que pensent les sectaires de l’état des défunts ?
Ils pensent que tous les défunts reçoivent immédiatement après leur mort la pleine rétribution pour leur vie.
Peut-on penser, à la manière des sectaires, que les âmes des défunts reçoivent dès maintenant la pleine et définitive rétribution pour leur vie sur terre ?
Cette conception est déraisonnable et sans fondement. Si l’état des défunts était définitivement déterminé immédiatement après leur mort, le Jugement dernier, que le Seigneur a prédit, serait complètement inutile. Mais le Sauveur a dit que le Jugement dernier aura certainement lieu, et qu’alors chacun recevra ce qui lui est dû : les pécheurs iront « au châtiment éternel, et les justes à la vie éternelle » (Mt 25, 46).
Tous les hommes doivent-ils comparaître au Jugement dernier, ou peut-être les croyants n’y iront-ils pas ?
Tous les hommes, jusqu’au dernier, seront au Jugement dernier, car, dit l’Apôtre, « il nous faut tous comparaître devant le tribunal de Christ, afin que chacun reçoive selon ce qu’il a fait pendant qu’il était dans son corps, soit le bien, soit le mal » (2 Co 5, 10).
Comment se fait-il que les sectaires disent qu’ils ne subiront pas le jugement, parce qu’il est dit : « Celui qui croit en lui (le Fils de Dieu) n’est point jugé, mais celui qui ne croit pas est déjà jugé, parce qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu » (Jn 3, 18) ?
Les sectaires « sont dans l’erreur, ne connaissant ni les Écritures, ni la puissance de Dieu » (Mt 22, 29). Dans le passage cité de l’évangile de Matthieu, le Sauveur dit que ceux qui croient sincèrement en lui ne seront pas soumis à la condamnation, tandis que ceux qui ne croient pas en sa divinité seront condamnés. Mais que le jugement sera le même pour les justes et pour les pécheurs, on le voit par les paroles de l’Apôtre Pierre : « C’est le moment où le jugement va commencer par la maison de Dieu » (c’est-à-dire par l’Église du Christ, qui est la maison de Dieu – He 3, 6). « Or, s’il commence par nous, dit l’Apôtre, quelle sera la fin de ceux qui refusent de croire à l’Évangile de Dieu ? Et si le juste lui-même est sauvé difficilement, que deviendront l’impie et le pécheur ? » (1 P 4, 17-18). Que les sectaires ne pensent donc pas qu’ils iront directement au paradis après la mort ; ils auront encore un jugement !
Si, par la parabole du riche et de Lazare, le Sauveur ne rejette pas les prières pour les défunts, quel est donc son véritable sens ?
La pensée principale du Seigneur dans cette parabole est que si les hommes ne veulent pas écouter la loi de Dieu sur terre, rien ne pourra les corriger : même si un mort ressuscitait, ils ne croiraient pas.
Par quoi peut-on prouver que la pensée principale de la parabole est bien celle-ci ?
Pour le prouver, il faut examiner la parabole elle-même ainsi que certains événements qui survinrent après qu’elle fut prononcée. Les pharisiens ne voulaient pas croire au Christ, bien que tout ce qu’il disait et faisait fût conforme à la loi de Moïse et aux prédictions des prophètes concernant le Messie. Les pharisiens voulaient ne reconnaître que ce qui leur plaisait, et ils vivaient non selon la loi de Moïse, mais selon leurs caprices. Le Sauveur dit alors par cette parabole que rien ne changera de tels hommes : s’ils n’écoutent pas la loi de Dieu, même si un mort ressuscitait, ils ne croiront pas. Dans la parabole, le Seigneur montre un impie riche et un pauvre pieux. Il ne donne pas de nom au riche, mais il donne au pauvre le nom de Lazare. Ensuite, le Seigneur dépeint le sort dans l’au-delà de l’un et de l’autre. Le riche, dans les tourments, apprit qu’il n’y avait pas d’aide pour lui et, prenant en pitié ses frères qui vivaient encore sur terre, il demanda à Abraham d’envoyer Lazare vers eux comme messager pour les avertir. Mais Abraham répondit à cette demande : « Ils ont Moïse et les prophètes ; qu’ils les écoutent… S’ils n’écoutent pas Moïse et les prophètes, ils ne croiront pas non plus si quelqu’un des morts ressuscite » (Lc 16, 29.31). Beaucoup disaient alors qu’ils ne croiraient qu’à un mort ressuscité, et beaucoup répètent la même chose aujourd’hui. Certains sectaires disent aussi qu’ils ne veulent pas prier pour les défunts, mais qu’ils prieraient peut-être si quelqu’un venant de l’au-delà leur disait que la prière pour les défunts est utile. Mais le Sauveur explique clairement que celui qui n’écoute pas l’Écriture ne croira pas même à un ressuscité des morts. Et pour que personne ne doute des paroles du Seigneur, le Christ l’a prouvé par les faits. Dans la parabole, il a nommé un homme pauvre Lazare ; quelque temps après, il ressuscita Lazare de Béthanie.
