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Le Sacerdoce

Table des matières


A. L’ordre dans l’Église du Christ

Supérieurs consacrés et fidèles

L’Église du Christ a-t-elle un certain ordre dans son organisation ?

Dans la communauté des vrais confesseurs du Christ, il existe un ordre particulier établi par le Sauveur lui-même. De même que dans une école les uns enseignent et les autres apprennent, de même dans la communauté du Christ les uns exercent l’autorité sacrée, tandis que les autres leur sont soumis.

Ne peut-on pas considérer que dans l’Église du Christ tous sont égaux, et que chacun se sauve par lui-même, sans que certains aient autorité sur d’autres ?

Non, on ne le peut pas. Dans la Sainte Écriture, l’Église du Christ est souvent comparée à un troupeau (par exemple Ac 20, 28 ; 1 P 5, 1-5). Et de même que dans un troupeau il y a des bergers, de même dans l’Église du Christ il y a des pasteurs et des brebis, et les brebis doivent obéir aux personnes qui exercent l’autorité sacrée.

Quelle est la répartition des fidèles dans l’Église du Christ ?

L’Apôtre Paul comparait l’Église du Christ au corps humain. « Car, de même que nous avons plusieurs membres dans un seul corps, et que tous les membres n’ont pas la même fonction, ainsi, nous qui sommes plusieurs, nous formons un seul corps dans le Christ » (Rm 12, 4-5)« Dieu, dit l’Apôtre ailleurs, a disposé les membres dans le corps, chacun comme il a voulu » (1 Co 12, 18). Et chaque membre doit reconnaître la place de l’autre. « L’œil ne peut pas dire à la main : je n’ai pas besoin de toi ; ni la tête dire aux pieds : je n’ai pas besoin de vous… Et vous, continue l’Apôtre, vous êtes le corps du Christ, et chacun de vous en est un membre. Et Dieu a établi dans l’Église, premièrement des Apôtres, deuxièmement des prophètes, troisièmement des docteurs… Tous sont-ils Apôtres ? Tous sont-ils prophètes ? Tous sont-ils docteurs ? Tous sont-ils thaumaturges ? Tous ont-ils le don des guérisons ? Tous parlent-ils en langues ? Tous interprètent-ils ? » (1 Co 12, 21.27-30).

Ainsi donc, certains membres ont été établis par le Seigneur pour diriger et enseigner, tandis que les autres doivent écouter les guides, les pasteurs et les docteurs.

Y a-t-il jamais eu, dans la vraie foi, des hommes qui aient vécu sans guides ?

Depuis les premiers temps de la vie des hommes sur terre, le Seigneur a toujours établi, parmi ceux qui avaient la vraie adoration de Dieu, des guides légitimes. D’abord, les patriarches guidèrent les hommes : Adam, Seth, Noé, Abraham, etc. Puis, lorsque la loi du Sinaï fut donnée, le Seigneur institua un sacerdoce légitime. Dieu consacra à cela toute la tribu de Lévi. Aaron fut établi grand-prêtre, les fils d’Aaron prêtres, et les autres membres de sa tribu lévites, c’est-à-dire serviteurs du tabernacle. En plus du sacerdoce, le Seigneur suscitait de temps à autre des prophètes particuliers.

Tel fut l’ordre jusqu’à la venue même du Christ Sauveur.

Les prophètes, par l’Esprit de Dieu, ont-ils prédit l’autorité sacrée du Nouveau Testament ?

Le Seigneur, par le prophète Isaïe, parlait ainsi de l’institution future du sacerdoce du Nouveau Testament : « Je viendrai rassembler toutes les nations et toutes les langues ; elles viendront et verront ma gloire. Je mettrai un signe parmi elles… Parmi eux, je prendrai aussi des prêtres et des lévites » (Is 66, 18-19.21).

Comment le Seigneur a-t-il institué l’autorité sacrée du Nouveau Testament ?

Le Christ Sauveur, pendant trois ans et demi, prépara pour son Église l’autorité sacrée. Pour cette autorité, il ne destina pas tous ceux qui avaient cru en lui, mais seulement quelques-uns ; il ne se confiait pas à tous. « Beaucoup, dit l’évangéliste, voyant les miracles qu’il faisait, crurent en son nom. Mais Jésus ne se fiait pas à eux, parce qu’il les connaissait tous, et qu’il n’avait pas besoin qu’on lui rendît témoignage d’aucun homme, car il savait lui-même ce qu’il y a dans l’homme » (Jn 2, 23-25).

Qui donc le Sauveur préparait-il pour l’autorité sacrée ?

L’évangéliste Marc écrit que « le Seigneur appela à lui ceux qu’il voulut, et ils vinrent à lui. Il en établit douze pour qu’ils soient avec lui, pour les envoyer prêcher, et pour qu’ils aient le pouvoir de guérir les maladies et de chasser les démons » (Mc 3, 13-15) ; cf. Lc 6, 13.

En quoi consista le soin particulier que le Seigneur eut pour ces élus ?

Ils furent toujours avec le Sauveur pendant les trois ans de sa prédication, et le Seigneur les instruisit particulièrement. Du peuple, l’évangéliste rapporte que « le Sauveur leur enseignait la parole par beaucoup de paraboles, autant qu’ils pouvaient l’entendre. Il ne leur parlait pas sans parabole ; mais, en particulier, il expliquait tout à ses disciples » (Mc 4, 33-34). Transmettant à ses disciples élus les mystères du royaume de Dieu (Mc 4, 11), le Seigneur, comme pour les préparer à la prédication universelle à venir, les envoya prêcher dans les villes et les villages « vers les brebis perdues de la maison d’Israël » (Mt 10, 5-7.11). Enfin, même après sa glorieuse résurrection, le Sauveur se soucia encore d’instruire ses Apôtres, « leur apparaissant pendant quarante jours et leur parlant du royaume de Dieu » (Ac 1, 3).

D’où voit-on que le Seigneur préparait les Apôtres pour exercer l’autorité sacrée dans son Église ?

