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Le magistère de l’Église

Table des matières


Où se conserve la vérité de Dieu ?

La vérité de Dieu se conserve dans l’Église orthodoxe du Christ, qui est « la colonne et l’appui de la vérité » (1 Tm 3, 15).

Pourquoi l’Église du Dieu vivant est-elle appelée la colonne et l’appui de la vérité ?

Parce que le Christ Sauveur a transmis sa vérité à l’Église.

De quelle manière le Seigneur a-t-Il fait cela ?

Pour cela, le Sauveur n’a écrit aucun livre et n’a jamais ordonné à d’autres de le faire. Pour transmettre la vérité de Dieu à l’Église, le Seigneur a formé ses Apôtres, leur a donné son enseignement divin et a fait d’eux son Église primitive. C’est ainsi que le Sauveur parlait au Père céleste : « Je leur ai donné ta parole » (Jn 17, 14).

Comment avons-nous connu la vérité de Dieu ?

Nous l’avons connue par la diffusion de l’Église du Christ parmi nous. Le Seigneur a donné cet ordre aux Apôtres et à leurs successeurs dans l’Église de Dieu : « Allez par tout le monde, proclamez l’Évangile à toute la création » (Mc 16, 15) – « Allez donc, de toutes les nations faites des disciples » (Mt 28, 19). Ceux qui croyaient à l’Évangile étaient joints par le baptême à la communauté du Christ. C’est ainsi que l’Église s’est répandue dans le monde entier.

Par quelle prédication l’Église du Christ s’est-elle répandue ?

Au début, la foi du Christ ne s’est établie que par la prédication orale. C’est ce que dit l’Apôtre : « Nous devons nous attacher avec d’autant plus de force aux choses que nous avons entendues, de peur que nous ne soyons emportés à la dérive. Car si la parole annoncée par des anges s’est montrée ferme… comment échapperons-nous en négligeant un si grand salut ? Ce salut, qui a commencé d’être annoncé par le Seigneur, nous a été confirmé par ceux qui l’avaient entendu » (He 2, 1-3).

Après la descente du Saint-Esprit, le christianisme ne se répandit que par la prédication orale des Apôtres. De nombreuses années s’écoulèrent depuis le commencement de l’Église du Christ sur terre, et les Apôtres n’avaient encore rien écrit.

D’où viennent donc les Saintes Écritures chez les chrétiens ?

Elles sont parvenues à l’Église du Christ d’abord par l’Ancien Testament, puis certains Apôtres laissèrent leurs écrits.

Le Christ exigeait-Il que les croyants en Lui reconnaissent les Écritures de l’Ancien Testament ?

Lorsque le Seigneur voulait prouver aux hommes qu’Il était le Rédempteur promis, Il montrait toujours les livres de l’Ancien Testament. « Si vous croyiez Moïse, disait le Sauveur aux pharisiens, vous me croiriez aussi, parce que c’est de moi qu’il a écrit. Mais si vous ne croyez pas à ses écrits, comment croirez-vous à mes paroles ? » (Jn 5, 46-47). Le Seigneur dit aussi aux Apôtres : « Voici ce que je vous disais quand j’étais encore avec vous : il faut que s’accomplisse tout ce qui a été écrit de moi dans la loi de Moïse, les prophètes et les psaumes. Alors il leur ouvrit l’intelligence pour qu’ils comprennent les Écritures » (Lc 24, 44-45).

L’Église du Christ a-t-elle effectivement utilisé, dès ses premiers jours, les Écritures de l’Ancien Testament ?

Les Apôtres louent constamment les premiers chrétiens d’avoir scruté les Écritures de l’Ancien Testament (Ac 17, 11) et leur conseillent de se consoler par leur lecture. L’Apôtre Paul écrit aux Romains : « Tout ce qui a été écrit d’avance l’a été pour notre instruction, afin que, par la constance et la consolation que donnent les Écritures, nous possédions l’espérance » (Rm 15, 4). Dans l’épître à Timothée, il s’exprime ainsi sur les livres de l’Ancien Testament : « Depuis ton enfance, tu connais les saintes Lettres, qui peuvent te donner la sagesse en vue du salut par la foi dans le Christ Jésus. Toute Écriture est inspirée de Dieu et utile pour enseigner, réfuter, redresser, former à la justice, afin que l’homme de Dieu soit accompli, préparé à toute œuvre bonne » (2 Tm 3, 15-17).

Ne peut-on pas penser, comme le font certains sectaires (stundo-baptistes, pachkoviens, tolstoïens), que l’Apôtre Paul conseille à Timothée de lire non pas l’Ancien Testament, mais le Nouveau ?

Non, on ne peut pas le penser, car lorsque Timothée était enfant et lisait les Écritures, le Nouveau Testament n’existait pas encore, le Sauveur venait à peine de commencer sa prédication. Timothée ne pouvait donc lire, « dès son enfance », que les livres de l’Ancien Testament. Ce sont eux que l’Apôtre approuve.

Pourquoi est-il nécessaire de nous assurer que le Sauveur approuvait l’Ancien Testament et que tous les chrétiens, à commencer par les Apôtres, le considéraient comme nécessaire ?

Parce que les sectaires tolstoïens ne veulent pas reconnaître l’Ancien Testament. S’ils ressemblaient ne serait-ce qu’un peu aux chrétiens, ils s’efforceraient d’imiter le Sauveur et les Apôtres et de les écouter. Mais ils ne les écoutent pas et rejettent l’Ancien Testament.

