Comment se nomme la véritable Église ?
L’Église orthodoxe du Christ est appelée l’Église Universelle (Sainte Église apostolique conciliaire).
Que signifie ce nom ?
Il signifie que l’Église orthodoxe du Christ est unique dans l’univers entier, pour le monde entier, et qu’il n’y a et ne peut y avoir d’autre véritable Église.
Comment se fait-il que, aussi bien dans la Parole de Dieu (Ga 1, 2) que dans tous les livres, on parle de nombreuses Églises, par exemple : l’Église de Jérusalem, d’Antioche, de Constantinople, de Russie, etc. ?
Il s’agit là des Églises locales ou particulières, qui constituent les parties de l’unique Église du Christ, l’Église Universelle.
Le Seigneur exige-t-Il cette unité de tous ?
Le Sauveur a établi une seule Église et Il souhaite que tous soient sauvés en elle seule et qu’ils soient un. Le Seigneur a prié le Père céleste en ces termes : « Ce n’est pas pour eux seulement que je prie, mais aussi pour ceux qui croiront en moi par leur parole, afin que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et comme je suis en toi, afin qu'eux aussi soient un en nous, ... » (Jn 17, 20-21).
Les nombreuses sectes, qui veulent elles aussi s’appeler « véritables Églises », ne nuisent-elles pas à l’unité de l’Église Universelle ?
Non, elles ne nuisent pas à l’unité de l’Église Universelle Orthodoxe, car ce ne sont ni le Seigneur Christ ni les saints Apôtres qui ont fondé les sectes. Celui qui connaît les cœurs savait que l’orgueil humain ferait obstacle à cette unité ; le Seigneur a prévu que beaucoup mépriseraient sa sainte communauté, c’est-à-dire l’Église orthodoxe, et se mettraient à créer et organiser leurs propres communautés, avec leurs propres règles, non celles du Christ.
Quelles prédictions avons-nous concernant de tels hommes ?
Le Seigneur Lui-même les a prédits et a mis en garde les croyants contre eux. « Prenez garde, dit-Il, que personne ne vous égare. Car beaucoup viendront sous mon nom, et diront : “C’est moi le Christ”, et ils égareront beaucoup de gens » (Mt 24, 4-5).
« Alors, si quelqu’un vous dit : “Voici, le Christ est ici”, ou “Il est là”, ne le croyez pas. Car il s’élèvera de faux christs et de faux prophètes ; ils feront de grands signes et des prodiges au point d’égarer, si possible, même les élus. Voici que je vous l’ai annoncé d’avance » (Mt 24, 23-25 ; cf. Jn 10, 1-16).
Le Christ est la Tête de l’Église orthodoxe, « le Prince des pasteurs » de son troupeau (1 P 5, 1-6). Celui qui n’est pas dans l’Église orthodoxe n’est pas dans le troupeau du Christ, n’est pas une brebis du Christ.
Les instigateurs de nouvelles religions emmènent les brebis loin du Christ et les entraînent derrière eux ; tous ceux qui sont partis ont pour pasteurs, non pas le Christ, mais de fiers adversaires de l’Église et des usurpateurs. Ils sont dirigés par le chef de la rébellion, le diable, et ses serviteurs.
Voyez ce que font les adversaires de la vraie foi orthodoxe ! (Jn 10, 10)
L’Esprit Saint parle encore plus clairement de ces instigateurs de nouvelles religions et de ces organisateurs de nouvelles communautés religieuses par la bouche des Apôtres :
L’Apôtre Paul dit aux évêques d’Éphèse : « Je sais qu’après mon départ, il s’introduira parmi vous des loups redoutables qui n’épargneront pas le troupeau, et que du milieu de vous-mêmes il surgira des hommes qui tiendront des discours pervers pour entraîner les disciples à leur suite » (Ac 20, 28-30).
« Je vous exhorte, frères, à prendre garde à ceux qui causent des divisions et des scandales, contrairement à l’enseignement que vous avez reçu. Éloignez-vous d’eux. Car de tels hommes ne servent pas notre Seigneur Jésus-Christ, mais leur propre ventre, et, par des paroles douces et flatteuses, ils séduisent les cœurs des simples » (Rm 16, 17-18).
« Il y a eu aussi de faux prophètes dans le peuple, tout comme il y aura chez vous de faux docteurs qui introduiront des hérésies pernicieuses, renieront le Maître qui les a rachetés et attireront sur eux une ruine soudaine. Beaucoup les suivront dans leurs dissolutions, et la voie de la vérité sera calomniée à cause d’eux. Par cupidité, ils trafiqueront de vous avec des paroles trompeuses » (2 P 2, 1-3).
« Ces gens-là sont de faux apôtres, des ouvriers trompeurs, déguisés en apôtres du Christ » (2 Co 11, 13).
Ces hommes, qui veulent établir leurs propres communautés religieuses, sont-ils réellement apparus ?