Les ennemis du Christ crurent-ils en lui après qu’il eut ressuscité un mort de quatre jours ?
Non, ils ne crurent pas. En apprenant la résurrection de Lazare, les ennemis du Seigneur, après avoir délibéré entre eux (Jn 11, 45-52), « résolurent de le faire mourir » (le Seigneur) (Jn 11, 53). Ainsi donc, le Sauveur, par la parabole du riche et de Lazare, a expliqué et prédit que celui qui n’écoute pas l’Écriture ne reconnaîtra pas même un ressuscité comme témoin digne de foi et ne croira pas en lui. Le Seigneur ne dit rien ici contre les prières pour les défunts.
Que devons-nous demander au Seigneur dans nos prières pour les défunts ?
La même chose que nous demandons dans nos prières pour les vivants : nous devons demander la miséricorde du Seigneur pour les défunts et la grâce de Dieu qui purifie leurs âmes et leur procure un état bienheureux.
Les croyants au vrai Dieu priaient-ils pour les défunts ?
Les prières pour les défunts existaient déjà dans l’Ancien Testament. Nous apprenons de la vie du peuple d’Israël qu’après une bataille, Judas Maccabée pria, au nom de toute la communauté de Dieu, pour les soldats tombés au combat. « Le lendemain, les compagnons de Judas allèrent, comme le devoir l’exigeait, transporter les corps des tués… Or, ils trouvèrent sous les tuniques de chacun des morts des objets consacrés aux idoles de Jamnia, ce que la loi interdit aux Juifs… et ils se tournèrent vers la prière, demandant que le péché commis fût complètement effacé… Ayant fait une collecte qui s’éleva à deux mille drachmes d’argent, il l’envoya à Jérusalem pour offrir un sacrifice pour le péché, agissant très bien et très honorablement, en considération de la résurrection. Car s’il n’avait pas espéré que les morts au combat dussent ressusciter, il eût été superflu et vain de prier pour les morts. Mais il considérait qu’une récompense magnifique est réservée à ceux qui meurent dans la piété – pensée sainte et pieuse ! Aussi offrit-il ce sacrifice expiatoire pour les morts, afin qu’ils fussent délivrés de leur péché » (2 M 12, 39-45).
La Bible fournit un autre exemple semblable : le prophète Baruch priait pour les défunts en disant : « Seigneur tout-puissant, Dieu d’Israël !… Ne te souviens pas des iniquités de nos pères » (Ba 3, 4-5).
Le sage Sirac dit aussi : « Fais du bien au pauvre, ne le laisse pas attendre ; fais miséricorde à tous les vivants, mais ne prive pas non plus le mort de ta miséricorde » (Si 7, 32-33).
Que répondre aux sectaires s’ils disent qu’ils ne croient pas aux livres des Maccabées parce que ce sont des livres non canoniques ?