On le voit par la mission finale qu’il leur donna d’établir son Église sur terre. Ce n’est pas à tous les croyants, mais seulement aux Apôtres, que le Sauveur dit avant son ascension : « Allez donc, de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, et leur apprenant à garder tout ce que je vous ai prescrit. Et voici que je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde » (Mt 28, 19-20).

Par cette mission, qu’est-ce que le Seigneur ordonne aux Apôtres de faire ?

Par ces premières paroles : « Allez, de toutes les nations faites des disciples » – la prédication du christianisme est confiée aux Apôtres. Deuxièmement, par ces paroles : « les baptisant au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit » – l’autorité sacrée dans l’Église est confiée aux Apôtres. Troisièmement, par ces paroles : « leur apprenant à garder tout ce que je vous ai prescrit » – le gouvernement de l’Église est confié aux Apôtres.

Cette mission confiée aux Apôtres a-t-elle pu et peut-elle cesser après leur mort ?

Non, elle n’a pas pu et ne peut pas cesser, car elle a été confiée non seulement aux Apôtres, mais aussi à leurs successeurs. Le Seigneur, bien qu’il sût que les Apôtres ne vivraient pas toujours sur terre, dit cependant : « Je suis avec vous (c’est-à-dire avec ceux qui enseignent et baptisent) tous les jours jusqu’à la fin du monde ». Il est clair que le Seigneur désigne ici également les successeurs des Apôtres, qui doivent être dans l’Église jusqu’à la fin du monde. Les paroles du Christ aux scribes et aux pharisiens témoignent de la même chose : « Voici, je vous envoie des prophètes, des sages et des scribes ; vous tuerez et crucifierez les uns, vous battrez les autres dans vos synagogues, et vous les poursuivrez de ville en ville » (Mt 23, 34).

Le Sauveur n’a-t-Il pas confié à tous les croyants en Lui le soin d’établir son Église, comme le pensent les sectaires ?

Non, le Seigneur confia l’établissement de son Église seulement aux onze Apôtres, comme on le voit en Mt 28, 16-20, où le Seigneur s’adresse aux onze, et en Mc 16, 14-15, où il est rapporté qu’après sa résurrection, avant son ascension, le Sauveur « apparut aux onze eux-mêmes… et leur dit : Allez par tout le monde, proclamez l’Évangile à toute la création ».

Les Apôtres comprenaient-ils que le Seigneur avait confié à eux, et non à tous les croyants, la mission d’établir l’Église ?

Les saints Apôtres le comprenaient précisément ainsi, et c’est pourquoi, lorsque Judas Iscariote, qui s’était pendu, tomba du rang apostolique, ils choisirent à sa place, sur l’indication du Seigneur qui connaît les cœurs, Matthias, et « il fut compté avec les onze Apôtres » (Ac 1, 24-26). Si les Apôtres avaient pensé comme les sectaires, c’est-à-dire que dans l’Église du Christ tous sont égaux et qu’il n’y a pas d’autorité sacrée, alors ils n’auraient pas élu un douzième Apôtre.

Les saints Apôtres se sont-ils contentés d’instituer Matthias ?

Non, ils ne s’en sont pas contentés. Lorsque, après la descente du Saint-Esprit sur eux, l’Église du Christ commença à exister sur terre, et que, par la prédication apostolique, la communauté des fidèles se multiplia et se répandit sur toute la terre, les Apôtres instituèrent leurs remplaçants, qui devinrent ensuite leurs successeurs.


B. Le sacrement de l’ordre, ou le sacrement de la chirotonie (imposition des mains)

Comment s’est faite, depuis le temps des Apôtres, l’institution de certaines personnes pour l’autorité sacrée ?

Elle se fait par le mystère de l’imposition des mains, appelé en grec chirotonie.

D’où voit-on que le droit d’exercer le saint ministère était conféré par l’imposition des mains ?

On le voit par la pratique des saints Apôtres, qui s’est perpétuée sans changement jusqu’à nos jours.

L’Apôtre Timothée a été établi évêque « avec l’imposition des mains du presbytérat » – c’est-à-dire des évêques (1 Tm 4, 14). L’Apôtre Paul participa à ce mystère, et il le rappelle à Timothée : « Je t’exhorte à ranimer le don de Dieu que tu as reçu par l’imposition de mes mains » (2 Tm 1, 6).

Ensuite, lorsque l’Apôtre Paul charge l’évêque Timothée d’instituer des prêtres, il indique que ce mystère d’institution se fait par l’imposition des mains : « N’impose les mains à personne avec précipitation, et ne participe pas aux péchés d’autrui » (1 Tm 5, 22).

Enfin, on voit dans les Actes que, par le mystère de l’institution à la charge du saint ministère, dans certaines villes d’Asie Mineure, les Apôtres joignirent à l’Église beaucoup de croyants en leur donnant des prêtres : « Et ayant établi pour eux des presbytres dans chaque Église, après avoir prié avec le jeûne, ils les confièrent au Seigneur, auquel ils avaient cru. » (Ac 14, 23) ; cf. v. 21-22.

Combien y avait-il et combien y a-t-il encore de degrés du saint ministère dans l’Église depuis le temps des Apôtres ?

Il y en avait et il y en a trois : l’épiscopat, le presbytérat et le diaconat.

Où la parole de Dieu mentionne-t-elle ces trois degrés ?

Les évêques et les diacres sont mentionnés dans 1 Tm 3. Les prêtres (presbytres) sont mentionnés en Ac 14, 23 et dans l’épître à Tite (Tt 1, 5). L’Apôtre Paul écrit que Tite doit « établir des prêtres dans chaque ville ».

Comment se fait l’institution des évêques ?

Un évêque est institué par plusieurs évêques. L’évêque Timothée, par exemple, fut institué « avec l’imposition des mains du presbytérat » (1 Tm 4, 14) – c’est-à-dire par l’imposition des mains des évêques (comme l’ont expliqué les Pères de l’Église, saint Jean Chrysostome, Théodoret et d’autres). La première règle apostolique dit : « Qu’un évêque soit institué par deux ou trois évêques. »

Comment sont institués les prêtres et les diacres ?

Ils sont institués par un seul évêque.