Ils sont apparus en très grand nombre (lisez sur ces anciens sectaires la 2e épître de Pierre et l’épître de Jude) déjà du temps des Apôtres ; et après les Apôtres, le nombre de ces fiers sectaires n’a fait qu’augmenter. Tels furent Hyménée et Alexandre (1 Tm 1, 20 ; 2 Tm 2, 17-18), les Nicolaïtes (Ap 2, 15). Après eux vinrent les gnostiques, qui mêlèrent le christianisme au paganisme ; les marcionites, qui rejetèrent tout l’Ancien Testament ; les ariens, qui ne reconnaissaient pas le Seigneur Jésus-Christ comme Dieu ; les nestoriens, qui disaient que Jésus était né simple homme et que le Christ Dieu n’était venu habiter en Lui que plus tard ; les monophysites, qui ne reconnaissaient dans le Christ que la seule nature divine ; les monothélites, qui ne reconnaissaient dans le Christ qu’une seule volonté divine, niant la volonté humaine. Beaucoup d’autres sectes ont existé, et d’autres leur ont succédé, qui existent encore aujourd’hui, séduisant les orthodoxes pour les perdre.
Ces sectes nous sont-elles connues ? (en 1910 – note de l’éditeur)
Elles nous sont très bien connues, et pour presque chacune d’elles, on peut dire à quel siècle elle est apparue, qui l’a inventée et quelles fausses doctrines elle professe. Telles sont : le latinisme (catholicisme romain), le luthéranisme, l’anglicanisme, le stundo-baptisme, le pachkovisme, l’adventisme, le tolstoïsme, le khlystisme, la skoptchestvo, le bésednitchestvo, le doukhoborisme, le molokanisme, et beaucoup d’autres.
Qu’est-ce que le Latinisme ?
Le latinisme est l’hérésie papiste. Elle est également appelée foi romaine-catholique.
Le latinisme s’est détaché de l’Église orthodoxe du Christ et comporte de nombreuses hérésies. Ces hérésies ont été admises par les papes, qui ont acquis un grand pouvoir parmi les chrétiens d’Occident. Certaines hérésies existaient dans l’Église romaine locale deux siècles avant la séparation de Rome d’avec l’orthodoxie, mais on n’avait pas excommunié l’Église romaine, dans l’espoir que les chrétiens romains renonceraient à leurs erreurs.
De même que si un homme a un doigt infecté, il ne se rend pas à l’hôpital pour le couper, mais espère toujours que le doigt guérira, – de même l’Église du Christ, l’Église orthodoxe, lorsqu’un de ses membres, une de ses parties – l’Église romaine – fut infectée par une doctrine impure, ne voulut pas d’abord la couper, la séparer, mais espéra la guérir par des avertissements. Cependant, lorsqu’on vit qu’il n’y avait plus d’espoir, de peur que tout le corps ecclésial ne soit infecté, on décida de séparer, de retrancher Rome de l’orthodoxie. Voilà comment Rome se sépara de l’Église orthodoxe en 1054.
À partir de ce moment, dans la religion romaine (papiste), les hérésies n’ont cessé de se multiplier, et elles continuent de se multiplier aujourd’hui et continueront.
Quelles sont les hérésies du Latinisme ?
La première hérésie latine consiste en ce que les papes ont déformé l’enseignement du Christ sur l’Église et perverti l’ordre même de la constitution ecclésiale.
a) L’Église du Christ est fondée sur le Christ comme sur un fondement : « Le Christ est la Tête de l’Église » (Col 1, 18). Ainsi enseigne l’Église orthodoxe ; les catholiques, eux, comprennent que leur Église est fondée sur le pape, et que le pape de Rome est la tête de leur Église.
b) L’orthodoxie croit, selon l’enseignement apostolique, que le Christ a confié sa vérité, son enseignement, à son Église, c’est-à-dire aux croyants en Lui (Jn 17, 14) ; les catholiques enseignent que le Christ a confié sa vérité au pape.
c) Selon la foi du Christ, toutes les règles de vie et l’interprétation de l’enseignement sont décidées par le concile œcuménique ; chez les latins, le pape a autorité même sur le concile.
d) Selon la foi orthodoxe, le Christ a donné sa grâce à tous les saints Apôtres et à leurs successeurs, afin qu’ils transmettent de droit égal les dons de la grâce aux croyants (Mt 28, 18-20 ; Jn 20, 22-23). Les catholiques, eux, comprennent que la grâce de Dieu n’est confiée qu’au pape, et que c’est lui qui, à qui il veut, en confie la distribution.
La deuxième hérésie grave du Latinisme est que, selon eux, le pape, comme tête de l’Église tenant la place du Christ, est infaillible comme Dieu.
La troisième hérésie est la déformation du dogme chrétien sur la Sainte Trinité. Les catholiques croient que l’Esprit Saint procède non seulement du Père, comme le Seigneur l’a enseigné (Jn 15, 26), mais aussi du Fils.
La quatrième hérésie est la déformation de l’enseignement chrétien sur la Mère de Dieu. Selon l’enseignement catholique, la Vierge Marie a été conçue et est née immaculée, c’est-à-dire par l’inspiration de l’Esprit Saint, comme le Seigneur Sauveur lui-même ; alors qu’en réalité, selon l’enseignement de l’Église, elle est née de Joachim et Anne, qui étaient certes des hommes justes, mais non sans péché.
La cinquième hérésie : le pape a privé tous les fidèles laïcs de la communion au Sang du Christ.