D’où viennent les Saintes Écritures du Nouveau Testament dans l’Église du Christ, puisque le Seigneur lui-même n’a rien écrit ?

Les Saintes Écritures du Nouveau Testament sont apparues après la vie terrestre du Christ Sauveur et après la fondation de l’orthodoxe « Église du Dieu vivant » (1 Tm 3, 15). Ces écrits sont des lettres et des ouvrages occasionnels des saints Apôtres. La sainte Église orthodoxe les a reconnus et conservés.

Pourquoi peut-on dire que les écrits du Nouveau Testament étaient des lettres occasionnelles de certains Apôtres ?

On peut le dire parce que le Seigneur n’a donné l’ordre d’écrire aucun livre, bien qu’il ne l’ait pas interdit non plus. La mise par écrit de l’enseignement du Christ n’était pas obligatoire, si bien que loin de tous, et seulement quelques Apôtres, laissèrent des écrits. Par exemple, les Apôtres André, Philippe, Nathanaël et d’autres n’écrivirent absolument rien.

Pourquoi donc certains Apôtres ont-ils écrit ?

Certains Apôtres ont écrit parce qu’ils ne pouvaient pas se rendre personnellement auprès de ceux à qui ils écrivaient leurs lettres. Par exemple, l’Apôtre Jean le Théologien écrit : « J’aurais bien des choses à t’écrire, mais je ne veux pas le faire avec du papier et de l’encre ; j’espère aller chez vous et vous parler de bouche à bouche, afin que notre joie soit parfaite » (2 Jn 12 ; cf. 3 Jn 13-14).

Parfois, les Apôtres écrivaient, contraints par les circonstances :

a) – l’apparition de fausses doctrines – par exemple, sur la seconde venue du Christ (cf. 2 Th 2, 2) ;
b) – l’apparition de faux docteurs niant la résurrection des morts (cf. 1 Co 15) ;
c) – à la suite de l’apparition chez les chrétiens d’une autre annonce de la bonne nouvelle qui les troublait (Ga 1, 6-7) ;
d) – à la suite de désordres et de divisions dans l’Église (1 Co 1, 11) ;
e) – à la suite de l’apparition de l’iniquité (1 Co 5, 1) ;
f) – certains livres furent écrits par les Apôtres pour des particuliers, par exemple l’évangile de Luc (pour Théophile), les épîtres de Paul à Timothée, à Tite et à Philémon.

Tous les livres écrits par les saints Apôtres se sont-ils conservés dans l’Église du Christ ?

Non, tous ne se sont pas conservés. L’épître de Paul aux Laodicéens, mentionnée par l’Apôtre dans son épître aux Colossiens, a disparu. Il dit (Col 4, 16) : « Lorsque cette lettre aura été lue chez vous, faites en sorte qu’elle soit aussi lue dans l’Église des Laodicéens, et lisez à votre tour celle qui viendra de Laodicée. »

N’a-t-on pas composé aussi de faux écrits ?

On en a composé, et même très souvent. Luc écrit au début de son Évangile : « Comme beaucoup ont entrepris de composer un récit des événements… il m’a paru bon, à moi aussi, après m’être informé exactement de tout depuis les origines, de te les exposer par écrit d’une manière suivie » (Lc 1, 1-3).

Il y avait donc beaucoup d’écrits. Il y en avait aussi d’apocryphes, donnés comme apostoliques, composés et diffusés pour troubler les chrétiens. Paul écrit à ce sujet : « Ne vous laissez pas facilement ébranler dans votre bon sens, et ne vous laissez pas troubler, soit par quelque inspiration, soit par quelque parole, soit par quelque lettre qu’on dirait venir de nous » (2 Th 2, 2). Il est clair que des épîtres apocryphes apparaissaient déjà au temps des Apôtres. Aussi Paul non seulement avertit-il les chrétiens, mais en même temps il leur donne un signe pour reconnaître ses épîtres des fausses : « La salutation est de ma propre main, à moi, Paul ; c’est là le signe dans toutes mes lettres ; voici mon écriture : Que la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ soit avec vous tous ! » (2 Th 3, 17-18).

Qui a finalement fait le tri, parmi les nombreux écrits parus au temps des Apôtres, pour discerner les authentiquement apostoliques et les faux ?

L’Église orthodoxe du Christ en a décidé lors de ses conciles locaux et œcuméniques : certains livres, elle les a reconnus et a décidé de les considérer comme vrais, inspirés de Dieu ; d’autres comme simples, non inspirés, ou apocryphes.

Où peut-on trouver les références à ces décisions de l’Église ?

Dans le « Livre des canons des saints Apôtres, des saints conciles œcuméniques et locaux, et des saints Pères ».

Les sectaires reconnaissent-ils ces décisions ?

Non, ils ne les reconnaissent pas.

Sur quel fondement acceptent-ils donc les livres de l’Écriture Sainte ?

Ils les acceptent sans aucun fondement, car les sectaires n’ont jamais demandé à personne si ces écrits étaient authentiques, et personne n’aurait pu le leur dire sans les décisions conciliaires de l’Église orthodoxe. L’Église orthodoxe a distingué les vrais écrits apostoliques des faux, et a conservé la véritable parole de Dieu ; les sectaires ont tout simplement volé les Écritures à l’Église orthodoxe et s’en servent pour pervertir les chrétiens simples d’esprit (2 Co 11, 3).