Ainsi, l’Apôtre Paul écrit à l’évêque Tite d’instituer des prêtres dans chaque ville (Tt 1, 5). Et voici les paroles de Paul à Timothée : « N’impose les mains à personne avec précipitation » (1 Tm 5, 22) ; cela signifie que l’évêque Timothée instituait les prêtres seul. La deuxième règle apostolique dit : « Qu’un prêtre et un diacre et les autres clercs soient institués par un seul évêque. »

L’autorité sacrée n’est-elle pas une invention humaine ?

Non, elle ne vient pas des hommes, mais de Dieu. Lui (le Christ) « a établi les uns comme Apôtres, les autres comme prophètes, les autres comme évangélistes, les autres comme pasteurs et docteurs, pour le perfectionnement des saints, pour l’œuvre du ministère, pour l’édification du corps du Christ » (Ep 4, 11-12). Et dans la première épître aux Corinthiens, nous lisons : « Dieu a établi dans l’Église, premièrement des Apôtres, deuxièmement des prophètes, troisièmement des docteurs » (1 Co 12, 28-29).

De même, dans les Actes, l’Apôtre Paul, s’adressant aux prêtres d’Éphèse, dit : « Le Saint-Esprit vous a établis » (Ac 20, 17-28).

Est-il permis de s’arroger indûment les fonctions du saint ministère de l’Église ?

C’est absolument interdit. Nul ne peut se faire lui-même évêque, prêtre, diacre ou docteur, car « nul ne s’attribue cette dignité, s’il n’y est appelé par Dieu, comme Aaron » (He 5, 4).

Et le Seigneur dit aux Apôtres : « Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, mais c’est moi qui vous ai choisis et qui vous ai établis » (Jn 15, 16).

Les chrétiens laïcs ont-ils le droit d’instituer quelqu’un aux fonctions du saint ministère de l’Église ?

Non, ils ne l’ont pas, car ce droit n’appartient qu’aux évêques légitimes, en tant que successeurs pleins de grâce des Apôtres.

L’évêque Timothée ne fut pas institué par des laïcs, mais « par l’imposition des mains du presbytérat » (1 Tm 4, 14). L’Apôtre Paul confia l’institution des prêtres à son disciple l’évêque Timothée, non aux laïcs (1 Tm 5, 22). De même, dans l’île de Crète, c’est l’évêque Tite, sur l’ordre de l’Apôtre Paul, qui devait instituer des prêtres dans chaque ville (Tt 1, 5), et non les chrétiens laïcs crétois. De même, Paul et Barnabé, ayant gagné des disciples par leur évangélisation dans les villes d’Asie Mineure – Antioche, Icone, Lystres et Derbe – leur donnèrent eux-mêmes des prêtres par l’imposition des mains, et ne confièrent pas cette tâche aux nouveaux croyants (Ac 14, 23).

Les sectaires ont-ils une autorité sacrée légitime ?

Non, ils ne l’ont pas, car ils sont tous des usurpateurs.

Les pachkoviens (ou « évangéliques ») rejettent complètement l’autorité sacrée, tandis que les baptistes et les adventistes acceptent des prêtres usurpés.

Par quoi justifient-ils leur usurpation ?

Ils disent que les premiers chrétiens laïcs de Jérusalem se seraient eux-mêmes institué des diacres (Ac 6).

Ce raisonnement des sectaires est-il fondé ?

Non, il n’est pas fondé. D’abord parce qu’au chapitre 6 des Actes, il ne s’agit pas du troisième degré du saint ministère – le diaconat – mais de personnes chargées de pourvoir aux besoins matériels de la communauté (cf. saint Jean Chrysostome et la 16e règle du 6e concile œcuménique). Ensuite, il faut remarquer que les Apôtres, pour éviter les désordres, ordonnèrent aux chrétiens de Jérusalem de choisir « parmi eux sept hommes estimés, remplis d’Esprit-Saint et de sagesse » ; « eux, disaient les Apôtres, nous les chargerons de servir aux tables » (Ac 6, 2-3.6). Lorsque les chrétiens eurent choisi les sept, ils « les présentèrent aux Apôtres, et ceux-ci, après avoir prié, leur imposèrent les mains ». Ce ne sont pas les laïcs, comme le prétendent faussement les sectaires, mais les Apôtres qui instituèrent ces personnes à leur service. C’est ainsi que souvent chez nous, surtout dans les paroisses de même confession, les paroissiens élisent, mais l’évêque institue les élus à la dignité sacerdotale ou diaconale, s’il les juge dignes.

Les sectaires ne peuvent-ils donc pas avoir une véritable autorité sacrée ?

Non, s’ils ne se réunissent pas à l’Église orthodoxe, ils ne peuvent avoir de véritable autorité sacrée, car les sectes sont apparues récemment, alors que l’autorité sacrée doit venir sans interruption depuis le temps des Apôtres. Que le sacerdoce dans l’Église du Christ soit continu, on le voit par les paroles du Sauveur aux saints Apôtres et à leurs successeurs : « Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde » (Mt 28, 20).

C’est pourquoi l’Apôtre Paul dit aussi : « Lui (le Christ), parce qu’il demeure éternellement, possède un sacerdoce qui ne passe pas » (He 7, 24). Le sacerdoce du Nouveau Testament est dit « non passager » par opposition à celui d’Aaron dans l’Ancien Testament, qui prit fin le jour de la fondation de l’Église du Christ.

Que faut-il penser des sectaires qui nient la valeur du sacerdoce successif et s’attribuent la libre direction dans la prière et les saints mystères ?

S’appliquent à eux les reproches de l’Apôtre Pierre et de l’Apôtre Jude contre ces visionnaires qui « méprisent l’autorité et insultent les gloires » (les puissances célestes). « Malheur à eux, car ils ont suivi la voie de Caïn, ils se sont jetés par égarage dans l’erreur de Balaam, ils ont péri par la révolte de Coré » (Jude 8.11) ; cf. 2 P 2, 10.

Le véritable sacerdoce, venant du temps des Apôtres, ne peut-il donc pas être interrompu ni détruit, et n’aura-t-il donc jamais besoin d’être rétabli dans l’Église du Christ ?

Non, la véritable autorité sacrée est non seulement continue, mais aussi indestructible, invincible, et elle existera jusqu’à la fin des temps.