La sixième hérésie : le pape n’a pas permis aux prêtres et aux diacres de se marier ; tout le clergé chez eux est célibataire, et lorsqu’ils vivent dans l’impureté, on ferme les yeux.
La septième hérésie : le pape n’a pas permis aux fidèles laïcs de lire la Bible dans leur langue maternelle et compréhensible.
La huitième hérésie : les catholiques ont inventé le purgatoire, c’est-à-dire un état intermédiaire entre l’enfer et le paradis, où les âmes sont temporairement tourmentées, puis accèdent au paradis.
La neuvième hérésie : les papes ont inventé les indulgences, c’est-à-dire des documents vendus à prix d’argent, qui, disent-ils, libèrent les défunts de leurs péchés, si bien que celui qui est riche et n’a pas lésiné sur l’argent pour le pape ne verra pas les tourments de l’enfer.
La dixième hérésie : les papes ont déformé le commandement de la perfection chrétienne. Selon l’enseignement du Christ, la perfection est infinie (Mt 5, 48) ; les latins, eux, comprennent que l’homme peut non seulement accomplir toute la loi, mais encore faire un surplus de bonnes œuvres. Toutes les vertus supplémentaires que les saints latins auraient accomplies vont à la caisse papale, et le pape vend ces vertus aux pécheurs contre de l’argent.
Le Latinisme comporte beaucoup d’autres hérésies (on en compte plus de cinquante) ; nous n’énumérons que les principales.
Qu’est-ce que le Luthéranisme ?
Le Luthéranisme a été inventé par l’Allemand Martin Luther et a commencé au mois d’octobre 1517. Le Luthéranisme est sorti de l’hérésie latine ; il comporte donc encore plus d’hérésies que la religion papiste. Tout l’enseignement luthérien se trouve dans des livres composés par Luther et ses amis. Ces livres sont : 1) La Confession d’Augsbourg, 2) L’Apologie de la Confession d’Augsbourg (ces livres ont été composés par l’ami et collaborateur de Luther, l’Allemand Mélanchthon), 3) Les Articles de Smalkalde (composés par Luther), 4) Ses catéchismes et quelques autres livres. Cette religion n’est pas du tout du Christ, elle a été inventée par des hommes. Elle rejette l’Église du Christ, l’Église orthodoxe, rejette le sacerdoce issu des Apôtres, n’a pas les saints Mystères chrétiens, même la Communion du Corps et du Sang du Christ. Au lieu des saints Mystères chrétiens, les luthériens ont leurs propres prières, inventées par Luther et ses successeurs, très peu semblables aux prières chrétiennes. Les luthériens ne reconnaissent ni la Mère de Dieu, ni les saints Anges, ni les saints ; ils ne les vénèrent pas et ne leur prient pas, parce qu’ils se considèrent eux-mêmes comme des saints.
Les luthériens ne prient pas non plus pour les défunts, car leur amour pour les défunts cesse, contrairement à l’amour chrétien, qui ne cesse jamais (1 Co 13, 8). Du Luthéranisme sont sorties des centaines d’autres religions humaines : le stundo-baptisme, le piétisme ou pachkovisme, l’adventisme, et beaucoup d’autres. Nous parlerons en détail de ces sectes. Dans la suite du catéchisme, toutes les hérésies seront examinées dans la mesure où elles s’opposent à l’enseignement chrétien.
Qu’est-ce que l’Anglicanisme ?
L’hérésie anglicane est apparue en 1539, à l’initiative du roi d’Angleterre Henri VIII. Henri, se vantant d’être sur terre à la place de Dieu, d’être dans son royaume comme l’âme dans le corps, comme le soleil dans le monde, inventa une religion ; le Parlement l’approuva, et tous les Anglais, par ordre royal, abandonnant l’hérésie latine, commencèrent à professer la nouvelle religion royale.
En 1542, cette nouvelle religion fut quelque peu modifiée ; elle fut exposée en 42 articles. Cette hérésie anglicane ressemble au luthéranisme, mais elle a quelque chose d’une hiérarchie ; seulement cette hiérarchie est sans grâce et usurpée.
Qu’est-ce que le Stundo-Baptisme ?
Ces deux sectes sont, dans leur essence, une seule et même chose. Si l’on remarque entre les stundistes et les baptistes quelques différences, elles sont dues aux conditions locales où vivaient les sectaires ; mais notre stundisme russe est issu du baptisme.
Le baptisme apparut juste après le Luthéranisme, en Suisse, en Allemagne, en Hollande et en Angleterre, puis passa bientôt en Amérique. Le baptisme fut inventé par Nicolas Storch avec son compagnon et complice Thomas Münzer en 1521, au moment même où Luther composait les livres sur sa religion. Lorsque les baptistes devinrent nombreux dans divers pays, diverses personnes les organisèrent. En Angleterre, le chef des baptistes fut Roger Williams ; de lui descendent les baptistes anglais et américains. En Allemagne, Simon Mennon soutint cette foi. Mais ses baptistes ne s’appelèrent pas baptistes, ils prirent le nom de ce chef et sont appelés mennonites. En Russie, il y a aussi des mennonites, dans le gouvernement de Tauride.
