Qu’appelons-nous monachisme ?
Le monachisme est le combat chrétien d’une vie sans mariage, ayant pour but d’observer la continence chaste et de parcourir la vie terrestre, de se perfectionner et d’atteindre le salut d’une manière plus aisée que dans le mariage.
Quelle est l’attitude de l’Église envers ceux qui désirent mener une vie monastique ?
L’Église bénit ce combat par un sacrement particulier et demande pour celui qui reçoit le monachisme la grâce de Dieu, qui l’aide à accomplir avec succès ce combat du perfectionnement chrétien.
Comment doit-on considérer le monachisme ?
On doit considérer le monachisme comme un combat élevé, glorifié par Dieu. Déjà dans l’Ancien Testament, le Seigneur a parlé de la glorification de la vie monastique. Nous lisons chez le prophète Isaïe : « Car ainsi parle le Seigneur aux eunuques : Ceux qui observent mes sabbats, qui choisissent ce qui me plaît et qui s’attachent fermement à mon alliance, je leur donnerai dans ma maison et dans mes murs une place et un nom préférables à des fils et à des filles ; je leur donnerai un nom éternel qui ne périra pas » (Is 56, 4-5). Par « eunuques », il faut entendre ici les moines qui observent la chasteté, qui, à l’instar des eunuques, ne mènent pas une vie conjugale et qui, de surcroît, comme le Seigneur l’a prédit, « choisissent ce qui lui plaît », c’est-à-dire prononcent les vœux agréables à Dieu, et « s’attachent fermement à son alliance ».
Quelle a été l’attitude du Sauveur envers le combat du monachisme ?
Le Précurseur du Seigneur vécut comme les moines ascètes et fut magnifié par le Sauveur. Le Christ Sauveur lui-même a béni et sanctifié la vie sans mariage, la vie monastique, par son divin exemple, et dans son enseignement, il a reconnu que la vie monastique est agréable à Dieu.
Par quelles paroles le Seigneur a-t-Il reconnu le monachisme ?
Lorsque le Seigneur parlait de la difficulté de mener la vie chrétienne dans le mariage, « ses disciples lui dirent : Si telle est la condition de l’homme par rapport à la femme, il n’est pas avantageux de se marier. Il leur répondit : Ce n’est pas tout le monde qui comprend cette parole, mais seulement ceux à qui cela est donné. Car il y a des eunuques qui le sont dès le ventre de leur mère ; il y en a qui le sont devenus par les hommes ; et il y en a qui se sont rendus tels eux-mêmes à cause du royaume des cieux. Que celui qui peut comprendre, comprenne » (Mt 19, 10-12).
Pourquoi le Seigneur les a-t-Il appelés « eunuques » ?
Parce que, lorsque Dieu, dans l’Ancien Testament, prophétisait la glorification de la vie monastique, il appela les moines eunuques, c’est-à-dire castrés. En conséquence, le Sauveur appelle également eunuques les personnes qui mènent une vie sans mariage, une vie monastique.
Ne peut-on pas comprendre les paroles du Sauveur sur les « eunuques » comme le font les sectaires skoptzy, qui se castrent les organes génitaux ?
Non, on ne le peut pas, car si l’on comprenait les paroles du Sauveur comme les comprennent les skoptzy, c’est-à-dire au sens littéral et non figuré, alors, pour se délivrer des autres péchés, il faudrait aussi détruire d’autres organes du corps humain, par exemple les mains, les pieds, les yeux et autres, car il est écrit dans l’Écriture : « Si ta main ou ton pied est pour toi une occasion de chute, coupe-les et jette-les loin de toi ; mieux vaut pour toi entrer dans la vie estropié ou boiteux, que d’être jeté avec deux mains ou deux pieds dans le feu éternel. Et si ton œil est pour toi une occasion de chute, arrache-le et jette-le loin de toi ; mieux vaut pour toi entrer dans la vie borgne, que d’être jeté avec deux yeux dans la géhenne du feu » (Mt 18, 8-9). Cependant, ni les mains, ni les pieds, ni les yeux, même les skoptzy eux-mêmes ne les « jettent loin d’eux », bien que très souvent ceux-ci pèchent beaucoup par eux.
Ne peut-on pas tuer en soi la passion de la luxure d’un seul coup, comme les skoptzy, c’est-à-dire par l’ablation des organes génitaux ?