  1. Le Sauveur lui-même a dit aux Apôtres et à leurs légitimes successeurs : « Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde » (Mt 28, 20).

  2. Le Sauveur a aussi dit : « Comment quelqu’un peut-il entrer dans la maison de l’homme fort et piller ses biens, s’il n’a d’abord lié l’homme fort ? Alors seulement il pillera sa maison » (Mt 12, 29). L’homme fort, c’est le Christ Tout-Puissant, la Tête de l’Église ; sa maison, c’est l’Église (1 Tm 3, 15) ; les biens dans la maison, c’est tout ce qui se trouve dans l’Église du Christ : la véritable autorité sacrée pleine de grâce, les saints mystères pleins de grâce, etc.
    Pour vaincre et détruire l’autorité sacrée de l’Église du Christ, il faudrait d’abord lier le Christ lui-même, l’homme fort ; cela ne sera jamais accompli, même par tout le royaume démoniaque avec satan à sa tête. Les suppôts du démon – les sectaires – ne détruiront pas non plus la véritable autorité sacrée.

  3. Avec l’autorité sacrée de l’Église demeure continuellement le Saint-Esprit, car la parole du Sauveur aux saints Apôtres et à leurs successeurs est infaillible : « Je prierai le Père, et il vous donnera un autre Consolateur, pour qu’il demeure avec vous éternellement » (Jn 14, 16). Le Saint-Esprit ne permet ni ne permettra que toute l’autorité sacrée tombe dans l’erreur.

  4. L’Apôtre dit aussi de l’invincibilité du sacerdoce : « Lui (le Christ), parce qu’il demeure éternellement, possède un sacerdoce qui ne passe pas » (He 7, 24) ; et ce sacerdoce non passager du Christ dans l’Église terrestre militante s’est manifesté, se manifeste et se manifestera jusqu’à la fin du monde par l’intermédiaire de saints ministres fidèles.


C. Devoirs de ceux qui exercent l’autorité sacrée dans l’Église

Dans quel but le Christ a-t-il établi l’autorité sacrée dans l’Église ?

L’Apôtre dit que « le Christ Sauveur a établi les uns comme Apôtres, les autres comme prophètes, les autres comme évangélistes, les autres comme pasteurs et docteurs, pour le perfectionnement des saints, pour l’œuvre du ministère, pour l’édification du corps du Christ, jusqu’à ce que nous parvenions tous à l’unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à l’état d’homme parfait, à la mesure de la stature parfaite du Christ. Ainsi nous ne serons plus des enfants, ballottés et emportés à tout vent de doctrine, par la tromperie des hommes, par leur habileté à entraîner dans l’erreur. Mais, professant la vérité dans la charité, nous croîtrons à tous égards en celui qui est la tête, le Christ. C’est de lui que tout le corps, bien ajusté et uni par toutes les jointures qui le desservent, selon l’activité propre à chaque membre, tire son accroissement pour s’édifier lui-même dans la charité » (Ep 4, 11-16).

Ainsi donc, ceux qui exercent l’autorité sacrée enseignent aux fidèles les vérités de Dieu, leur communiquent la grâce divine, les dirigent, et par tout cela conduisent les fidèles à la perfection.

D’où voit-on que l’enseignement dans l’Église appartient à ceux qui exercent l’autorité sacrée ?

Le Christ Sauveur n’a pas dit à tous les fidèles, mais seulement aux Apôtres et à leurs successeurs : « Allez donc, de toutes les nations faites des disciples » (Mt 28, 16.19-20).

C’est « aux onze eux-mêmes » et à leurs successeurs, non à tous les chrétiens, que le Seigneur a dit « allez par tout le monde, proclamez l’Évangile à toute la création » (Mc 16, 14-15)« et apprenez aux croyants à garder tout ce que je vous ai prescrit » (Mt 28, 20).

Pour la prédication et l’enseignement, le Seigneur a lui-même établi des personnes particulières (c’est-à-dire qu’il a décrété qu’il y aurait des personnes particulières) : « Il a établi les uns comme Apôtres… les autres comme pasteurs et docteurs » (Ep 4, 11).

Comment se fait-il que les sectaires disent que tous, eux et les hommes en général, ont reçu du Seigneur l’ordre et le droit de prêcher ?

Les sectaires disent cela par erreur, et ils s’égarent par envie envers les personnes qui, dans l’Église, exercent l’autorité sacrée et ont le droit de prêcher et d’enseigner.

L’Apôtre Paul ne pense pas comme les sectaires. Il demande : « Tous sont-ils Apôtres ? Tous sont-ils prophètes ? Tous sont-ils docteurs ? » (1 Co 12, 29).

Pour prêcher et enseigner, il faut en avoir le droit et la mission : « Comment prêcheront-ils, s’ils ne sont envoyés ? » (Rm 10, 15)« Nul ne s’attribue cette dignité, s’il n’y est appelé par Dieu, comme Aaron » (He 5, 4).

Les sectaires, se mêlant de ce qui ne les regarde pas – la prédication – sont plus coupables que les anciens usurpateurs Coré, Dathan et Abiram avec leurs complices (Nb 16, 10).

D’où voit-on que le soin de célébrer les saints mystères n’a été confié qu’à ceux qui exercent l’autorité sacrée ?

Le Seigneur, envoyant les Apôtres prêcher, ne leur confia à eux, ainsi qu’à leurs remplaçants et successeurs, que le soin de célébrer le mystère du baptême (Mt 28, 19). Ainsi fut-il effectivement (Ac 8, 38 ; 1 Co 1, 14.16 ; Ac 10, 48). Ensuite, seuls les Apôtres faisaient descendre le Saint-Esprit sur les baptisés ; les simples fidèles ne pouvaient le faire. Et « Simon, voyant que l’Esprit était donné par l’imposition des mains des Apôtres, leur offrit de l’argent » pour acheter ce pouvoir, mais il en fut condamné (Ac 8, 18-24). Or les sectaires se sont arrogé ce droit et se rendent plus coupables que Simon, car celui-ci voulait l’acheter avec de l’argent, tandis que les sectaires ont osé en quelque sorte voler le droit de célébrer les saints mystères aux personnes qui exercent l’autorité sacrée dans l’Église.