Pourquoi les sectaires ont-ils volé la Sainte Écriture à l’Église du Christ – l’Église orthodoxe ?

Ils ont volé la Sainte Écriture pour fonder, à partir d’elle, une nouvelle Église, à la place de la véritable Église du Christ qu’ils ont rejetée – l’Église orthodoxe.

L’Écriture Sainte peut-elle servir de manuel pour fonder l’Église du Christ ?

Non, on ne peut pas fonder une nouvelle Église sur la base de l’Écriture. Les sectaires de toutes les tendances disent tous la même chose : ils lisent l’Écriture Sainte et, sur cette base, ils fondent leurs Églises et leurs communautés. L’Écriture volée par les sectaires à l’Église est une, et les sectes sont nombreuses ; il est donc clair que ce n’est pas l’Écriture qui enseigne à fonder l’Église. L’Écriture Sainte ne peut pas être le fondement sur lequel on pourrait édifier l’Église du Christ. Le fondement doit exister avant l’édifice lui-même ; or les Écritures du Nouveau Testament sont apparues plusieurs années après la fondation de l’Église orthodoxe du Christ.

L’Église du Christ peut-elle exister sans l’Écriture du Nouveau Testament ?

Elle le peut parfaitement, et elle a effectivement existé au début sans aucun écrit apostolique. Le premier livre du Nouveau Testament est apparu vers l’an 40 après J.-C., soit environ sept ans après la descente du Saint-Esprit et la fondation de l’Église du Christ.

Quand et dans quel ordre les livres de l’Écriture Sainte du Nouveau Testament sont-ils apparus ?

LivreVers l’an
1Évangile selon Matthieu40 ap. J.-C.
21re épître aux Thessaloniciens52
32e épître aux Thessaloniciens53
4Évangile selon Marc55
5Évangile selon Luc56
6Épître aux Galates56
71re épître aux Corinthiens58
82e épître aux Corinthiens58
9Épître aux Romains58
10Épître de Jacques60
111re épître de Pierre61
12Épître aux Philippiens62
13Épître aux Éphésiens62
14Épître aux Colossiens62
15Épître à Philémon62
16Épître aux Hébreux63
17Actes des Apôtres63
18Épître à Tite64
191re épître à Timothée65
202e épître à Timothée67
212e épître de Pierre67
22Épître de Jude80
231re épître de Jean90
242e épître de Jean90
25Apocalypse (Révélation) de Jean95
26Évangile selon Jean98
273e épître de Jean98

L’Écriture Sainte du Nouveau Testament ne peut-elle donc pas être le fondement de l’édification de l’Église ?

Non, elle ne peut pas être ce fondement. L’Écriture n’est qu’un document appartenant à l’Église.

L’Église est fondée sur le Christ lui-même, non sur l’Écriture [note : réd.].

Par l’Écriture, on peut seulement vérifier l’organisation de l’Église, mais on ne peut pas tout organiser dans l’Église par la seule Écriture Sainte.

Pourquoi donc ?

Parce que l’Écriture Sainte du Nouveau Testament ne contient pas tout l’enseignement que le Seigneur Christ a donné à son Église.

En quoi consiste l’enseignement du Christ et de l’Église ?

Il consiste dans l’Écriture Sainte et la Sainte Tradition. C’est ainsi que l’Apôtre Paul nous instruit : « Ainsi donc, frères, demeurez fermes, et retenez les instructions que vous avez reçues, soit par notre parole, soit par notre lettre » (2 Th 2, 15), c’est-à-dire oralement et par écrit.

La Sainte Tradition nous est-elle nécessaire, maintenant que nous avons l’Écriture Sainte du Nouveau Testament ?

Certainement, elle est nécessaire. Sinon, l’Apôtre n’ordonnerait pas de garder ce qui a été transmis oralement (2 Th 2, 15).

Les Apôtres enseignaient la foi de Dieu aux chrétiens principalement oralement. L’Apôtre Paul disait aux anciens d’Éphèse : « C’est pourquoi, je vous déclare aujourd’hui que je suis pur du sang de tous, car je n’ai pas négligé de vous annoncer tout le dessein de Dieu. » Et ailleurs : « Veillez donc, vous souvenant que, durant trois ans, je n’ai cessé nuit et jour de rappeler en pleurs chacun d’entre vous » (Ac 20, 31). C’est cet enseignement transmis oralement que les Apôtres demandent de garder : « Garde le dépôt, dit Paul, garde le modèle des saines paroles que tu as entendues de moi, dans la foi et l’amour qui est dans le Christ Jésus » (2 Tm 1, 13). « Ô Timothée, garde le dépôt » (1 Tm 6, 20).

Les Apôtres louent-ils les chrétiens pour avoir gardé la Tradition ?

Oui. Voici les paroles de Paul : « Je vous loue, frères, de ce que vous vous souvenez de tout ce qui vient de moi, et de ce que vous retenez les instructions (traditions) telles que je vous les ai données » (1 Co 11, 2).

Que doit-on donc considérer comme Sainte Tradition ?

Toutes les vérités de Dieu qui ne sont pas écrites dans l’Écriture, mais qui ont été conservées par l’Église depuis le Christ et les Apôtres, et qui, sous la conduite du Saint-Esprit (Jn 14, 26 ; 16, 13-14), ont été exposées dans les définitions et indiquées dans les canons par les saints Pères lors des saints conciles de l’Église de Dieu.