Le baptisme apparut chez nous en Russie en 1860, venu d’Allemands colons qui vinrent s’installer sur notre terre et, au lieu d’être reconnaissants, se mirent à détourner les Russes de la foi du Christ pour les faire passer à leur hérésie. Pour que cette affaire réussisse mieux, l’étranger donna et donne encore beaucoup d’argent aux colons allemands pour détourner les chrétiens russes de l’orthodoxie.
Le premier instigateur du baptisme en Russie fut Karl Benekämpfer, installé dans la colonie de Rohrbach, gouvernement de Kherson. Il pervertit son ouvrier Mikhaïl Ratouchnyi, puis le paysan Ivan Riabochapka de Liubomirka (gouv. de Kherson). C’est de ces hommes vénaux qu’est issu le baptisme dans le gouvernement de Kherson, mais on l’appelait (et on l’appelle encore) stundisme (du mot allemand Stunde : heure) à cause des heures fixes où les baptistes se réunissaient pour leurs cultes nouvellement inventés.
Du gouvernement de Kherson, le baptisme passa au gouvernement de Kiev, etc., dans toute la Russie, et il est parvenu jusqu’à nous.
Stundistes, baptistes, pachkoviens et mennonites diffèrent peu les uns des autres. Ils n’ont proprement pas de religion définie, car celle-ci change constamment avec le temps. Seule leur attitude envers les dogmes de la foi chrétienne orthodoxe est immuable.
Leurs cultes inventés et leurs règles de vie, ils les remanient sans cesse, mais leur attitude envers l’orthodoxie est invariablement négative, pleine de haine.
Toutes ces sectes utilisent l’Écriture Sainte qu’elles ont dérobée à l’Église et, l’interprétant selon leur invention, elles affirment que la mort de Jésus-Christ au Golgotha a pardonné tous les péchés humains : il suffit de reconnaître cela, et à l’instant même tu n’as plus aucun péché, tu es déjà sauvé, tu ne pèches pas, et tu iras sûrement au paradis. Nul effort de volonté pour les vertus (Lc 16, 16), nuls saints Mystères (Mt 28, 19-20 ; Ac 2, 38) ne sont nécessaires à l’homme, bien que tout cela ait toujours existé dans l’Église du Christ, l’Église orthodoxe, depuis les Apôtres mêmes ; mais pour tous les sectaires énumérés, cela n’est pas nécessaire.
Tous les sectaires actuellement cités pensent que c’est l’Esprit Saint qui les instruit, qu’ils comprennent et agissent parfaitement, mais en réalité ils agissent tous de manière différente et discordante ; il en résulte que l’esprit qui les instruit ne sait pas lui-même comment instruire correctement, et tout chez lui aboutit à des divergences. Certains sectaires, à une époque, exigent le baptême d’eau et la fraction du pain à la place de la communion chrétienne au Corps et au Sang du Christ ; à une autre époque, ils considèrent cela comme non obligatoire ou inutile. D’autres, à un moment, nient la nécessité des prêtres et des diacres, puis, soudain, les instituent… Ainsi tout se fait chez eux selon le bon plaisir humain, et eux-mêmes ne savent jamais vraiment ce qui leur est nécessaire et ce qui ne l’est pas.
Mais en revanche, les sectaires rejettent toujours avec fureur et unanimité l’Église du Christ, l’Église orthodoxe, rejettent son enseignement christique, ne reconnaissent pas la hiérarchie sacerdotale pleine de grâce, issue sans interruption des saints Apôtres et du Christ, se moquent des saints Mystères chrétiens, rejettent la Mère de Dieu, les saints Anges et les saints, ne conduisent pas les enfants au Christ par le baptême, ne prient pas pour les défunts et n’ont pas de sanctuaire matériel.
Les baptistes ne restent pas unis, mais se sont divisés en de nombreuses sectes distinctes. Rien qu’en Amérique, on en compte 14 : Baptistes réguliers, Baptistes réguliers du Nord, Baptistes réguliers du Sud, Baptistes réguliers de couleur, Baptistes des six principes, Baptistes du septième jour, Baptistes du libre arbitre, Baptistes primitifs du libre arbitre, Baptistes généraux, Baptistes séparés, Baptistes unis, Église baptiste du Christ, Baptistes primitifs, Anciens Baptistes des deux principes dans l’âme.
Qu’est-ce que le Pachkovisme ?
Le Pachkovisme est proche du stundo-baptisme, mais au début les pachkoviens permettaient à leurs adeptes de ne pas quitter la confession dont ils les débauchaient. Ils permettaient, comme les khlystes et les skoptzy, à ceux qui les rejoignaient de continuer à aller à l’Église. Mais aujourd’hui, les pachkoviens se sont découverts, et il s’avère qu’ils ne diffèrent guère de la stunde. Les pachkoviens veulent maintenant s’attribuer le nom de « Société des chrétiens évangéliques ». C’est parce qu’ils ont l’Évangile qu’ils se sont approprié, mais bien sûr, ils sont restés pachkoviens. Ils rejettent l’Église du Christ, n’ont pas la Sainte Tradition, ont renoncé aux saints Mystères chrétiens, ne vénèrent ni la Mère de Dieu, ni les saints Anges, ni les saints, mais seulement eux-mêmes ; ne prient pas pour leurs défunts, n’ont pas de sanctuaire matériel. Ils n’ont, pour ceux qui le souhaitent, qu’un bain dans l’eau rappelant le baptême, et une fraction du pain rappelant le Mystère de la Communion. Presque partout maintenant, les pachkoviens s’unissent aux baptistes.