On ne le peut pas, car le péché de luxure, comme les autres péchés, dépend de l’âme pécheresse. C’est ainsi que le Sauveur l’a expliqué : « C’est du cœur, dit le Seigneur, que viennent les mauvaises pensées, les meurtres, les adultères, les impudicités, les vols, les faux témoignages, les calomnies » (Mt 15, 19). Et en effet, les skoptzy repentants avouent toujours qu’après la castration, la pensée impudique ne les quitte presque jamais, et qu’ils sont presque constamment distraits par des pensées luxurieuses. Cela vient de ce que les skoptzy ne tuent pas le péché lui-même, comme le font les moines, mais seulement l’instrument du péché.
Comment donc faut-il comprendre les paroles du Christ Seigneur sur la castration ?
Ces paroles doivent être comprises de manière figurée, spirituellement, comme la mise à mort spirituelle en soi de la passion de la convoitise. C’est ainsi que comprennent les paroles du Sauveur les bons moines. Ils tuent en eux la passion de la convoitise par la prière, par une stricte abstinence et par l’éloignement de la société des femmes.
En quoi la vie monastique est-elle meilleure que la vie conjugale, familiale ?
C’est ce qu’explique l’Apôtre Paul, qui loue la vie monastique : « Je voudrais, dit-il, que vous soyez sans inquiétude. Celui qui n’est pas marié s’inquiète des choses du Seigneur, des moyens de plaire au Seigneur ; tandis que celui qui est marié s’inquiète des choses du monde, des moyens de plaire à sa femme. Il y a une différence entre la femme mariée et la jeune fille : celle qui n’est pas mariée s’inquiète des choses du Seigneur, afin d’être sainte de corps et d’esprit ; tandis que celle qui est mariée s’inquiète des choses du monde, des moyens de plaire à son mari. Je dis cela dans votre propre intérêt, non pour vous prendre au piège, mais pour vous amener à ce qui est bienséant et vous attacher au Seigneur sans partage » (1 Co 7, 32-35).
Qu’enseignaient les Apôtres aux chrétiens au sujet de la vie monastique sans mariage ?
Les premiers chrétiens interrogèrent l’Apôtre Paul à ce sujet, et l’Apôtre répondit : « Ce dont vous m’avez écrit, il est bon pour l’homme de ne pas toucher de femme… Je voudrais que tous les hommes soient comme moi (l’Apôtre Paul était un moine sans mariage) ; mais chacun tient de Dieu un don particulier… l’un d’une manière, l’autre d’une autre. À ceux qui ne sont pas mariés et aux veuves, je dis qu’il leur est bon de rester comme moi. Mais s’ils manquent de maîtrise d’eux-mêmes, qu’ils se marient… Quant aux vierges, je n’ai pas de commandement du Seigneur ; mais je donne un avis, comme ayant reçu du Seigneur la grâce d’être digne de confiance. Je pense donc que, à cause de la détresse présente, il est bon pour un homme de rester comme il est. … Si quelqu’un estime qu’il agit d’une manière inconvenante envers sa fille vierge, si elle dépasse l’âge nubile et qu’il faille ainsi faire, qu’il agisse comme il veut ; il ne pèche pas ; qu’ils se marient. Mais celui qui est ferme dans son cœur, sans y être contraint, qui est maître de sa propre volonté et décide en son cœur de garder sa fille vierge, celui-là fait bien. Ainsi donc, celui qui marie sa fille vierge fait bien ; et celui qui ne la marie pas fait mieux. La femme est liée par la loi tant que son mari est vivant ; mais si le mari meurt, elle est libre de se marier à qui elle veut, seulement dans le Seigneur. Cependant, elle est plus heureuse si elle reste comme elle est, selon mon avis ; et je crois que j’ai, moi aussi, l’Esprit de Dieu » (1 Co 7, 1-2.7-9.25-26.36-40).
Par quoi le Seigneur a-t-Il prouvé la haute dignité du combat monastique ?
Par le fait que dans son Église, Dieu a glorifié, après les martyrs, le plus grand nombre de personnes ayant porté le combat du monachisme, comme le Seigneur l’avait prédit (Is 56, 5).
Ne vaut-il pas mieux, sans se marier, vivre aussi sans le combat monastique ?
Non, ce n’est pas mieux, car sans la prière pleine de grâce de l’Église et sans les combats, une personne non mariée sera loin du perfectionnement chrétien et cherchera toutes sortes de vaines distractions coupables.
Source : Dobroe Ispovedanie (La Bonne Confession), Catéchisme orthodoxe anti-sectaire, N. Varjanski, réédition de l’édition de 1910, Moscou, Blagovest, 1998, 350 p.