Où peut-on trouver maintenant la Sainte Tradition ?

Dans le culte chrétien orthodoxe (les saints Mystères de l’Église), qui se transmet sans interruption depuis les Apôtres, et dans le « Livre des canons des saints Apôtres, des saints conciles œcuméniques et locaux, et des saints Pères ».

Les saints Apôtres ont-ils transmis leur enseignement par leurs propres canons ?

Oui, ils l’ont fait. Ils ont laissé 85 canons qui ont été inclus dans le « Livre des canons » ; mais les sectaires n’ont pas réussi à voler celui-ci à l’Église en même temps que la Bible.

Les saints Apôtres ont-ils donné l’exemple de résoudre les questions d’organisation de la vie ecclésiale et de clarifier l’enseignement du Christ par des conciles ?

Oui, ils ont donné cet exemple lors du concile de Jérusalem, qui eut lieu en l’an 52 et est décrit dans les Actes des Apôtres, au chapitre 15.

Les saints Apôtres ont-ils donné oralement la Tradition des saints Mystères chrétiens ?

Oui, ils l’ont donnée. Dans les Écritures, il n’en est fait qu’une allusion, et les Mystères n’y sont pas décrits en détail, pas plus que beaucoup d’autres choses que tout le monde connaissait par la Tradition orale. « Laissant donc l’enseignement élémentaire sur le Christ, écrivait Paul aux Hébreux, tendons vers ce qui est parfait, sans avoir à jeter de nouveau les fondements : la renonciation aux œuvres mortes, la foi en Dieu, l’enseignement des baptêmes, l’imposition des mains, la résurrection des morts et le jugement éternel » (He 6, 1-2). En général, les Apôtres enseignaient principalement oralement, et non par écrit, comment célébrer le culte et quels ordres respecter. Ainsi Paul, reprochant aux Corinthiens les désordres dans le culte et la célébration du Mystère du Corps et du Sang du Seigneur, ne décrit pas en détail comment organiser les choses, mais leur écrit (1 Co 11, 34) : « Quant à d’autres dispositions, je les réglerai quand je viendrai ». Les autres Apôtres, prêchant dans le monde entier, n’enseignaient aux chrétiens que de vive voix. C’est cet enseignement oral que l’Église du Christ conserve encore aujourd’hui dans les Saintes Traditions.

Les Apôtres eux-mêmes utilisaient-ils la Tradition dans l’Ancien Testament, alors qu’ils possédaient l’Écriture complète de l’Ancien Testament ?

Oui, ils l’utilisaient. On le voit par le fait que l’Apôtre Paul nomme par leur nom les adversaires de Moïse, alors qu’on ne connaît pas leurs noms par les Écritures de l’Ancien Testament. En prédisant ce que seraient nos sectaires, qui s’éloignent des guides spirituels orthodoxes, l’Apôtre dit : « De même que Jannès et Jambrès s’opposèrent à Moïse, de même ceux-ci s’opposent à la vérité ; ce sont des hommes à l’intelligence corrompue, des réprobés en ce qui concerne la foi. Mais ils ne feront pas de grands progrès, car leur folie sera manifeste à tous, comme le fut celle de ces deux hommes » (2 Tm 3, 8-9).

Que demandent les Apôtres de faire à l’égard de ceux qui, comme nos sectaires, rejettent la Sainte Tradition ?

Les Apôtres demandent de s’éloigner de tels hommes. « Nous vous recommandons, frères, lisons-nous dans l’Écriture Sainte, au nom de notre Seigneur Jésus-Christ, de vous éloigner de tout frère qui vit dans le désordre, et non selon l’instruction que vous avez reçue de nous. Car vous savez vous-mêmes comment il faut nous imiter » (2 Th 3, 6-7). Or les Apôtres ont eux-mêmes reçu la Tradition, comme on l’a montré plus haut.

Les sectaires reconnaissent-ils la Sainte Tradition ?

Non seulement ils ne la reconnaissent pas, mais ils s’en moquent, refusant complètement de comprendre que sans la Sainte Tradition, on ne peut connaître ni le Christ, ni son enseignement, ni même discerner quelles Écritures sont véritablement sacrées.

Il est important de noter qu’en rejetant la Sainte Tradition de l’Église, les sectaires l’ont remplacée par leur propre tradition humaine : seulement, cette tradition ne vient pas du Saint-Esprit, mais des inventions de leur esprit humain. En rejetant l’Église du Christ, en s’en séparant, ils ont perdu la conduite pleine de grâce du Saint-Esprit et demeurent dans l’illusion, essayant de copier quelque chose des récits bibliques, mais en s’opposant à l’Église, ils s’enracinent dans leur endurcissement et leur erreur (note : réd.).

Les sectaires ne voient-ils donc pas que dans l’Écriture Sainte qu’ils acceptent, non seulement il n’est interdit nulle part d’avoir la Sainte Tradition, mais qu’il est même ordonné de l’avoir, comme cela vient d’être démontré par la parole de Dieu ?

Les sectaires savent fort bien par l’Écriture qu’il est nécessaire d’avoir la Sainte Tradition, mais ils la rejettent par leur orgueil démoniaque. De même que le diable sait fort bien que le Christ Dieu est le véritable Sauveur du monde, mais ne veut pas croire en Lui ni Lui obéir, de même les sectaires, en imitant le diable, s’opposent consciemment à la Vérité.

Pourquoi les sectaires sont-ils les imitateurs du diable ?