Le Pachkovisme était autrefois connu sous le nom de piétisme et fut inventé par Jacob Spener, mort en 1705. Cette foi fut apportée en Russie par le colonel V. Pachkov, de retour de l’étranger. Il l’avait reçue de l’Anglais Grenville Redstock, l’apporta en Russie et implanta cette funeste hérésie chez nous, la propageant surtout à coups d’argent, dont il avait beaucoup. C’était en 1874.
Qu’est-ce que l’Adventisme ?
L’Adventisme est une secte américaine. L’adventisme fut inventé par William Miller en 1833. Avant d’inventer sa foi, il était baptiste, mais il imagina beaucoup de nouveautés que même les baptistes n’avaient pas imaginées. W. Miller se mit à prouver que le Sauveur viendrait une seconde fois le 22 octobre 1844 (c’est en fait la troisième date fixée par Miller : d’abord le 21 mars 1843, puis le 21 mars 1844 – note Sm.). Tous ceux que Miller avait égarés sortirent ce jour-là sur la montagne pour accueillir le Seigneur ; ils attendirent longtemps, mais ne Le virent pas. Miller, honteux que son invention n’eût pas marché, tomba malade et mourut ; ses disciples se dispersèrent vers d’autres religions humaines. Mais l’invention de Miller ne fut pas perdue : d’autres hommes se trouvèrent pour propager sa folie. Ils vinrent aussi chez nous.
Tous les adventistes, disciples de Miller, ne croient pas de la même manière aujourd’hui. Ils ont prédit de diverses manières la date de la seconde venue du Seigneur : les uns disaient 1913-14 ; d’autres 1922-33 ; d’autres disent encore autre chose.
Après la mort de Miller, les adventistes n’ont pas conservé l’unité, mais se sont divisés en six nouvelles sectes : Adventistes évangéliques, Église des chrétiens adventistes, Adventistes du septième jour, Église de Dieu, Société de la Vie et de la Seconde Venue, Église de Dieu en Jésus-Christ.
Nos adventistes (en Russie) sont ceux du septième jour. Ils sont ainsi nommés parce qu’ils célèbrent, avec les Juifs, le sabbat au lieu du dimanche, comme si le Christ n’était pas ressuscité pour eux. Les adventistes-sabbatistes croyaient que le Christ viendrait bientôt (vers 1913-14) en second avènement, qu’Il emmènerait avec Lui tous les adventistes vivants et les adventistes morts qu’Il ressusciterait ; Il ne prendrait ni ne ressusciterait personne des autres confessions. Les adventistes s’envoleront donc au ciel, tandis que sur terre il n’y aura que le désert, satan seul errant sur la terre déserte. Les adventistes resteront au ciel mille ans exactement. Là, leur dit-on, on leur donnera des livres angéliques, et ils jugeront tous les hommes qu’ils ont connus sur terre. Après le millénium, la Jérusalem céleste descendra du ciel. C’est là que les adventistes descendront avec le Christ. Ce sera la troisième venue du Christ. Lors de la troisième venue, le Christ ressuscitera tous les hommes ; alors le diable rassemblera tous les pécheurs et les poussera à faire la guerre à la Jérusalem céleste, où se trouveront le Christ et les adventistes. L’armée diabolique des pécheurs aura toutes sortes d’armes, canons et munitions militaires, et de nombreux généraux s’avanceront contre le Christ. Mais le Christ les tuera tous par l’esprit de sa bouche, et tous les impies seront anéantis et périront pour toujours ; les adventistes, eux, vivront éternellement dans la Jérusalem céleste, ne mourant jamais, jouissant de la béatitude. Parfois, les adventistes essaient de prouver tous ces contes par l’Écriture Sainte, mais peu croient à ces « fables » (hélas, certains y croient pourtant, selon la parole de l’Apôtre : 2 Tm 4, 4 – note Sm.).
Les adventistes nient l’immortalité de l’âme, n’ont pas de sacerdoce de grâce, baignent leurs convertis dans la rivière à l’instar du baptême chrétien, pratiquent la fraction du pain à l’instar de la communion chrétienne au Corps et au Sang du Christ, jouent de l’harmonium lors de leurs réunions de prière et chantent des cantiques. Pour le reste, ils sont semblables aux baptistes et aux protestants.
Qu’est-ce que le Tolstoïsme ?
Le Tolstoïsme est une doctrine inventée par le comte Léon Tolstoï en 1881. Tolstoï a rejeté le Dieu personnel, la Trinité vivifiante, la Mère de Dieu, les saints Anges et les justes. Il ne reconnaît pas la vie personnelle après la mort. Il considère le Christ Sauveur non pas comme le Dieu-Homme, mais comme un simple homme, comme lui-même ; il rejette Ses miracles, Sa Résurrection et Son Ascension au ciel, rejette la grâce divine, les saints Mystères chrétiens, la sainte Église du Christ et beaucoup d’autres choses. Pour que les gens croient en lui, Tolstoï a déformé et remanié à sa façon l’Évangile du Christ, qu’il a appelé chrétien et non pas sien. Bref, Tolstoï a agi en tout comme le plus effronté des imposteurs ; pour cela, il a été excommunié (ou plutôt, il s’est lui-même excommunié) de l’Église du Christ, du Seigneur Sauveur et du salut (Mt 18, 17 ; 1 Tm 1, 19-20 ; 2 Tm 2, 17-18).