En outre, l’Apôtre Jacques dit que pour célébrer le mystère de l’onction des malades, il faut appeler « les prêtres de l’Église » (Jc 5, 14).

Ceux qui exercent l’autorité sacrée président dans l’Église (1 Th 5, 12) et célèbrent le mystère de l’Eucharistie, c’est-à-dire le mystère du Corps et du Sang du Christ (Lc 22, 12 ; cf. 1 Co 11, 24-25).

Quelle œuvre particulièrement élevée le Seigneur a-t-Il confiée aux évêques et aux prêtres qui exercent l’autorité sacrée ?

Le Seigneur leur a confié le pouvoir de remettre les péchés aux fidèles. Le Sauveur a dit aux Apôtres et à leurs successeurs : « En vérité, je vous dis : tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel » (Mt 18, 18). Une autre fois, après sa résurrection, le Seigneur, apparaissant aux Apôtres, souffla sur eux et leur dit : « Recevez l’Esprit-Saint ; ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis ; ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus » (Jn 20, 22-23).

Comment ce commandement du Sauveur est-il exécuté chez les sectaires ?

Il n’est pas exécuté du tout. Personne ne leur remet leurs péchés. Aussi meurent-ils, les malheureux, avec leurs péchés.

D’où voit-on que le droit de gouverner l’Église appartient à ceux qui exercent l’autorité sacrée ?

Le Sauveur lui-même a dit aux Apôtres et à leurs successeurs d’enseigner aux fidèles « à garder tout ce qu’il leur a prescrit » (Mt 28, 20).

Et l’Apôtre Paul disait aux prêtres de l’Église d’Éphèse au sujet de leur devoir de gouverner les fidèles : « Prenez donc garde à vous-mêmes et à tout le troupeau auquel le Saint-Esprit vous a établis comme surveillants pour paître l’Église du Seigneur et de Dieu » (Ac 20, 28). Celui qui paît le troupeau le gouverne évidemment. De même, l’Apôtre Pierre supplie les pasteurs de paître le troupeau de Dieu, et dit aux fidèles : « Vous, les plus jeunes, soyez soumis aux anciens » (1 P 5, 1-5). À l’évêque Timothée, l’Apôtre Paul donne la mission de gouverner l’Église d’Éphèse, en lui apprenant par son épître « comment il faut se conduire dans la maison de Dieu, qui est l’Église du Dieu vivant, la colonne et l’appui de la vérité » (1 Tm 3, 15).


D. Quelle doit être l’attitude de tous envers ceux qui exercent l’autorité sacrée ?

Tous les fidèles doivent-ils nécessairement se soumettre à l’autorité des personnes qui exercent l’autorité sacrée ?

Oui, c’est ce qu’exigeait l’Apôtre Pierre : « Vous, les plus jeunes, soyez soumis aux anciens » (1 P 5, 5). Et l’Apôtre Paul écrit : « Obéissez à vos conducteurs et soyez-leur soumis, car ils veillent sur vos âmes comme devant en rendre compte » (He 13, 17).

Le Sauveur a dit clairement de l’obéissance à ceux qui exercent l’autorité sacrée : « Celui qui vous écoute, c’est moi qu’il écoute ; celui qui vous rejette, c’est moi qu’il rejette ; et celui qui me rejette, rejette celui qui m’a envoyé » (Lc 10, 16).

Que faire de ceux qui ne veulent pas obéir aux personnes qui, dans l’Église, exercent l’autorité sacrée ?

Ceux-là, sur l’ordre du Christ, doivent être exclus de l’Église. « S’il refuse d’écouter même l’Église, dit le Sauveur, qu’il soit pour toi comme un païen et un publicain » (Mt 18, 17).

À qui appartient le droit d’exclure de l’Église ?

Ce droit a été donné aux Apôtres et à leurs successeurs, les évêques.

D’où cela se voit-il ?

Cela se voit par la vie même de l’Église du Christ. L’Apôtre Paul excommuniait de l’Église les pécheurs graves non repentants.

Pour quels péchés l’excommunication de l’Église est-elle admise ?

Pour la déformation de l’enseignement divinement transmis de l’Église et pour les péchés graves contre la morale.

Y a-t-il dans la Sainte Écriture des exemples d’excommunication de l’Église pour déformation de son enseignement ?

Oui. L’Apôtre Paul en excommunia beaucoup pour cela. « Certains, écrit l’Apôtre, ont fait naufrage dans la foi. Tel est Hyménée et Alexandre, que j’ai livrés à satan, afin qu’ils apprennent à ne pas blasphémer » (1 Tm 1, 19-20). Et il faut absolument exclure tels hommes de l’Église, sinon « leur parole rongera comme la gangrène. Tels sont Hyménée et Philète, qui se sont détournés de la vérité en disant que la résurrection est déjà arrivée, et qui renversent la foi de quelques-uns » (2 Tm 2, 17-18).

Qui, selon la Sainte Écriture, fut exclu pour immoralité ?

Le Corinthien incestueux fut excommunié par l’Apôtre Paul (1 Co 5).

Comment s’appelait l’exclusion de l’Église ?

Elle s’appelle anathématisation, c’est-à-dire l’exclusion de la communauté du Christ – l’Église.

D’où ce mot « anathématisation » est-il tiré ?

De la Sainte Écriture. L’Apôtre Paul dit que si quelqu’un « renverse l’Évangile du Christ, qu’il soit anathème » (Ga 1, 6-9).

De nos jours, les évêques de l’Église du Christ excommunient-ils ?

Oui, ils excommunient. C’est ainsi qu’ils ont anathématisé Léon Tolstoï, les « frères » Ivan Koloskov et Dimitri Grigoriev à Moscou, ainsi que beaucoup de ceux qui sont tombés dans l’hérésie du baptisme, de l’adventisme, du latinisme, etc.

Pourquoi n’excommunie-t-on pas tous les ivrognes et les débauchés, puisque l’Apôtre Paul a écrit « de ne pas fréquenter celui qui, tout en se nommant frère, est débauché, ou cupide, ou idolâtre, ou médisant, ou ivrogne, ou rapace » (1 Co 5, 11) ?