Il faut demander aux sectaires où, dans la parole de Dieu, il est dit que les livres des Maccabées ne sont pas bons. Et s’ils sont appelés non canoniques, c’est ainsi que l’ancienne Église orthodoxe les a nommés, bien avant que le diable n’invente les sottises sectaires modernes. L’Église a toujours reconnu les livres des Maccabées comme des livres justes, racontant la vie des Juifs bien avant la venue du Seigneur, et la 85e règle des saints Apôtres ordonne de reconnaître les livres des Maccabées.
Que signifie le mot « apocryphe » dont les sectaires aiment qualifier les livres des Maccabées et d’autres livres non canoniques ?
Le terme « livres apocryphes », traduit du grec, signifie « livres cachés ». Les anciens hérétiques donnaient ce nom aux livres supposés composés dans leur milieu, afin de mieux faire croire que ces livres n’étaient pas nouvellement composés, mais seulement inconnus parce qu’ils étaient cachés. Nos livres non canoniques ne sont pas du tout des apocryphes, car tous les livres mensongers, comme par exemple l’Évangile de Pierre, l’Évangile de Thomas, le Songe de la Mère de Dieu, etc., ont été rejetés par l’Église.
Peut-on trouver des confirmations des prières pour les défunts dans les livres canoniques ?
De telles confirmations existent. Dans le Deutéronome, au chapitre 26, verset 14, il est dit : « Je n’ai rien mangé de la dîme consacrée dans mon deuil… et je n’en ai rien donné pour un mort » (Dt 26, 14). Par conséquent, on pouvait prélever une partie des biens restants pour la commémoration des défunts.
Les saints Apôtres priaient-ils pour les défunts ?
Oui, ils priaient. L’Apôtre Paul, en remerciement de son disciple Onésiphore qui l’avait fidèlement servi, priait pour sa famille, qui vivait encore, en ces termes : « Que le Seigneur répande sa miséricorde sur la maison d’Onésiphore » (2 Tm 1, 16). Nous voyons que l’Apôtre ne mentionne pas Onésiphore lui-même ; quelques mots plus loin, Paul prie aussi pour Onésiphore lui-même, apparemment déjà décédé : « Que le Seigneur lui donne de trouver miséricorde auprès du Seigneur en ce jour-là » (2 Tm 1, 18). Exactement de la même manière, l’Église orthodoxe prie aujourd’hui pour les défunts, leur demandant « la miséricorde de Dieu par le Christ, le Roi immortel et notre Dieu ».
La commémoration des défunts dans le culte de l’Église existait-elle chez les chrétiens dès les premiers jours de l’Église du Christ ?
Certainement. Dans la liturgie de l’Apôtre Jacques, qui est encore célébrée chaque année à Jérusalem le jour de la mémoire de cet Apôtre du Seigneur, le 23 octobre, on trouve des prières pour les défunts. Il en va de même dans les liturgies de Basile le Grand et de Jean Chrysostome, qui sont célébrées constamment chez nous.
L’Apôtre Jacques enseignait aux chrétiens à prier ainsi pour les défunts : « Seigneur Dieu des esprits et de toute chair, souviens-toi des orthodoxes que nous avons mentionnés, depuis le juste Abel jusqu’à ce jour ; donne-leur le repos… Dans ton Royaume, dans les délices du paradis, dans le sein d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, nos saints pères, d’où sont bannis la maladie, la tristesse et les soupirs, où resplendit la lumière de ta face, et où brille la lumière incessante. » Les prières de saint Jean Chrysostome et de saint Basile le Grand sont très proches de celle qui vient d’être exposée.
Quelles autres preuves avons-nous que les chrétiens ont toujours eu des prières pour les défunts ?