Qu’est-ce que le Khlystisme ?
Le Khlystisme a commencé au XVIIe siècle. Il est né d’un soldat déserteur du gouvernement de Kostroma, district de Iouriev, Danilo Filippovitch. Il décida que toutes les confessions étaient mauvaises et qu’il n’y avait pas de salut par elles. En 1645, après la prière de Danilo, selon le récit des khlystes, le Seigneur Sabaoth Lui-même, entouré des puissances célestes, descendit des cieux sur la montagne Gorodina, près des villages de Mikhaïlitsy et Babino (gouv. de Vladimir), sur Danilo Filippovitch. À partir de ce moment, Danilo Filippovitch devint le vrai Dieu, le Créateur du monde, et inventa pour les hommes sa propre religion. Il appela son disciple, le paysan Ivan Timofeevitch Souslov (du gouv. de Vladimir), « Fils de Dieu ». C’est de ces deux dieux qu’est issu le khlystisme en Russie, qui a perduré jusqu’à nos jours.
Les khlystes croient que Dieu s’incarne continuellement dans les hommes. Dieu s’est incarné en Moïse, en Christ, en Danilo Filippovitch, en Souslov, etc. Les khlystes ne reconnaissent pas l’Écriture Sainte, car parmi eux se trouve toujours un dieu incarné qui donne à ses disciples « la révélation ». C’est pourquoi les khlystes ont toujours des christs-dieux. Ils n’utilisent l’Écriture Sainte que pour attirer les chrétiens dans leur secte. La plupart du temps, ils se guident par les commandements de leur dieu Danilo Filippovitch. Les principaux commandements de Danilo : « Ne buvez pas d’alcool, ne commettez pas le péché de la chair, ne vous mariez pas ; si vous êtes mariés, vivez avec votre femme comme avec une sœur. Que les célibataires ne se marient pas, que les mariés se démarient… Gardez les commandements secrets, ne les révélez ni à votre père ni à votre mère. On vous frappera avec un knout, on vous brûlera par le feu : endurez. Celui qui endure sera fidèle et obtiendra le royaume des cieux ; sur terre, la joie… Croyez à l’Esprit Saint. »
Les khlystes croient que les âmes sont créées par Dieu, les corps par le diable ; que les âmes humaines passent d’un homme à un autre, et même dans des animaux, selon les mérites de la vie. Les âmes passent ainsi jusqu’à ce qu’elles s’incarnent en un khlyste. Après quoi, les âmes deviennent des anges.
Les khlystes nient le mariage, qu’ils considèrent comme une invention du diable ; ils appellent les enfants « petits chiens », « porcelets », « diablotins », « petits péchés ».
Les principales femmes de la secte sont appelées « mères de Dieu », parce qu’elles engendrent spirituellement de vrais chrétiens, c’est-à-dire des khlystes.
Les khlystes ont leurs propres cultes secrets appelés radeniïa (ferveurs). Lors de ces cultes, ils tournoient dans des suaires (chemises) spéciaux jusqu’à perdre conscience, tombent dans une frénésie (état) d’exaltation semblable aux crises des « clamyeuses » (possédées), et finissent souvent par la fornication collective, qu’ils appellent « amour spirituel ».
La secte des khlystes est très répandue (elle l’était avant la révolution en Russie), secrète et très nuisible.
Extérieurement, les khlystes ne se séparent jamais de l’Église orthodoxe. Ils vont à l’église, font semblant d’être pieux, donnent beaucoup, mais tout cela pour détourner l’attention, afin que les gens ne devinent pas leur funeste hérésie.
Qu’est-ce que la Skoptchestvo (secte des castrats) ?
La secte des Skoptzy est issue du khlystisme. Beaucoup de khlystes n’aimaient pas que leur religion comporte beaucoup de débauche ; ils décidèrent donc de purifier leur religion du péché de la chair. Le khlyste Kondrat Selivanov, dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, se fit passer pour le Seigneur Sabaoth, se castra lui-même pour se libérer de la passion charnelle, et se mit à castrer les autres. Il voulait ainsi détruire définitivement la passion charnelle. Beaucoup se confièrent au nouveau Sabaoth. Bientôt, il eut un Fils de Dieu : Alexandre Ivanovitch Chilov. Ces deux dieux castrèrent beaucoup de gens et affermirent solidement leur foi en Russie. Dans leur doctrine, en dehors de la castration, ils sont semblables aux khlystes. (La castration est notée Sm.)
Qu’est-ce que le Bésednitchestvo ?
Le Bésednitchestvo (« secte des entretiens ») est issu de V. N. Chtcheglov, paysan du gouvernement de Simbirsk, dans la première moitié du XIXe siècle. Il s’est particulièrement développé à la fin du XIXe siècle.