Parce que le sectarisme lui-même vient de la séduction diabolique.

Peut-on vraiment admettre que des sectaires qui connaissent bien l’Écriture Sainte soient séduits par le diable ?

Le diable connaît l’Écriture Sainte incomparablement mieux que les sectaires, et pourtant il rejette le salut du Christ dans l’Église orthodoxe, qui est composée de l’Église terrestre et céleste, des bons anges et des hommes (He 12, 22-25) ; il a même tenté le Sauveur dans le désert en appuyant ses ruses sur des paroles de l’Écriture Sainte.

Les sectaires ne sont-ils pas sanctifiés par le fait de posséder l’Écriture Sainte volée ?

Le grand saint Jean Chrysostome répond ainsi : « Quoi donc, dis-moi, lorsque le diable parlait par l’Écriture, ses lèvres étaient-elles sanctifiées pour autant ? On ne peut le dire : il est resté ce qu’il était, le diable. Et les démons ? Eux aussi prêchaient et disaient : “Ces hommes sont les serviteurs du Dieu Très-Haut, et ils vous annoncent la voie du salut” (Ac 16, 17) : pour autant les mettrons-nous au rang des Apôtres ? Nullement ; au contraire, nous nous détournons d’eux comme auparavant… C’est pourquoi, entre autres, je hais les assemblées sectaires, parce qu’on y montre la Sainte Écriture, et que cela sert de puissant appât et de grand scandale pour les âmes simples… »[^2]

Les sectaires, à l’instar du diable, ne cherchent-ils pas à justifier par l’Écriture leur folle négation de la Sainte Tradition ?

De même que le diable, tentant le Christ, citait des passages de l’Écriture Sainte, de même les sectaires, rejetant la Sainte Tradition, cherchent à se justifier par les paroles de l’Écriture Sainte.

Existe-t-il des textes ou des paroles dans l’Écriture Sainte qui soient contre la Sainte Tradition ?

Il n’existe aucun texte de ce genre, mais les sectaires, à l’instar du diable, ont toujours déformé et déforment les textes de l’Écriture pour prouver leur funeste erreur. De tels insensés existaient déjà du temps des Apôtres, et l’Apôtre Pierre parle ainsi des sectaires : « Notre bien-aimé frère Paul, selon la sagesse qui lui a été donnée, vous a écrit, comme il le fait dans toutes ses lettres, où il y a des points difficiles à comprendre, que les personnes ignorantes et mal affermies tordent, comme elles le font aussi pour les autres Écritures, pour leur propre perdition. Vous donc, bien-aimés, avertis que vous l’êtes d’avance, veillez à ne pas vous laisser entraîner par l’erreur de ces impies et à ne pas perdre votre propre fermeté » (2 P 3, 15-17).

Pourquoi les sectaires rejettent-ils la Sainte Tradition et déforment-ils l’Écriture Sainte pour se justifier ?

Ils le font pour troubler les orthodoxes et les attirer dans leur erreur. Mais l’Apôtre Paul s’étonne grandement que l’on écoute ces faux docteurs : « Je m’étonne, dit-il, que vous vous détourniez si rapidement de celui qui vous a appelés par la grâce du Christ, pour passer à un autre Évangile. Non qu’il y ait un autre Évangile, mais il y a des gens qui vous troublent et qui veulent renverser l’Évangile du Christ » (Ga 1, 6-7).

Que faut-il penser de ces fauteurs de troubles qui détournent les chrétiens de la foi prêchée par les Apôtres et conservée sans interruption depuis les Apôtres jusqu’à nos jours dans l’Église orthodoxe ?

L’Apôtre dit des sectaires : « Mais si nous-mêmes, si un ange du ciel vous annonçait un Évangile différent de celui que nous vous avons annoncé, qu’il soit anathème ! Nous l’avons dit précédemment, et je le répète à cette heure : si quelqu’un vous annonce un Évangile différent de celui que vous avez reçu, qu’il soit anathème ! » (Ga 1, 8-9).

Quelles preuves les sectaires avancent-ils pour affirmer qu’ils n’ont besoin que de l’Écriture Sainte et que la Sainte Tradition est superflue ?

Les sectaires extraient de l’Écriture Sainte les passages où il est parlé de la nécessité de lire l’Écriture. Par exemple, ils lisent : Ac 17, 11 ; Jn 5, 39 ; 2 Tm 3, 15 ; 2 P 1, 19.

Que raconte Ac 17, 11 ?

Il y est dit que les habitants de Bérée étaient plus nobles que ceux de Thessalonique ; ayant reçu la parole orale de l’Apôtre, ils la vérifiaient par les Écritures de l’Ancien Testament (Ac 17, 12) et se convainquaient que le Christ était bien le Messie promis. Le fait que les Béréens lisaient précisément l’Ancien Testament et non le Nouveau ressort de ce que Paul, arrivé à Bérée, prêchait dans la synagogue juive (Ac 17, 10), où l’on lisait l’Ancien Testament. Ensuite, il faut remarquer que les Écritures de l’Ancien Testament avaient pour les juifs de Thessalonique la même autorité que la parole de Paul lui-même ; si donc les juifs thessaloniciens vérifiaient les paroles de l’Apôtre par l’Écriture, cette Écriture ne pouvait être que l’Ancien Testament.

Quelles paroles du Sauveur sont rapportées en Jn 5, 39 ?