On n’excommunie pas tous les ivrognes parce que l’Apôtre lui-même n’excommuniait pas tous les pécheurs graves, mais seulement l’incestueux, et encore jusqu’à son repentir (2 Co 2, 7). Beaucoup de chrétiens de l’Église de Corinthe s’enivraient à leurs agapes (1 Co 11, 21), et pourtant l’Apôtre ne les excommunia pas, il ne les approuva pas simplement (ibid., v. 22). Ainsi aujourd’hui encore, l’Église du Christ n’approuve ni ne loue personne pour ses péchés, mais elle ordonne à tous les orthodoxes : « Détourne-toi du mal et fais le bien » (Ps 33, 15), et les bons chrétiens se détournent par exemple de la fréquentation des ivrognes et des débauchés.

Les laïcs ont-ils le droit d’excommunier de l’Église ?

Personne n’a le droit d’excommunier de l’Église, sauf ceux qui exercent l’autorité sacrée.

Comment faut-il se comporter envers ceux qui exercent l’autorité sacrée dans l’Église ?

L’Apôtre Paul écrit : « Nous vous prions, frères, d’avoir de la considération pour ceux qui travaillent parmi vous, qui vous dirigent dans le Seigneur et qui vous reprennent, et de les entourer d’un amour tout particulier à cause de leur œuvre » (1 Th 5, 12-13).

Comment les sectaires se comportent-ils envers l’autorité sacrée chrétienne véritable (c’est-à-dire orthodoxe) ?

Ils blasphèment contre le sacerdoce chrétien orthodoxe, l’injurient et se moquent de lui.

Quelle sera leur fin de la part du Seigneur pour cette moquerie ?

Le Seigneur a décidé « de réserver les injustes pour les châtier au jour du jugement, surtout ceux qui marchent selon la chair dans le désir de l’impureté, qui méprisent l’autorité, qui sont audacieux et arrogants, et qui ne craignent pas d’insulter les gloires (les puissances célestes) » (2 P 2, 9-10).

Et l’Apôtre Jude dit que, de même que Sodome et Gomorrhe ont péri, « de même, ces visionnaires souillent la chair, méprisent l’autorité et insultent les gloires » (Jude 7-8).

Que dire lorsque les sectaires, dans leurs injures contre l’autorité sacrée chrétienne véritable, se justifient en disant que nos pasteurs ont tels ou tels défauts humains ?

Il faut leur citer l’exemple de l’Apôtre Paul.

Le grand-prêtre juif Ananie était un homme très indigne, et il ordonna illégalement de frapper l’Apôtre Paul à la bouche. L’Apôtre Paul l’appela « muraille blanchie », mais lorsqu’il apprit qu’il était grand-prêtre, il dit : « Je ne savais pas, frères, que ce fût le grand-prêtre ; car il est écrit : Tu ne maudiras pas le chef de ton peuple » (Ac 23, 1-5). Ainsi donc, on ne peut injurier aucune personne exerçant légitimement l’autorité sacrée dans l’Église.

Peut-on prouver aux sectaires que notre autorité sacrée est véritable et légitime ?

Oui, car le véritable sacerdoce doit venir sans interruption et par succession des saints Apôtres – et tel est précisément notre sacerdoce orthodoxe.

Notre sacerdoce vient-il réellement sans interruption des saints Apôtres ?

Dans l’Église du Christ, l’Église orthodoxe, il existe des listes d’évêques qui viennent sans interruption des saints Apôtres. Une liste des évêques de l’Église russe et grecque est jointe ci-dessous pour convaincre tous de la continuité de notre sacerdoce depuis le temps des Apôtres.

Par quoi les sectaires expliquent-ils leur non-reconnaissance de l’autorité sacrée orthodoxe ?

Les sectaires disent que nos pasteurs sont pécheurs, et c’est pourquoi ils ne les reconnaissent pas.

Que répondre à cela aux sectaires ?

Il faut faire comprendre à ces orgueilleux que nul homme sur terre n’est sans péché, car, comme dit l’Apôtre Jacques, « nous bronchons tous de bien des manières » (Jc 3, 2). Et l’Apôtre Jean écrit : « Si nous disons que nous n’avons pas de péché, nous nous séduisons nous-mêmes, et la vérité n’est pas en nous » (1 Jn 1, 8). Il serait certes bien agréable que nos prêtres fussent des anges saints, mais le Seigneur a décidé que sa grâce agirait dans l’Église par des hommes pécheurs.

Les péchés des pasteurs anéantissent-ils la grâce du sacerdoce ?

Non, ils ne l’anéantissent pas, car si la grâce était anéantie par les péchés, il n’y aurait alors aucun sacerdoce légitime, puisqu’il n’y a pas un seul homme sans péché. Judas était, selon l’évangéliste, un voleur (Jn 12, 6) ; pourtant le Seigneur l’envoya aussi prêcher, et il fit des miracles en son nom (Mt 10, 1-4). L’Apôtre Paul et Barnabas se disputèrent (Ac 15, 37-41), mais ce péché ne les priva pas de la grâce du sacerdoce.

L’Apôtre Pierre et Barnabas « dissimulaient, et lorsque Paul vit qu’ils ne marchaient pas droit selon la vérité de l’Évangile, il reprit Pierre ». Cependant, Pierre et Barnabas, bien qu’ayant péché, ne furent pas privés de la grâce du sacerdoce (Ga 2, 9-14).

On sait aussi que beaucoup de pasteurs contemporains de l’Apôtre Paul étaient cupides ; c’est pourquoi, envoyant l’évêque Timothée aux Philippiens, Paul dit : « Je n’ai personne ici d’un esprit aussi sincère que lui pour se dévouer à votre service ; car tous cherchent leurs propres intérêts, et non ceux de Jésus-Christ » (Ph 2, 20-21). Cependant, les pasteurs de l’époque, qui souffraient de la maladie de la cupidité, ne furent pas privés de la grâce du sacerdoce. Nos pasteurs non plus ne sont pas privés de la grâce du sacerdoce parce qu’ils ont des défauts humains.

Quelles autres accusations les sectaires portent-ils contre nos pasteurs ?