Le Bésednitchestvo est un égarement religieux : soudain, un homme se considère lui-même comme un vase particulier de la grâce de Dieu, se fait docteur, se met à prêcher, à faire des miracles imaginaires, etc. Bien qu’il soit ignorant en matière de prédication, il trouve toujours des auditeurs et des admirateurs tout aussi ignorants. Selon la manière dont l’homme tombé dans l’égarement se considère lui-même, il se donne pour un grand prophète, un prédicateur, un ange incarné, ou même pour Dieu et pour le Christ.
Les chefs bésedniks furent tant des hommes que des femmes. Ils s’appelaient « petits oncles », « petites tantes », « abbesses », « vieillards », mais le plus souvent « frérots » et « sœurettes ». Tous se donnaient avant tout pour des dieux incarnés. Tous ceux qui suivaient les bésedniks étaient appelés « spirituels », les autres orthodoxes étaient appelés « mondains ». Les bésedniks interprètent la Parole de Dieu à leur manière, ont leur propre culte, composé par leurs chefs à partir des prières de l’Église, des saints Mystères et de leurs propres cantiques. Leurs chefs bénissent, donnent la main à baiser, oignent d’huile, confessent, prennent une apparence extérieure singulière, imitant les ecclésiastiques. Les bésedniks, comme les khlystes, nient le mariage, ne mangent pas de viande, mais se livrent à la débauche. Les chefs bésedniks ont de nombreuses jeunes « cellérites » avec lesquelles ils vivent, et ils appellent cette cohabitation « amour spirituel ».
Une secte bésednik indépendante, mais semblable à tout le bésednitchestvo, a été fondée en 1894 par le paysan Ivan Tchourikov du village de Alexandrov-Gaï, district de Novoouzensk, gouvernement de Samara. Son hérésie est semblable à tout le bésednitchestvo, mais Tchourikov n’a pas de lien direct avec les autres bésedniks. Tchourikov agit actuellement à Saint-Pétersbourg, et à Moscou il a deux affidés : Ivan Koloskov et Dimitri Grigoriev. (Sur les « frérots », lire la petite brochure : « Contre l’ivresse corporelle et spirituelle ». Il existe aussi une brochure du prêtre E. Kessarev, Samara : « Le Bésednitchestvo comme secte ».)
Qu’est-ce que le Doukhoborisme ?
Le Doukhoborisme apparut vers le XVIIIe siècle. Il apparut d’abord au village de Bolchié Prokhody (gouvernement de Kharkov), puis au village Otchotchié (district de Zmiïev, gouv. de Kharkov). Ce dernier devint le centre du doukhoborisme. De là, il passa au village Nikoliékoïé et se répandit dans tout le gouvernement de Kharkov. Le premier à organiser la société doukhobore fut le paysan Silouan Kolesnikov. Il institua dans la secte un magistère successif. Après lui, ses fils Kirill et Pierre dirigèrent la secte. Ensuite, l’ordre de vie des doukhobores fut longtemps perturbé, jusqu’à ce que le caporal de la garde Saveli Kapoustine prenne la tête de la secte. Son fils Vassili, qui se fit appeler Kalmykov, commença une nouvelle lignée de chefs de secte, que les doukhobores vénéraient presque comme des dieux incarnés.
Au début du XIXe siècle, les doukhobores furent persécutés par le peuple et le gouvernement. Sous le règne d’Alexandre Ier, ils bénéficièrent de grandes facilités, et le gouvernement lui-même se chargea de les protéger contre le peuple orthodoxe, indigné par leur conduite. Les doukhobores furent transférés dans le gouvernement de Tauride, aux Eaux de Molochnaïa. Ils devinrent insolents et se montrèrent capables de tous les crimes. Sous Nicolas Ier, grâce à une enquête minutieuse du gouvernement, les terribles crimes des doukhobores furent découverts, et 8 000 d’entre eux furent déportés en 1842 dans la région du Caucase. Le centre des doukhobores devint le village Goréloïé, surnommé la « Maison des orphelins » ; là habitaient les Kalmykov. Après la mort du dernier Kalmykov, les doukhobores furent dirigés par sa femme Loukeria Vassilievna. Puis la « lignée divine » s’éteignit ; le favori de Loukeria, Vériguine, voulut s’emparer de toutes les affaires, mais les doukhobores se révoltèrent, rejetèrent Vériguine et livrèrent au gouvernement tous les actes criminels de la vie intérieure du doukhoborisme.
Bientôt, les doukhobores adoptèrent les idées anarchistes de L. Tolstoï et devinrent plus tolstoïens que doukhobores, puis émigrèrent au Canada, mais de là, ils aspirent beaucoup à revenir en Russie.
La doctrine des doukhobores est un mélange de christianisme, de paganisme, de panthéisme et d’inventions personnelles. Dieu est pour eux une force impersonnelle indéterminée, vivant dans le monde et inséparable du monde. Dans l’âme de chaque homme vit une parcelle de Dieu, et après la mort de l’homme, elle retourne en Dieu, si bien qu’il n’y a pas d’existence personnelle après la mort.