Le Seigneur Jésus demandait à tous les juifs qui ne voulaient pas reconnaître sa dignité messianique de lire les Écritures de l’Ancien Testament, car ces Écritures rendent témoignage du Christ. Mais le Sauveur ne dit nulle part aux hommes de rejeter son enseignement conservé par les Apôtres dans la Sainte Tradition.

Qu’enseigne 2 P 1, 19 aux chrétiens ?

L’Apôtre Pierre approuve les chrétiens qui vérifient comment les prophéties de l’Ancien Testament se sont accomplies dans le Sauveur, mais il n’est pas dit un seul mot contre l’enseignement du Seigneur que les Apôtres ont transmis oralement et non par écrit.

Est-ce qu’en 2 Tm 3, 15 l’Apôtre Paul enseigne à Timothée de rejeter la Sainte Tradition ?

Non, il ne le lui enseigne pas ; il approuve Timothée de lire les Écritures de l’Ancien Testament, car Timothée « connaît les Saintes Lettres depuis son enfance », c’est-à-dire à une époque où il n’y avait pas encore une seule ligne du Nouveau Testament.

Quels autres textes les sectaires citent-ils pour se justifier de ne pas avoir la Sainte Tradition ?

Les sectaires citent le reproche que le Sauveur fait aux pharisiens d’avoir remplacé les commandements de Dieu par leur tradition humaine. Ces passages sont Mt 15, 6.9 et Mc 7, 8.

Ces justifications des sectaires pour nier la Sainte Tradition chrétienne sont-elles fondées ?

Non, elles ne sont pas fondées, car le Sauveur, selon les Apôtres Matthieu et Marc, reprochait aux pharisiens de violer les commandements de Dieu à cause d’une « tradition humaine » des anciens. Or la Sainte Tradition de l’Église orthodoxe n’existait pas encore, puisque l’Église orthodoxe n’a commencé qu’après l’Ascension du Seigneur, le jour de la Pentecôte.

Les évangélistes eux-mêmes expliquent ce qu’était la tradition des anciens. Selon l’évangile de Matthieu (15, 3-6), les pharisiens avaient une tradition impie qui permettait d’offenser ses parents. Dans la Sainte Tradition de l’Église orthodoxe, au contraire, tout est conforme à l’enseignement du Seigneur, et rien n’est contraire aux Écritures, comme le prouvera la suite de l’exposé de la doctrine chrétienne.

Quant à l’évangile de Marc (ch. 7), il montre clairement ce que le Sauveur entendait par tradition humaine juive : « Les pharisiens et tous les Juifs, s’attachant à la tradition des anciens, ne mangent pas sans s’être soigneusement lavé les mains ; et, revenant du marché, ils ne mangent pas sans s’être purifiés. Il y a beaucoup d’autres choses qu’ils ont reçues pour les observer : la purification des coupes, des cruches, des vases d’airain et des lits » (Mc 7, 3-4). Voilà en quoi consistait la « tradition des anciens » ou « tradition humaine », et c’est à cause de ces règles extérieures que les commandements de Dieu étaient violés. Mais il n’y a rien de tel dans la Sainte Tradition du Christ, conservée dans l’Église orthodoxe ; lorsque les sectaires la rejettent, ils n’ont donc aucun fondement.

À quels autres passages de l’Écriture Sainte les sectaires font-ils référence pour se justifier de ne pas avoir la Sainte Tradition ?

Les sectaires citent encore 1 Tm 1, 3 et 6, 3.

Ces passages de l’Écriture Sainte justifient-ils les sectaires ?

Non, ils ne les justifient pas, mais ils les accusent. L’Apôtre Paul y reproche aux sectaires « d’enseigner une doctrine différente » et de ne pas suivre « les saines paroles de notre Seigneur Jésus-Christ et l’enseignement conforme à la piété ». Du temps des Apôtres, des sectaires apparurent qui disaient que « la résurrection était déjà arrivée » (1 Tm 1, 20 ; 2 Tm 2, 17-18). Tels sont nos sectaires : tolstoïens, « immortelistes », khlystes, skoptzy, frères (bésedniks) et autres, qui disent que la résurrection est déjà arrivée. Tous les sectaires qui ont rejeté la Sainte Tradition transmise par les Apôtres leur ressemblent. Qui leur a permis de faire cela ? L’Apôtre Paul, dans ses épîtres à Timothée, ordonne au contraire de garder la Sainte Tradition (1 Tm 6, 20 ; 2 Tm 1, 13).

La mise en garde aux chrétiens « de peur que personne ne vous séduise par la philosophie et par une vaine tromperie, selon la tradition des hommes, selon les éléments du monde, et non selon Christ » (Col 2, 8) ne justifie-t-elle pas les sectaires ?

Les sectaires citent tout à fait à tort ce passage sur ceux qui séduisent par la philosophie. Si la sainte Tradition de l’Église contenait la philosophie tolstoïenne ou la doctrine khlyste, ils auraient raison de s’en défendre. Mais dans la sainte Tradition, tout est « selon le Christ ».

Pourquoi les sectaires se justifient-ils par ce texte de l’épître aux Colossiens ?

Parce que toute l’épître aux Colossiens a été écrite contre les sectaires. L’Apôtre Paul met en garde les chrétiens : « Je dis cela afin que personne ne vous trompe par des paroles spécieuses » (Col 2, 4). Or les sectaires ne font que « séduire, par des paroles douces et flatteuses, les cœurs des simples » (Rm 16, 18).

