Jérôme de Stridon, bienheureux (†420) :
41. Lorsque les pharisiens furent réunis, Jésus les interrogea, 42. disant : Que pensez-vous du Christ ? De qui est-Il le fils ? Ils Lui répondirent : De David. 43. Il leur dit : Comment donc David, animé par l’Esprit, l’appelle-t-il Seigneur, en disant : 44. Le Seigneur a dit à mon Seigneur : Assieds-toi à Ma droite, jusqu’à ce que Je fasse de Tes ennemis Ton marchepied ? 45. Si donc David l’appelle Seigneur, comment est-Il son fils ?
Ceux qui s’étaient rassemblés pour tenter Jésus et qui s’efforçaient de connaître la vérité par une question perfide donnèrent l’occasion d’être eux-mêmes mis en difficulté. Une question leur est posée au sujet du Christ : de qui est-Il le fils ? Cette question de Jésus nous est utile aujourd’hui encore dans le combat contre les Juifs, car eux aussi, confessant que le Christ doit venir, affirment qu’Il est un simple homme et un saint homme issu de la race de David. Ainsi donc, instruits par le Seigneur, nous leur demanderons : « S’Il est un simple homme et seulement un descendant (filius) de David, comment David, non par égarement, non par sa propre volonté, mais par l’Esprit Saint, L’appelle-t-il son Seigneur ? » Le témoignage qu’Il a cité est tiré du psaume cent neuvième (Psaume 110, 1).
Le Seigneur est donc appelé fils de David non parce qu’Il est né de lui, mais parce qu’Il est éternellement engendré du Père, existant avant le père lui-même selon Sa chair.
Pour résoudre cette question, les Juifs inventent bien des sottises, affirmant qu’Abraham avait un serviteur qui avait un fils, Éliézer de Damas ; que le psaume a été écrit en son nom, et qu’après la défaite des cinq rois, le Seigneur Dieu aurait dit à son maître Abraham : « Assieds-toi à Ma droite, jusqu’à ce que Je fasse de Tes ennemis Ton marchepied » (Psaume 110, 1). Mais dans ce cas, comment Dieu aurait-Il dit à Abraham ce qui suit : « Ton peuple est plein d’ardeur au jour de Ta puissance, paré des ornements sacrés ; du sein de l’aurore Te vient la rosée de Ta naissance » (Psaume 110, 3) ; et encore : « Le Seigneur l’a juré et Il ne s’en repentira point : Tu es sacrificateur pour toujours selon l’ordre de Melchisédech » (Psaume 110, 4) ? D’un autre côté, ils sont forcés de répondre : comment Abraham aurait-il été engendré avant l’aurore et aurait-il été sacrificateur selon l’ordre de Melchisédech, alors que Melchisédech offrit le sacrifice de pain et de vin pour lui et que lui-même reçut de lui la dîme du butin ?