Les sectaires accusent nos pasteurs de recevoir une rétribution pour la célébration des offices.

Cette accusation est-elle fondée ?

Non, elle ne l’est pas, car une rémunération pour les offices a toujours existé dans le christianisme.

Le Christ Sauveur et les Apôtres avaient « une bourse », et les donateurs « y mettaient leurs offrandes » (Jn 12, 6). Beaucoup de femmes servaient aussi le Christ Sauveur avec leurs biens (Lc 8, 3). L’Apôtre Paul enseignait : « Que celui qui reçoit l’instruction dans la parole fasse part de tous ses biens à celui qui l’instruit » (Ga 6, 6). Ailleurs, il écrit : « Voici ma défense contre ceux qui m’accusent. N’avons-nous pas le droit de manger et de boire ?… Suis-je le seul, et Barnabas, à n’avoir pas le droit de ne pas travailler ? Quel soldat jamais sert à ses propres frais ? Qui plante une vigne et n’en mange pas le fruit ? Qui paît un troupeau et ne se nourrit pas du lait du troupeau ? Est-ce que je dis cela selon la pensée des hommes ? La loi ne dit-elle pas aussi la même chose ? Car il est écrit dans la loi de Moïse : Tu n’emmuselleras pas le bœuf qui foule le grain (Dt 25, 4). Est-ce des bœufs que Dieu se soucie ? Ou bien est-ce pour nous qu’il le dit ? Oui, c’est pour nous qu’il a été écrit, car celui qui laboure doit labourer avec espérance, et celui qui foule le grain doit fouler avec l’espérance d’y avoir part. Si nous avons semé parmi vous les biens spirituels, est-ce une grande chose si nous moissonnons vos biens temporels ? Si d’autres jouissent de ce droit sur vous, ne le méritons-nous pas davantage ? Cependant nous n’avons pas usé de ce droit, mais nous supportons tout, pour ne pas créer d’obstacle à l’Évangile du Christ. Ne savez-vous pas que ceux qui s’occupent des choses sacrées mangent ce qui vient du temple, que ceux qui servent l’autel ont part à l’autel ? De même aussi le Seigneur a ordonné à ceux qui annoncent l’Évangile de vivre de l’Évangile » (1 Co 9, 3-4.6-14).

Comment les sectaires justifient-ils l’absence chez eux de la charge pastorale ?

Les sectaires citent d’ordinaire les paroles de l’Apôtre Pierre aux chrétiens : « Vous-mêmes, comme des pierres vivantes, édifiez-vous pour former une maison spirituelle, un saint sacerdoce, afin d’offrir des sacrifices spirituels agréables à Dieu par Jésus-Christ… Vous êtes une race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple acquis… » (1 P 2, 5.9) ; cf. Ap 1, 6.

Que répondre à cette justification des sectaires ?

Ces paroles de l’Apôtre Pierre et de l’Apocalypse furent dites déjà aux Israélites de l’Ancien Testament (Ex 19, 6) ; cependant, le sacerdoce de l’Ancien Testament ne fut nullement aboli par ces paroles. Il existait alors des hommes semblables à nos sectaires, qui voulaient abolir le sacerdoce lévitique institué par Dieu. C’étaient Coré, Dathan, Abiram et leurs 250 complices. Ils avaient en vue les paroles du Seigneur aux Israélites sur la sainteté universelle du peuple élu, et ils dirent à Moïse et à Aaron : « C’en est trop ! Toute l’assemblée, tous sont saints, et le Seigneur est au milieu d’eux ! Pourquoi donc vous élevez-vous au-dessus de l’assemblée du Seigneur ? » Et pour cette rébellion, « la terre ouvrit sa bouche et les engloutit, eux et leurs maisons, et tous les hommes de Coré avec tous leurs biens. Ils descendirent vivants dans le séjour des morts, avec tout ce qui leur appartenait ; la terre les recouvrit, et ils périrent du milieu de l’assemblée… Un feu sortit de devant le Seigneur et consuma les deux cent cinquante hommes qui offraient le parfum » (Nb 16, 3.32-33.35) ; lire tout le chapitre.

Les anciens rebelles contre l’autorité sacrée furent aussitôt punis par le Seigneur ; les nôtres, il les a « réservés pour les châtier au jour du jugement » (2 P 2, 9).

Comment prouver aux sectaires qu’ils s’égarent en rejetant les vrais pasteurs ?

Si les sectaires, pour justifier leur rejet des pasteurs, citent (1 P 2, 5.9), il faut leur faire lire le chapitre 5 de la même épître, à partir du verset 1, où l’Apôtre Pierre écrit aux chrétiens : « Je supplie les anciens qui sont parmi vous, moi ancien comme eux, témoin des souffrances du Christ et participant de la gloire qui doit se manifester : paissez le troupeau de Dieu qui est sous votre garde, non par contrainte, mais volontairement ; non pour un gain honteux, mais par dévouement ; non comme dominant sur les héritages du Seigneur, mais en étant les modèles du troupeau. Et lorsque le souverain pasteur paraîtra, vous obtiendrez la couronne de gloire qui ne se flétrit pas » (1 P 5, 1-4). Si donc des pasteurs existaient au temps de l’Apôtre Pierre, ils doivent exister aussi chez nous ; or les sectaires, ayant rejeté les pasteurs, n’appartiennent pas au troupeau de Dieu, et le Seigneur Christ n’a pas de bienveillance pour eux ni pour ceux qui chancellent dans la foi (He 10, 38).


Liste des hiérarques (succession apostolique)

La liste ci-dessous montre la succession ininterrompue des évêques depuis l’Apôtre André jusqu’au début du XXe siècle. Cette chaîne n’a pas été interrompue, même par les persécutions du XXe siècle.