Les paroles de Paul en 1 Co 4, 6 (« Frères, j’ai appliqué cela à moi-même et à Apollos à cause de vous, afin que vous appreniez en nous à ne pas dépasser ce qui est écrit ») ne justifient-elles pas les sectaires ?

Non, les sectaires ne peuvent pas se justifier non plus par ce texte. L’Apôtre y explique ses paroles, mais les sectaires ne veulent pas le voir.

L’Apôtre dit ici qu’il « a appliqué cela » aux chrétiens. Qu’est-ce que « cela » ? Que « les chrétiens ne s’enflent pas d’orgueil les uns contre les autres » (1 Co 4, 6). Il a été dit plus haut que certains Corinthiens se disputaient au sujet des maîtres, comme si les maîtres sauvaient, et non le Christ. « Ils ne sont que des serviteurs, explique Paul, par lesquels vous avez cru, selon que le Seigneur l’a donné à chacun » (1 Co 3, 5). Il ne peut pas y avoir dans 1 Co une interdiction de la Sainte Tradition, car le même Paul a dit : « Ainsi donc, frères, demeurez fermes, et retenez les instructions que vous avez reçues, soit par notre parole, soit par notre lettre » (2 Th 2, 15).

Contre qui donc parle 1 Co 4, 6 ?

Contre les sectaires, car c’est d’eux que parle l’Apôtre lorsqu’il dit : « Viendra un temps où les hommes ne supporteront pas la saine doctrine, mais, au gré de leurs propres désirs, ils se donneront une foule de maîtres, parce qu’ils auront la démangeaison d’entendre des choses agréables ; ils détourneront l’oreille de la vérité et se tourneront vers les fables » (2 Tm 4, 3-4). Les sectaires se sont détournés de l’Église et des maîtres institués par Dieu ; ils ne supportent pas la saine doctrine (orthodoxe), mais se choisissent des maîtres selon leurs désirs : les uns prennent Müntzer le baptiste à la place du Christ, d’autres Tolstoï, d’autres les « frères », d’autres encore se donnent eux-mêmes comme maîtres. Voilà ceux qui s’enflent d’orgueil les uns contre les autres – les malheureux sectaires !

Les paroles de l’Apôtre Paul à l’évêque Timothée ne justifient-elles pas les sectaires : « Je t’ai engagé à rester à Éphèse, pour recommander à certaines personnes de ne pas enseigner d’autres doctrines et de ne pas s’attacher à des fables et à des généalogies sans fin, qui suscitent des disputes plutôt qu’elles n’édifient selon Dieu dans la foi » (1 Tm 1, 3-4) ?

Les sectaires sentent bien que ces paroles de l’Apôtre sont dites contre eux. Voulant se justifier, ils disent que c’est la Sainte Tradition qui est interdite ici.

Mais il ne s’agit pas de la Sainte Tradition, mais des « mythes » (fables), c’est-à-dire des contes païens sur les dieux païens, qu’ils représentaient comme des hommes ayant toutes sortes d’aventures étranges, voire amoureuses. Du temps des Apôtres, il y avait des hérétiques – les gnostiques – qui mêlaient le paganisme au christianisme et introduisaient dans le christianisme leurs mythes païens, des fables sur leurs dieux (éons) avec leurs généalogies interminables. Les « fables » racontent ce qui n’existe pas du tout, tandis que la Sainte Tradition parle soit de l’enseignement du Seigneur, soit de la vie des « guides » chrétiens.

En quoi le reproche de l’Apôtre Paul, écrit contre les anciens sectaires – les gnostiques –, peut-il s’appliquer à nos sectaires ?

Nos sectaires, comme les anciens, se sont détournés de l’Église orthodoxe du Christ, de la « bonne conscience et d’une foi sincère », et « se sont égarés dans des discours vains, voulant être docteurs de la loi, ne comprenant ni ce qu’ils disent, ni ce qu’ils affirment » (1 Tm 1, 5-7).

Que rejettent les sectaires, par exemple, sans comprendre ?

Ils ne comprennent pas la Sainte Tradition contre laquelle ils s’élèvent, l’appelant « loi » inutile ; mais cela est faux, car l’Apôtre Paul dit : « Nous savons que la loi est bonne, pourvu qu’on en fasse un usage légitime, sachant que la loi n’est pas faite pour le juste, mais pour les impies et les rebelles, les irréligieux et les pécheurs, les profanes et les irrévérencieux, pour ceux qui frappent père et mère, pour les meurtriers, pour les impudiques, les infâmes, les trafiquants d’hommes, les menteurs, les parjures, et tout ce qui est contraire à la saine doctrine, conformément à l’Évangile de la gloire du Dieu bienheureux, qui m’a été confié » (1 Tm 1, 8-11).

Voilà pourquoi les sectaires n’aiment pas la sainte Tradition légitime : elle accuse leur impiété !

Quelles autres objections les sectaires font-ils contre la Sainte Tradition ?

Les sectaires demandent : « Peut-on être sauvé en faisant tout ce qui est écrit dans l’Écriture Sainte ? » Et quand l’orthodoxe répond que oui, les sectaires disent : « Eh bien, l’Évangile seul nous suffit, nous n’avons pas besoin de la Sainte Tradition. »

Ce raisonnement des sectaires est-il correct ?

