Qu’est-ce que le signe de la croix ?
Le signe de la croix est un mystère de grâce (1 P 2, 9 ; Ap 1, 6 ; Ph 2, 13), accompli par tout chrétien au nom de la sainte Trinité vivifiante, en traçant de la main la croix du Seigneur. Le signe de la croix anéantit la force et l’action des démons et affermit les chrétiens dans la vertu par la grâce.
Y eut-il des prophéties sur le signe de la croix dans l’Ancien Testament ?
Oui. Le Seigneur dit par le prophète Isaïe : « Je viendrai rassembler toutes les nations et toutes les langues ; elles viendront et verront ma gloire. Et je mettrai un signe sur eux » (Is 66, 18-19). Et le Seigneur dit au prophète Ézéchiel : « Passe au milieu de la ville, au milieu de Jérusalem, et trace un signe sur les fronts des hommes qui gémissent et qui soupirent à cause de toutes les abominations qui se commettent au milieu d’elle » (Ez 9, 4). Dans les textes grec (Septante) et hébreu, il est dit : « trace un tav », cette lettre ayant dans l’écriture hébraïque ancienne la forme d’une croix.
Le psalmiste aussi demandait au Seigneur : « Fais-moi voir un signe en ta faveur ; que ceux qui me haïssent le voient et soient confus » (Ps 85, 17).
Les croyants ont-ils réellement reçu le signe de la croix qui avait été prédit ?
Oui. Nous lisons dans l’Apocalypse de Jean le Théologien : « Je vis un autre ange qui montait du côté du soleil levant, et qui tenait le sceau du Dieu vivant. Il cria d’une voix forte aux quatre anges à qui il avait été donné de faire du mal à la terre et à la mer : Ne faites pas de mal à la terre, ni à la mer, ni aux arbres, jusqu’à ce que nous ayons marqué du sceau le front des serviteurs de notre Dieu. Et j’entendis le nombre de ceux qui avaient été marqués du sceau : cent quarante-quatre mille, de toutes les tribus des fils d’Israël » (Ap 7, 2-4).
Ailleurs, le Voyant céleste dit : « Je regardai, et voici que l’Agneau se tenait sur la montagne de Sion, et avec lui cent quarante-quatre mille, qui avaient son nom et le nom de son Père écrits sur leurs fronts » (Ap 14, 1). Il est clair que les enfants de Dieu portent sur leurs fronts le nom de la sainte Trinité, et que ces enfants sont ceux qui s’abritent orthodoxement derrière le signe de la croix.
Les sectaires reconnaissent-ils le signe de la croix ?
Non, ils ne le reconnaissent pas. Ils sont les suppôts et les disciples du diable, et c’est pourquoi ils haïssent le signe de la croix et le craignent. Pour se justifier, ils citent l’Écriture et disent avec l’Apôtre Paul que Dieu « n’a pas besoin d’être servi par des mains humaines » (Ac 17, 25). C’est pourquoi, concluent-ils, il ne faut pas prier avec les mains.
Que faut-il expliquer aux sectaires ?
Si l’on comprenait l’Écriture comme le font les sectaires, alors l’Évangile lui-même ne serait pas nécessaire, car il a été écrit par des mains humaines. Dans Ac 17, 25, il s’agit seulement de ce que l’homme, par ses mains, ne peut rien ajouter à Dieu, car Dieu n’a besoin de rien. Or nous faisons le signe de la croix non pas pour l’utilité de Dieu, mais pour la nôtre, précisément pour nous rendre dignes devant Dieu, en glorifiant la sainte Trinité également par nos mains. Si l’on ne peut pas louer Dieu avec les mains, pourquoi l’Apôtre Paul a-t-il écrit : « Je veux donc qu’en tout lieu les hommes prient, en élevant des mains pures, sans colère ni disputes » (1 Tm 2, 8) ? Si les mains ne doivent pas participer à la prière chrétienne, l’Apôtre Paul n’aurait pas écrit cela.
Le Sauveur guérit la femme qui souffrait d’hémorragie (*Lc 8, 43-48*). Près du Sauveur et de la femme se trouve l’Apôtre Pierre (Lc 8, 45). Sur les icônes anciennes, les mains du Sauveur et de l’Apôtre sont disposées pour le signe de la croix. C’est l’image chrétienne la plus ancienne, réalisée environ deux cents à deux cent cinquante ans après l’Ascension du Seigneur. Comment les sectaires peuvent-ils dire que les chrétiens des premiers temps n’avaient pas le signe de la croix ?
Y a-t-il des preuves que le signe de la croix existe chez les chrétiens depuis une haute antiquité ?
Oui. Sur les icônes les plus anciennes des premiers siècles, qui se trouvent dans les catacombes romaines, les Apôtres et le Sauveur sont représentés avec les doigts disposés pour faire le signe de la croix et pour bénir. Cette tradition remonte aux temps apostoliques et a été conservée fidèlement par l’Église orthodoxe jusqu’à nos jours.
Source : Dobroe Ispovedanie (La Bonne Confession), Catéchisme orthodoxe anti-sectaire, N. Varjanski, réédition de l’édition de 1910, Moscou, Blagovest, 1998, 350 p.