Les monuments des premiers siècles du christianisme nous le prouvent. Dans les catacombes romaines, où les chrétiens enterraient leurs morts dès les premiers jours du christianisme, on a fait sur leurs tombes des inscriptions dans lesquelles les chrétiens expriment leurs prières à Dieu pour les défunts. Voici quelques-unes de ces inscriptions : « Seigneur, que l’âme de Vénérée ne soit jamais obscurcie. Douce âme d’Antonia, que Dieu te rafraîchisse. Dieu, qu’il rafraîchisse ton âme ! Seigneur, je t’en prie, qu’il voie la lumière du paradis. Repose en paix. Lumière éternelle à toi, Timothée, dans le Christ. » À ceux qui furent brûlés martyrs, on a fait cette inscription : « Que celui à qui tout est possible nous rafraîchisse, nous réconforte. » Telles sont les inscriptions sur les tombes, prouvant que les chrétiens ont toujours eu des prières pour les défunts.
Voici encore une preuve historique. À Hiérapolis, on conserve encore aujourd’hui une pierre miraculeusement transportée de Rome sur la demande du saint évêque Abercius, qui vécut au IIe siècle (mort vers 167). Sous cette pierre est enterré saint Abercius, et sur la pierre sont gravées les paroles du saint, dans lesquelles il demande à tout le synode de prier pour lui. Si les chrétiens n’avaient pas eu de prières pour les défunts, cet évêque, égal aux Apôtres, ne les aurait pas recommandées.
Ainsi donc, les prières de l’Église pour les défunts remontent aux premiers jours du christianisme. Et les sectaires ne peuvent prouver, ni par l’Écriture, ni par l’histoire, qu’il y ait jamais eu un temps où les orthodoxes ne priaient pas pour les défunts. Un tel temps n’a jamais existé.
Le pardon des péchés est-il possible dans la vie future ?
Oui, mais non pour tous les péchés. Car les « péchés qui mènent à la mort » (1 Jn 5, 16) – c’est-à-dire les péchés mortels, dont le nom général est « blasphème contre l’Esprit Saint » – ne peuvent être pardonnés ni en ce siècle ni dans l’autre. Le Sauveur dit : « Si quelqu’un parle contre le Fils de l’homme, cela lui sera pardonné ; mais si quelqu’un parle contre l’Esprit Saint, cela ne lui sera pardonné ni en ce siècle, ni dans le siècle à venir » (Mt 12, 32). Il ressort clairement de là que certains péchés peuvent être pardonnés dans « le siècle à venir », tandis que d’autres ne le seront jamais.
Qu’est-ce que le blasphème contre le Fils de l’homme, qui peut être pardonné ?
C’est une violation répétée des commandements de Dieu, accompagnée d’un amendement de l’homme, c’est-à-dire un état dans lequel l’homme, après avoir péché, ne persévère pas dans le mal. « Toute iniquité est un péché, mais il y a un péché qui ne mène pas à la mort » (1 Jn 5, 17). C’est de telles chutes ordinaires que, selon l’Apôtre Jacques, « nous bronchons tous de bien des manières » (Jc 3, 2). Et si ces péchés n’étaient pardonnés ni en ce siècle ni dans l’autre, personne n’atteindrait la vie du paradis.
Qu’est-ce que le blasphème contre l’Esprit Saint, qui ne peut jamais être pardonné ?
C’est l’opposition manifeste, consciente, à la Vérité de Dieu, le rejet obstiné de la foi orthodoxe du Christ, que « l’Esprit Saint » garde (Jn 14, 26 ; 15, 26 ; 16, 7-15). Une opposition semblable à la vérité peut être observée chez les sectaires, qui résistent follement à la justice de Dieu et offensent ainsi l’Esprit de Dieu qui enseigne cette justice. Les sectaires rejettent, par exemple, les prières pour les défunts, alors que l’Esprit Saint enseigne à prier pour ceux qui sont passés dans l’au-delà. Ainsi, ils s’opposent manifestement à l’Esprit de Dieu, et « cela ne leur sera pardonné ni en ce siècle ni dans l’autre ».
Pourquoi les sectaires ne peuvent-ils pas se justifier par ces paroles de l’Écriture : « L’homme ne peut racheter son frère, ni donner à Dieu sa rançon » (Ps 48, 8) ?