Non, il ne l’est pas. Quand les orthodoxes disent qu’on peut être sauvé en accomplissant tout ce qui est écrit dans l’Écriture Sainte, ils comprennent que l’Écriture Sainte contient l’ordre exprès de garder la Sainte Tradition (2 Th 2, 15) – c’est le premier point. En second lieu, les orthodoxes savent que sans la Sainte Tradition on ne peut accomplir ce que l’Écriture Sainte nous ordonne.

Quel exemple clair peut-on donner pour le prouver ?

Dans l’épître aux Hébreux (He 13, 7), l’Apôtre Paul ordonne : « Souvenez-vous de vos conducteurs qui vous ont annoncé la parole de Dieu ; considérez l’issue de leur vie et imitez leur foi. »

Or l’Écriture Sainte ne dit presque rien sur la façon dont les Apôtres et les autres maîtres ont prêché la parole de Dieu. Il n’est pas dit un mot des Apôtres André, Thomas, Nathanaël et autres. L’Écriture Sainte raconte la fin de deux maîtres seulement : celle du premier martyr, l’archidiacre Étienne (Ac 8) et celle de l’Apôtre Jacques, frère de Jean (Ac 12). Des autres Apôtres et maîtres, l’Écriture ne dit rien.

D’où devons-nous donc, selon l’ordre de l’Écriture Sainte, apprendre la vie des maîtres de notre foi ?

De la Sainte Tradition, qui conserve dans le culte et l’enseignement de l’Église la vie des saints apôtres et de tous les grands maîtres chrétiens.

Peut-on comprendre toute l’Écriture Sainte par elle-même, sans autre aide ?

Non, on ne le peut pas, car même les Apôtres n’ont compris l’Écriture Sainte de l’Ancien Testament que lorsque le Seigneur « leur ouvrit l’intelligence pour qu’ils comprennent les Écritures » (Lc 24, 45). Et l’eunuque de la reine Candace ne comprenait pas le livre du prophète Isaïe tant que l’apôtre Philippe ne le lui eut expliqué (Ac 8, 27-35).

Qui peut donc expliquer l’Écriture Sainte ?

L’Église du Christ, l’Église orthodoxe, qui possède la Sainte Tradition, et elle peut l’expliquer par des hommes sages et remplis de grâce.

Comment se fait-il alors que les sectaires disent pouvoir tout expliquer d’eux-mêmes, parce que le Seigneur « a caché ces choses aux sages et aux intelligents, et les a révélées aux tout-petits » (Lc 10, 21) ?

Les sectaires disent cela « ne comprenant ni ce qu’ils disent, ni ce qu’ils affirment » (1 Tm 1, 7). Par « tout-petits », le Seigneur n’entend pas les ignorants, mais les hommes au cœur pur comme des enfants. L’apôtre Paul l’explique ainsi : « Frères, ne soyez pas des enfants sous le rapport du jugement ; pour le mal, soyez des petits enfants, mais, pour le jugement, soyez des hommes faits » (1 Co 14, 20).

Par quoi les sectaires justifient-ils leur pensée orgueilleuse qu’ils peuvent, sans l’enseignement de l’Église, sans la Sainte Tradition, tout savoir parfaitement ?

Ils disent qu’ils ont l’onction du Christ et qu’ils connaissent tout (1 Jn 2, 27). Par « onction », les sectaires entendent l’Écriture Sainte.

Cette explication des sectaires est-elle correcte ?

Non, elle ne l’est pas. Premièrement, le Christ n’a donné son Écriture à personne, puisqu’il n’a écrit personnellement pas une seule ligne. Deuxièmement, le mot « onction » ne peut pas désigner l’Écriture Sainte, car il n’est jamais employé dans ce sens dans la parole de Dieu.

Que doit-on donc entendre par le mot « onction » ?

« Onction » (chrisma en grec) signifie l’action d’oindre avec quelque chose de gras, la chrismation. Ce mot, dans l’Écriture Sainte, désigne la communication de la grâce du Saint-Esprit. Tous les chrétiens orthodoxes sont appelés oints en ce sens qu’ils reçoivent dans l’Église du Christ l’abondante grâce de Dieu qui les aide à tout connaître. Mais pour cela, il faut demeurer dans cette Église remplie de grâce, c’est-à-dire dans l’Église du Christ, parce qu’elle a pour tête le Christ et que le Saint-Esprit y demeure. Or les sectaires sont sortis de l’Église, et ils n’ont ni ne peuvent avoir la grâce de Dieu qui rend sage.

D’où voit-on que les maîtres chrétiens doivent être remplis de grâce et sages ?

Le Sauveur lui-même l’a dit : « Voici, je vous envoie des prophètes, des sages et des scribes » (Mt 23, 34).

Par quoi prouver que les sectaires sont dans l’erreur et qu’ils n’ont aucune grâce qui les rende sages ?

On le voit au fait que l’Écriture Sainte qu’ils ont volée à l’Église est une, tandis qu’il y a une multitude de sectes ; chacun chez eux enseigne à sa façon, et chaque jour apporte de nouvelles confusions dans leurs concepts.

Il est clair qu’ils raisonnent tous dans un orgueil démoniaque et sont dans l’erreur.


Notes

[^2] Jean Chrysostome, t. 1, livre 2, p. 726-727, éd. 1898, Saint-Pétersbourg.

Source : Dobroe Ispovedanie (La Bonne Confession), Catéchisme orthodoxe anti-sectaire, N. Varjanski, réédition de l’édition de 1910, Moscou, Blagovest, 1998, 350 p.

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