HiérarqueDate d’entrée
1André le Premier-Appelé, Apôtre36
2Stachys, disciple du Christ (31 oct.)37
3Onésime53
4Polycarpe67
5Plutarque84
6Sédécias101
7Diomène110
8Éleuthère125
9Félix (15 avril)132
10Athénogène137
11Euzoïus141
12Laurent157
13Alypios168
14Pertinax182
15Olympios201
16Marc212
17Cyriaque I225
18Castinus241
19Tite (4 juillet)248
20Domitien283
21Probe308
22Métrophane I320
23Alexandre I (30 août)330
24Paul I (Confesseur)353
25Eusèbe353
26Paul I (2e fois)355
27Macédonios (arien)355
28Paul I (3e fois)355
29Macédonios (2e fois)356
30Paul I (4e fois)359
31Macédonios (3e fois)359
32Eudoxe360
33Évagre371
34Dimophile (hérétique)371
35Grégoire I le Théologien379
36Nectaire I (11 oct.)381
37Jean I Chrysostome391
38Arsace404
39Atticus406
40Sisinnios I425
41Nestorius (hérétique)428
42Maximien431
43Proclus (24 oct.)434
44Flavien446
45Anatolios (31 juil.)449
46Gennade I458
47Acace471
48Fravitas (hérétique)491
49Euthyme I492
50Macédonios II496
51Timothée511
52Jean II le Cappadocien517
53Épiphane520
54Anthime (hérétique)535
55Minas537
56Eutychios552
57Jean III565
58Eutychios (2e fois)577
59Jean IV le Jeûneur582
60Cyriaque II595
61Thomas I606
62Serge I610
63Pyrrhus I629
64Paul II641
65Pyrrhus (2e fois)645
66Pierre (hérétique)655
67Thomas II Pogonat667
68Jean V669
69Constantin I674
70Théodore I676
71Georges de Chypre678
72Théodore I (2e fois)683
73Paul III686
74Callinicos I693
75Cyrus705
76Jean VI711
77Germain I (3 mai)714
78Anastase (iconoclaste)730
79Constantin II754
80Nicétas Castrat766
81Paul IV780
82Taraise785
83Nicéphore I (2 juin)806
84Théodore (iconoclaste)815
85Antoine I (iconoclaste)821
86Jean VII Syncelle832
87Méthode I (Confesseur)842
88Ignace846
89Photios858
90Ignace (2e fois)867
91Photios (2e fois)877
92Étienne I Porphyrogénète886
93Antoine II893
94Nicolas I le Mystique895
95Euthyme I Syncelle906
96Nicolas I (2e fois)911
97Étienne II925
98Tryphon928
99Théophylacte933
100Polyeucte (6 fév.)956
101Basile I Scamandrin970
102Antoine III Studite974
103Nicolas II Chrysobergès984–996

Le patriarche Nicolas Chrysoberg a nommé le premier métropolite de Kiev :

  • Michel I (988–991)
  • Léon I (991–1007)
  • Jean I (1008–1035)
  • Theophempte (1035–1049)
  • Cyrille I (1050–)
  • Hilarion (1051–1054)
  • Ephrem I (1055–)
  • Georges I (1067–1077)
  • Jean II (1077–1089)
  • Jonas III (1089–1091)
  • Ephrem II (1092–1097)
  • Nicolas (1097–1102)
  • Nicéphore I (1103–1121)
  • Nikita (1122–1126)
  • Michel II (1127–1145)
  • Clément de Smoliatitch (1147–1154)
  • Constantin I (1155–1159)
  • Théodore (1161–1163)
  • Jean IV (1164–1166)
  • Constantin II (1167–1177)
  • Nicéphore II (1182–1198)
  • Gabriel (1198–)
  • Denys (–)
  • Mathieu (–)
  • Cyrille II (–)
  • Joseph I (–)
  • Cyrille III (1281)
  • Maxime (1283–1305)
  • Pierre (1308–1326)
  • Théognoste (1328–1353)
  • Alexis (1350–1378)
  • Pimen (1380–)
  • Cyprien (–)
  • Denys (–)
  • Photius (–)
  • Isidore (–)
  • Jonas I (1461)

Métropolites en Galicie :

  • Théodorite (1345–1354)
  • Roman (1354–1362)
  • Cyprien (à Vilna) (1376–1390)
  • Grégoire (à Smolensk) (1415–1419)
  • Gérasime (1433–1435)

Métropolites de Kiev et de toute la Russie :

  • Grégoire II (1458–1473)
  • Misail (1474–1480)

De Galicie et de toute la Russie :

  • Siméon (1481–1488)
  • Jonas II (1492–1494)
  • Macaire I (1495–1497)
  • Joseph II (jusqu’en 1503)
  • Jonas III (1503–1507)
  • Joseph III (1509–1521)
  • Joseph IV (1523–1534)
  • Macaire IV (1535–1556)
  • Sylvestre (1556–1567)
  • Jonas (1577–1579)
  • Onisiphore (1583–1588)
  • Michel (1588–1596)
  • Job Borétski (1620–1631)
  • Isaïe (1631–1633)
  • Pierre (1633–1647)
  • Sylvestre (1649–1657)
  • Denys (1658–1663)
  • Joseph (1663–1676)
  • Antoine (1676–1679)
  • Gédéon (1685–1690)
  • Varlaam (1690–1707)
  • Joasaph (1708–1718)
  • Varlaam (1722–1730)
  • Raphaël (1731–1747)
  • Timothée (1748–1757)
  • Arsène (1757–1770)
  • Gabriel (1770–1783)
  • Samuel (1783–1796)
  • Irophée (1796–1799)
  • Gabriel (1799–1803)
  • Sérapion (1803–1822)
  • Eugène (1822–1837)
  • Philareth (1837–1857)
  • Isidore (1858–1860)
  • Arsène (1860–1876)
  • Philothée (1876–1882)
  • Platon (1882–1891)
  • Ioannikios (1891)
  • Théognoste (1900)
  • Flavien (1903)

Note : L’ouvrage est de 1910, c’est pourquoi la liste s’arrête à 1903. Mais il faut savoir que la succession apostolique n’a pu être détruite, même par la tempête de l’agitation satanique de 1917–1940. Même pendant toute la période d’existence du pouvoir athée en URSS, la chaîne des évêques n’a pas été interrompue.


Source : Dobroe Ispovedanie (La Bonne Confession), Catéchisme orthodoxe anti-sectaire, N. Varjanski, réédition de l’édition de 1910, Moscou, Blagovest, 1998, 350 p.

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