D’abord, il n’y est pas question de la prière, mais de la délivrance de la mort, comme le montrent les paroles suivantes du psaume : « La rançon de leur âme est trop coûteuse, et ils n’auront jamais de quoi vivre toujours, pour ne pas voir la fosse » (Ps 48, 9-10). En effet, nul n’a délivré l’homme de la mort, si ce n’est le Dieu-Homme Jésus.
Ensuite, si les sectaires comprennent les paroles du psaume – « L’homme ne peut racheter son frère, ni donner à Dieu sa rançon » – dans le sens qu’on ne peut pas prier pour les morts, alors qu’ils ne prient pas non plus pour les vivants, car il est également impossible à l’homme de racheter les vivants. Cependant, les sectaires prient pour les vivants ; donc, on ne peut voir dans ces paroles du psaume un rejet de la prière pour les défunts.
Les chrétiens peuvent-ils, après la prière pour les défunts, célébrer des repas de commémoration ?
Oui, car la coutume d’organiser des repas de commémoration est très ancienne. Le prophète Jérémie parle comme de malheureux de ceux qui, après leur mort, restent sans commémoration. « Les grands et les petits mourront dans ce pays, et ils ne seront pas enterrés ; on ne les pleurera pas, on ne se frappera pas, on ne se rasera pas pour eux. On ne rompra pas le pain pour eux dans le deuil, pour les consoler d’un mort ; et on ne leur donnera pas la coupe de consolation pour boire après leur père ou leur mère » (Jr 16, 6-7).
Par quelles questions peut-on amener les sectaires à reconnaître la nécessité des prières pour les défunts ?
Il faut d’abord demander aux sectaires quelle est leur attitude envers leurs frères vivant sur terre : « Aimez-vous vos frères qui vivent dans ce monde ? » Ils répondront : « Nous les aimons. » – « En quoi s’exprime cet amour pour eux ? » Ils répondront : « Nous souhaitons du bien à nos frères, nous les aidons quand nous le pouvons, et nous prions Dieu pour eux. » Si les sectaires aiment ainsi leurs frères vivant encore ici-bas, qu’ils disent s’ils continuent à aimer ceux qui sont passés dans l’au-delà. Ils répondront qu’ils les aiment. Alors, il faut demander aux sectaires : en quoi s’exprime votre amour pour les défunts ? Ils ne mangent plus de pain, l’argent ne leur est plus utile, votre aide matérielle ne leur est plus nécessaire. Comment exprimez-vous votre amour pour vos défunts ? Les sectaires n’ont rien à répondre, car ils ne peuvent exprimer leur bienveillance à l’égard de leurs frères défunts sans prière, et ils ne veulent pas non plus prier ; donc, l’amour des sectaires pour leurs frères cesse avec la mort de ceux-ci.
On voit par là que la foi des sectaires n’est pas la foi du Christ, qu’ils n’ont pas la conception chrétienne des relations avec les défunts. La parole de Dieu dit que la « charité (l’amour) chrétienne ne périt jamais » (1 Co 13, 8) ; elle ne cessera jamais, « quand même les prophéties prendraient fin, les langues se tairaient, la connaissance disparaîtrait » (1 Co 13, 8). Ainsi donc, chez les chrétiens, l’amour pour les frères ne peut jamais prendre fin, même si ces frères sont passés dans l’au-delà. Et effectivement, dans notre Église orthodoxe, l’amour ne s’interrompt jamais : lorsque nos frères vivent ici-bas, nous exprimons notre amour pour eux par la bienveillance et la prière en leur faveur ; sans interrompre notre amour pour eux, nous continuons à leur vouloir du bien et à prier pour eux après leur passage dans l’autre monde. Chez les sectaires, au contraire, l’amour n’est pas chrétien, il n’est pas conforme à la parole de Dieu : il s’interrompt à l’heure où ceux qu’ils aiment meurent. Voilà un bien triste amour, un amour qui ne vaut rien !
Source : Dobroe Ispovedanie (La Bonne Confession), Catéchisme orthodoxe anti-sectaire, N. Varjanski, réédition de l’édition de 1910, Moscou, Blagovest, 1998, 350 p.