Le Christ est en tout semblable à nous ; ils ne reconnaissent donc aucune rédemption de sa part. Le Christ, selon les doukhobores, n’est qu’un modèle à imiter dans la vie, et il n’est nullement supérieur à d’autres hommes célèbres. Les doukhobores rejettent l’Église du Christ, ne reconnaissent pas la hiérarchie sacerdotale, rejettent la sanctification de l’homme par la grâce dans les saints Mystères, et n’admettent chez eux aucun rite religieux dans le culte de Dieu. Selon eux, il n’y a ni vie après la mort, ni résurrection des morts, ni jugement, ni rétribution. L’homme ne doit se guider que par sa raison, non par la Bible, qu’ils appellent « la causeuse » (khlopotnitsa) et qu’ils rejettent. Au lieu de la Bible, ils ont la tradition de leurs pères : c’est leur « livre animal » (jivotnaïa kniga). La tradition est conservée dans des psaumes et des sentences isolées, composées d’extraits de l’Ancien et du Nouveau Testament et de leurs propres inventions, souvent très superstitieuses et absurdes. Le « livre animal », ou tradition, n’est pas conservé dans des livres ni chez un individu, mais dans tout leur clan. Chaque mère enseigne son psaume à son enfant, et chacun récite ce qu’il a appris lors de l’assemblée doukhobore.
Qu’est-ce que le Molokanisme ?
Le Molokanisme est issu du doukhoborisme. Chez les doukhobores du gouvernement de Tambov, leur chef était Illarion Pobirokhine, marchand de laine. Il se proclama Fils de Dieu, choisit douze « apôtres » (appelés archanges) et douze anges de mort. Pobirokhine envoyait ces derniers calmer les rebelles et, d’une manière générale, imposer son ordre. La « dignité divine » d’Illarion Pobirokhine mécontenta beaucoup de gens. Son gendre, le paysan Sémion Matveïevitch Oukleïne, du village d’Ouarovo (district de Borissoglebsk, gouvernement de Tambov), en profita. Il commença sa prédication et, avec l’aide d’un autre paysan, Chvetsov, forma une nouvelle secte qui attira de nombreux doukhobores. Oukleïne choisit 70 disciples et entra solennellement dans Tambov pour prêcher sa foi.
Les molokanes, comme les pachkoviens et les baptistes, ne reconnaissent que l’Écriture Sainte, rejettent l’Église et les saints Mystères. Ils interprètent la Parole de Dieu dans un sens spirituel ; leur culte consiste uniquement en la lecture de l’Écriture Sainte – qu’ils interprètent de manière pervertie – et en la chant de psaumes.
Du molokanisme se sont détachées de nombreuses tendances :
La tendance de Tambov (originelle) : on les appelle goubolizy ou pokhotniki (concupiscents), car ils conservent l’ancien rite de baiser entre sexes opposés.
La tendance de Vladimir : semblable à celle de Tambov, mais sans le rite du baiser.
La tendance du Don : ils reconnaissaient la nécessité des rites et des saints Mystères, et instituèrent chez eux tout ce qui ressemble à l’orthodoxie.
La secte des « communs » (obchtchie) : ils voulurent rendre tous les biens communs ; n’y parvenant pas, ils se limitèrent à verser la dîme à une caisse commune.
La secte des « sopouny » (renifleurs) : ils pensent qu’en lisant le psaume 50, au verset « Asperge-moi avec l’hysope », il faut renifler, et que c’est ainsi que descend l’Esprit Saint.
La secte des « sabbatistes » (subbotniki) : ils se distinguent de la tendance de Tambov par la célébration du sabbat au lieu du dimanche.
La secte des sabbatistes‑talmudistes : ils ont adopté le judaïsme avec le Talmud.
La secte des sabbatistes‑karaïtes : ils ne reconnaissent, comme les karaïtes juifs, que le Pentateuque de Moïse.
Outre les sectes énumérées et décrites, il en existe une multitude d’autres, tant anciennes que récentes. On en compte jusqu’à 500. Rien qu’en Amérique, il y a quinze ans, selon les documents officiels américains, il y avait jusqu’à 120 sectes différentes.
Toutes les sectes se donnent pour le vrai christianisme, mais, comme il a été démontré par cette brève description de quelques-unes d’entre elles, elles sont toutes très jeunes, toutes apparues après l’Église orthodoxe du Christ, et toutes inventées par les hommes. Chaque secte a son acte de naissance, et c’est en vain qu’elles trompent les gens en se faisant passer pour des confessions chrétiennes.
Notes
1 Sur le khlystisme, il existe de nombreux ouvrages savants exposant en détail sa doctrine. Par exemple : K. Koutepov, Khlystes et Skoptzy ; V. Barbarine, Le Khlystisme ou secte des chrétiens spirituels – Examen des 12 commandements du fondateur ; Prêtre A. Rojdestvenski, Khlystisme et Skoptchestvo en Russie ; Prot. N. Koutepov, Brève histoire et doctrine des hérésies rationalistes et mystiques russes.
Source : Dobroe Ispovedanie (La Bonne Confession), Catéchisme orthodoxe anti‑sectaire, N. Varjanski, réédition de l’édition de 1910, Moscou, Blagovest, 1998, 350 p.